vendredi 26 février 2010

Le Guide de la Montagne

Il y a des livres qui sont prometteurs, présentent bien puis tiennent leur promesse ou déçoivent voire choquent. Le Guide de la Montagne, aux éditions Guérin, est un peu tout cela à la fois.

Pourtant, tout partait bien : l'idée des auteurs étaient de compiler le maximum de connaissances sur les sports de montagne (escalade, montagne, randonnée, ...) dans un seul ouvrage, à destination des élèves et de leurs professeurs, donc débutants ou professionnels. En cela, la mission est pratiquement réussie puisqu'aucune autre référence n'est, à ma connaissance, parue dans le même but. Elle est donc devenue pour certains une bible à consulter avant chaque départ.

Ainsi, le Guide de la Montagne aborde des sujets allant du simple encordement au montage d'une expédition en haute altitude. Chacun, quelque soit son d'expérience, devrait donc pouvoir en tirer quelque chose. Les nombreuses illustrations sont la plupart du temps très claires, toujours accompagnées d'un paragraphe explicatif. Etonnament, la 7ème et dernière édition tient compte de certains matériels assez récents, comme le Réverso de Petzl, ce qui est toujours agréable.

Cependant, lorsque l'on creuse un petit peu, il y a certaines petits détails qui viennent assombrir le paysage. D'abord, il y a les choses qui déçoivent.

La première édition de l'ouvrage original, Moutaineering, the Freedom of the Hills, date de 1960. L'édition qui m'a été gracieusement prêté (merci PitchOu) est la 7ème et dernière du nom et est globalement à jour, mais traînent encore quelques casseroles de sa grande soeur, qui auraient pu être remis au goût du jour. Histoire de sortir une 8ème ?

Majoritairement, les paragraphes explicatifs auraient pu être un peu plus courts : on a parfois l'impression que les auteurs ont voulu brodé (inutilement) autour d'un sujet pour remplir le maximum de pages. On a l'impression de devoir lire énormément avant de trouver la petite phrase capitale au milieu de la coquille.

Dans un second temps, certains points auraient pu être plus développés, d'autant que l'ouvrage prétend apporter des solutions au maximum de situations, y compris les plus pourries où l'on se retrouve sans matériel, sans premier ou sans second. Malgré cela, la solution de secours pour descendre en rappel lorsque l'on n'a plus le matériel adéquat (Réverso ou Huit par exemple), nécessite l'utilisation de 5 mousquetons (j'ai vu un professeur d'escalade sécher sur cette technique)... A côté de cela, le demi-cabestan (qui est LA solution à connaître dans ce genre de situation) dispose d'un paragraphe laconique, sans illustration, et ne renvoyant même pas à la présentation de ce noeud magique, en début d'ouvrage. Je doute qu'un débutant fasse facilement la liaison...

Dans les points à développer, on trouve également la météorologie. Seules quelques pages y sont consacrées alors que c'est un point fondamental de toute sortie en montagne, voire même en falaise. Certes, le but n'est pas de regrouper ici toutes les connaissances de feu Alain Gillot-Pétré, mais dans ce cas pourquoi consacrer un chapitre entier au Cycle de la Neige ?

Quid du débloquage d'un second bloqué sur un rappel ? De la manoeuvre de But, lorsque l'on se trouve bloqué en tête sur un passage difficile ? De l'assurage d'un premier de cordée en tête ?

La pédale, notamment utilisée pour faire des remontées sur corde, est plusieurs fois évoquée mais je n'ai jamais trouvé où elle était expliquée... Là encore, savoir faire une clef de pied (qui ne nécessite aucun matériel) peut vous sauver la vie.

Et puis, il y a les choses qui choquent.

D'après l'ouvrage, le noeud de jonction à faire pour relier deux cordes de rappel est le double pêcheur, surtout pas le Huit double. Le Brevet d'Etat, qui a assuré ma formation d'initiateur escalade, dit tout le contraire... Et mon formateur justifie, lui...

Le plus choquant que j'ai pu voir est l'emplacement du noeud autobloquant lors d'une descente en rappel : soit directement sur votre jambe si vous avec une longue sangle, soit sur l'une des jambières de votre baudrier ! D'abord, je doute que les baudriers d'aujourd'hui soient conçus pour supporter des forces de ce type et de ce sens au niveau de la jambière, surtout lorsque l'on lit ce genre de choses. Ensuite, je ne suis pas sûr qu'il soit très agréable de se retrouver suspendu par votre jambe à votre rappel. Déjà que vous débloquer de ce genre de situation n'est pas simple, là je plains complètement celui qui va venir vous chercher. Jusqu'à présent, il y avait déjà deux écoles (et les débats sont vifs, croyez-moi) : l'autobloquant au-dessus ou au-dessous du descendeur, mais toujours relié au pontet. En voici une troisième...

Ce m'inquiète le plus dans cet ouvrage, ce n'est pas ce que j'ai pu voir, mais plutôt ce que je n'ai pas vu. Je pense très bien connaître une grande majorité des techniques de corde en escalade, et c'est pour cela que les points que je rapporte touchent ce domaine. En revanche, je suis nettement moins connaisseur dans le domaine alpin, ski, et que dire du bivouac ? Comment un débutant, tel que je le suis dans ces domaines, sera en mesure de faire la différence entre une bonne et une mauvaise technique ?

Je pense que, par certains côtés, le Guide de la Montagne peut apporter beaucoup, de part la richesse du domaine, mais il faut absolument avoir une bonne connaissance pour aborder cet ouvrage sereinement. Et même s'il vous apprend, il ne vous permet pas de pratiquer. Rien ne vaut une bonne formation ou un retour direct d'une personne expérimentée.

A ne pas mettre entre toutes les mains.

Si vous aviez une entière confiance dans les livres, il vaudrait mieux ne pas avoir de livre du tout.

vendredi 12 février 2010

Matériel pour une randonnée glaciaire

Vous souhaitez partir en randonnée glaciaire ? Il vous manque une liste de matériel ou vous souhaitez valider la vôtre ? En voici une non-exhaustive qu'il vous faudra adapter suivant votre course, ou de vos caractéristiques physiques... Pensez également au rechange vestimentaire...

Matériel commun à la cordée :
  • Un brin de 50 mètres de corde à double pour relier la cordée,
  • Un deuxième brin de 50 mètres dans le sac à dos,
  • Une carte,
  • Un topo,
  • Une boussole,
  • Une trousse de secours (avec plein de pansements pour les pieds),
  • Un téléphone portable,
  • Un appareil photo,
  • Un altimètre,
  • 1/2 briquets,
  • 1 couteau,
  • (Un GPS),
  • (Coinceurs),
  • (3/4 dégaines),
  • (Une pelle à neige).
Matériel pour chaque membre de la cordée :
  • Un casque,
  • Une frontale,
  • Une paire de lunette galbée, de façon à protéger les côtés,
  • Un bonnet / bandeau,
  • Un tee-shirt coton, près du corps, manches longues,
  • Une polaire,
  • Un manteau GoreTex,
  • Une paire de gants, renforcé aux paumes,
  • Un piolet,
  • Un baudrier,
  • Un pantalon d'alpinisme,
  • (Une paire de guêtres),
  • Une paire de chaussettes,
  • (Une paire de chaussettes de rechange),
  • Une paire de chaussures d'alpinisme,
  • Une paire de crampons,
  • Un sac à dos 40/50 Litres,
  • 2 Litres d'eau au minimum, si possible dans un CamelBag,
  • De la nourriture pour la pause,
  • De la nourriture à consommer en marchant,
  • Crème solaire,
  • Papier toilette,
  • 1 descendeur et son mousqueton,
  • 1 longe / vache et son mousqueton,
  • 1 autobloquant et son mousqueton,
  • (ARVA et/ou Sondes).
Pour le premier et le dernier de cordée :
  • 2 broches à glace,
  • 3 mousquetons pour le relais,
  • 1 sangle pour le relais,
  • 3 mousquetons pour le mouflage,
  • 2 autobloquants pour le mouflage,
  • 1 sangle pour le mouflage.
Pour chaque membre de la cordée, on peut compléter la liste avec ce que l'on peut laisser au refuge (dans le cas des courses en aller-retour) :
  • Un drap de soie,
  • Un short pour la montée au refuge,
  • Un pyjama,
  • Du rechange (chaussettes, tee-shirts, ...).
Une liste est toujours à adapter en fonction de la course que vous allez faire, de sa durée, de sa technicité, ainsi que des personnes avec qui vous partez. A adapter donc.

mercredi 10 février 2010

Le Double Huit

Le Double Huit est le noeud le plus standard que vous puissiez trouver en escalade. Nécessaire pour s'encorder, il est simple à réaliser, et surtout présente l'énorme atout d'être très facile à contrôler. Ce double avantage en fait le premier noeud que tout débutant en escalade devrait apprendre.

Son rôle est de relier la corde au baudrier, ce que l'on appelle l'encordement. Son nom provient de sa forme en 8 caractéristique, double car tressé une fois à l'aller et une fois au retour. La corde effectue ainsi 2 huits parallèles et particulièrement évidents, s'ils sont correctement réalisés.

Il nécessite cependant les deux mains pour être réalisé, et une fois serré (après une chute par exemple), il peut être difficile à défaire.

Voici une démonstration vidéo de la façon de réaliser un Double Huit :

dimanche 7 février 2010

L'escalade est toute jeune

Imaginez que l'Homme vole en montgolfière depuis 1783 et en avion depuis 1890. Il a voyagé pour la première fois dans l'espace en 1961. Des domaines à la pointe, requérant les dernières techniques, qui sont maîtrisés depuis plusieurs décennies, voire plusieurs centaines d'années, alors que le ciel est loin d'être un milieu naturel pour les humains.

L'Homme gravit les montagnes depuis tout temps, et pratique officiellement l'alpinisme depuis le XVIIIème siècle. Et pourtant...

Et pourtant les dernières techniques de l'escalade sont toutes récentes : elles ont moins d'une cinquantaines d'années, voire moins d'une trentaine d'années pour les plus complexes.

Les relais, rappel moderne et autres mouflages, faute de matériel adéquat, n'étaient pas pratiqués avant les années 1950. Les premiers mousquetons et pitons voient le jour au début du siècle dernier, et se démocratisent dans les années 1930. Les premiers chaussons à gomme adhérente sont inventés par Pierre Allain en 1935. Les cordes en chanvre sont abandonnées au profit des premières cordes en nylon dans les années 1960...

Quand vous participez à une formation d'escalade, imaginez que les techniques qui vous sont enseignées sont encore toute jeunes, et en pleine amélioration avec les derniers équipements en date : Ropeman, Shunt ou autre Rotor. Beaucoup de choses restent à faire.

Cela laisse songeur, non ?

Je vous conseille ce joli article du site Grimper.com, qui retrace les grandes étapes de l'histoire de l'escalade.

mardi 12 janvier 2010

Mémoires Glacées

Une grande claque givrée. Une bouffée de nature authentique. Une lucarne ouverte sur les derniers grands espaces vierges de notre planète.

Voilà ce que l'on peut dire de Mémoires Glacées, de Nicolas Vanier.

J'y ai découvert un homme vrai, amoureux, passionné, conscient. L'un de ceux qui rêve de grandes aventures, et n'y tenant plus, les imagine, les prépare et finit par les vivre sur le terrain : ici une cabane prêt d'un lac, loin de tout, accueillant toute sa famille ; là une course en traineau de 8000 kilomètres ; et puis une vie de plusieurs mois avec le peuple Evène, à l'origine de son dernier film, Loup.

Qu'importe de partir 1 an et demi, puisque la vie d'ici est nécessaire mais pas suffisante...



Un homme Vrai. Qui a appris à dire les choses. A les faire aussi. Un geste vaut mieux qu'une parole.

Un homme Amoureux. De la nature, de ses chiens, des grands espaces, de ce sentiment de liberté que l'on ne peut pas ressentir dans l'espace étriqué de nos villes et de nos appartements. Un amoureux des hommes aussi, et de leurs rencontres dans ces immensités glacées. Des rencontres rares, mais toujours avec une récompense.

Un homme Passionné. Qui a su me faire aimer ses chiens. Un homme qui connaît si bien son attelage et la façon de le mener qu'il sait en quelques mots, pourtant simples, vous faire comprendre toute la difficulté de maîtriser une meute de chiens surexcités à l'idée de tirer un traineau de 200 kilos. Un homme dont la Passion pour les "pays d'en haut" est telle qu'elle est forcément communicative, systématiquement contagieuse.

Un homme Conscient. De son impact sur la nature, mais convaincu que cet impact est nécessaire s'il est réfléchi et maîtrisé. A l'antipode des écologistes moralisateurs, qui préfèrent critiquer voire détruire plutôt que démontrer par la pratique ou expliquer par la Passion. L'Homme fait partie intégrante de la nature, et doit continuer d'y vivre. "Pourquoi tenter de créer un monde artificiel, invivable et impossible, avec la nature et l'homme de l'autre, alors qu'ils pourraient si bien vivre ensemble ?" Un homme Conscient de la personnalité des animaux qu'il croise, et que la balle entre les deux yeux n'est certainement pas la réponse la plus adaptée au grognement d'un ours ou d'un loup. La connaissance et le respect de l'environnement permettrait d'éviter nombre d'accidents malheureux, parfois fatal aux hommes, souvent aux animaux. Ils permettraient également, à l'image des trappeurs, d'agir sur les populations animales de façon adaptée, en prélevant ni trop ni trop peu d'individus, et en les sélectionnant de façon à laisser à la harde la possibilité de se renouveler correctement. N'en déplaise à notre amie Bardot.

L'une des plus belles vérités qu'il expose ? Celle où il explique pourquoi les Inuits, au moment de commencer à prélever la viande sur l'animal qu'ils viennent de tuer, lui parlent et le remercient de leur donner de quoi manger, se couvrir et confectionner leurs différents outils : prendre conscience de la valeur de ce que l'on prend et ainsi apprendre à mesurer ses gestes. Si les Occidentaux que nous sommes, moi le premier, prenaient le temps de participer à un abattage et d'observer ce rituel simple, il y aurait probablement beaucoup moins de restes dans le fond des assiettes à la fin du repas. Mettre fin à une vie pour se nourrir fait partie de la nature. Cacher ce fait dans des abattoirs loin de nos regards nous éloigne un peu plus de la vraie valeur de la nourriture et des autres ressources. Nous pourrions tous avoir un comportement plus approprié si nous en prenions conscience...

Ce livre m'aura laissé un goût amer sur la soi-disant grande civilisation des Blancs. De nombreux peuples (Indiens, Inuits, Evènes, ...) dont les technologies sont pour la plupart limitées ne sont-ils pas, de part leur relation à la nature, à leurs origines, plus humains que nous ? Nous qui mettons en avant nos grandes innovations et notre savoir, que savons-nous réellement de notre monde, du vrai monde ?

Mais au final ce livre m'aura laissé un formidable sentiment de bonheur, en m'imaginant aux côtés de ce Français, qui nous emmène à l'arrière de son traineau, par moins 35 degrés et à 20 kilomètres par heure, en écoutant ses chiens aboyer de plaisir. Un Grand Livre. Vrai.

mardi 24 novembre 2009

Prévenir les douleurs du cou lors de l'assurage

Je me fais ici le relais du site info-montagne.com.

Qui n'a jamais eu mal au cou à force d'assurer un grimpeur en prise depuis 20 minutes avec un passage délicat dans un dévers, 15 mètres pile à notre verticale, sans jamais pour autant faire quoi que ce soit pour y remédier, si ce n'est cesser de regarder ledit grimpeur ?

Le site kinescalade.com consacre un article aux cervicalgies et aux différentes façons de prévenir les douleurs et les lésions du cou, dont notamment une étonnante paire de lunettes, d'ores et déjà testée par nos déjà ultras connus rédacteurs de Pofroad.

Faites le test de la prévention proposée par kinescalade : ouvrir le thorax afin de modifier la position générale de la colonne vertébrale. Étonnant de simplicité et d'efficacité, même devant son PC.

Un autre petit truc très simple et pas cher : en tant qu'assureur, vous n'êtes pas fixés au sol. Il vous suffit parfois de faire quelques pas de côté pour modifier un peu votre position et vous soulager un peu le cou.

jeudi 12 novembre 2009

Fonte des glaciers : bien plus qu'une perte écologique

Inutile de le repréciser, ou même de le justifier ; il est de notoriété publique que les glaciers fondent, que les glaces reculent, que les montagnes perdent peu à peu leur blancheur qui n'est peut être pas si éternelle que cela...

Au-delà de priver les alpinistes d'un terrain de jeu convoité, cela a évidemment des incidences écologiques graves et le niveau des glaciers, étroitement surveillé, est notamment un indicateur sans faille du réchauffement climatique.

Mais au-delà des effets malheureusement bien connus de la fonte des glaces, il y en a de plus inattendus :

Au Kenya, il existe une montagne dont les neiges éternelles étaient si belles, que certains se prirent à croire que c'était la maison de Dieu. Mais suite au réchauffement climatique, les neiges ont commencé à fondre; la communauté ne s'est pas simplement mise à manquer d'eau; elle s'est mise à perdre la foi. La maison de Dieu fond: où est Dieu?
Citation tirée d'un article publié sur slate.fr

Au fond, qu'importe que les disparitions soient biologiques, géographiques ou culturelles. Elles restent définitives, et irréversibles. Pour certaines, il est déjà trop tard. Pour d'autres, on peut encore agir...

lundi 9 novembre 2009

Contrôlez vos longes Mammut Via Ferrata Y

Je me fais ici l'écho du site Info Montagne : Mammut a constaté que certaines de ses longes Via Ferrata Y pourraient avoir été mal assemblées, causant un risque pour l'utilisateur.

Dans un communiqué, Mammut demande à ses clients de faire un contrôle visuel très simple sur leur produit, permettant ainsi d'exclure tout risque.

vendredi 6 novembre 2009

Risque d'ouverture des baudriers (2)

Je vous en parlais récemment dans ce blog ; un grimpeur malchanceux s'est retrouvé avec une jambière de son baudrier totalement défaite. Après quelques tests, il a remarqué que le système de boucles auto-bloquantes pouvait s'ouvrir sous certaines conditions.

J'ai moi-même réalisé quelques tests sur des baudriers dont voici la liste (certains m'ont été confié par PitchOu, que je remercie au passage) :
  • Le Soleus d'Edelrid,
  • Le Focus de Mammut,
  • Le R320 d'Arc'Teryx,
  • Le Corax de Petzl (dans une version qui date de 2000, à peu près),
  • Le Focus SA de Black Diamond.
Pour chacun de ces baudriers, j'ai réalisé des mises en tensions/hors tensions successives et répétées de la sangle abdominale dans les 4 cas suivants :
  • Le baudrier à vide (sans être sur moi) et les sangles en dehors des élastiques de maintien,
  • Le baudrier à vide (sans être sur moi) et les sangles dans les élastiques de maintien,
  • Le baudrier sur moi et les sangles en dehors des élastiques de maintien,
  • Le baudrier sur moi et les sangles dans les élastiques de maintien.
Les conclusions sont plutôt rassurantes dans l'ensemble, bien que certaines surprises se soient révélées :
  • Le R320 de Arc'Teryx a ses bouts de sangles qui sont cousues vers l'intérieur du baudrier, ce qui peut venir faire appui sur la partie abdominale, et favoriser l'ouverture du système. C'est le seul baudrier sur lequel j'ai réussi à reproduire l'ouverture sans que le baudrier soit sur moi et sans que les sangles soient maintenues par les élastiques de maintien,
  • Le système de fermeture du Soleus est le seul sur lequel j'ai réussi à déserrer de façon significative la partie abdominale, mais sans que le système s'ouvre totalement, quand je portais le baudrier sans que les sangles soient passées dans les élastiques de maintien. La petite couture présente sur la sangle est systématiquement venu empêcher l'ouverture totale du système.
Dans aucun des différents tests que j'ai effectué, je n'aurai été mis en danger si j'avais été en pleine voie. Il s'avère cependant que passer les sangles dans les élastiques de maintien rend beaucoup plus difficile, pour ne pas dire impossible, le fait que les sangles commencent à se déserrer. Je ne peux donc que vous recommander d'opérer ce petit réglage.

De plus, et c'est assez évident, mais il est important de le signaler, si le baudrier est correctement serré dès le départ, le risque de relâchement de la sangle abdominale est infime, alors qu'il devient plus facile de provoquer le déserrement de la sangle si elle est un peu lâche au début du test et, ce, que le baudrier soit à vide ou sur le grimpeur.

Pensez donc à vérifier que votre baudrier soit correctement serré, et que les sangles soient correctement passées dans les élastiques de maintien. Cela évitera des incidents désagréables...

jeudi 5 novembre 2009

Quid d'un Brevet d'attestation à la pratique de l'escalade ?

J'en parlais récemment dans ce blog, un accident sérieux est survenu dernièrement dans une des salles de la région lilloise. Un nouvel incident, moins grave, mais tout aussi symptomatique, a de nouveau eu lieu en début de semaine : un jeune débutant, n'ayant pas correctement terminé son noeud avant de partir, s'est retrouvé en milieu de voie sans aucune sécurité. Heureusement, sa chute s'est simplement soldée par une visite des pompiers, des examens rapides et une grosse frayeur.

Néanmoins, ces deux incidents rapprochés reflètent pour moi un problème bien plus profond que la simple inattention de 2 grimpeurs, manque de vigilance dont nous pouvons tous être victimes un jour. On le voit tous les jours dans les salles et les associations, de nombreux pratiquants de l'escalade ne sont pas suffisamment formés et au courant des techniques de sécurité de base. Je ne vous parle pas de mettre en place un relais sportif sur dégaines à 150 mètres au-dessus du sol, je vous parle de simplement maîtriser l'encordement et l'assurage en moulinette.

Je suis moi-même encadrant au sein du CAF de Lille, et j'interviens régulièrement dans nos salles pour former les nouveaux arrivants et rappeler les consignes à ceux qui ont la mémoire courte. Ces rappels, nous devons les faire à chacun de nos encadrements, et pas seulement une fois de temps en temps.

Par déformation, je jette toujours un coup d'oeil dans les salles privées où j'évolue, et où chaque grimpeur est libre de pratiquer l'escalade, sans avoir à justifier d'une quelconque connaissance des techniques de sécurité. Plus régulièrement encore que dans notre club, j'y vois des noeuds qui ne sont pas correctement vérifiés, des assureurs qui discutent alors que leur grimpeur s'époumone à leur rappeler d'avaler les 5 mètres de mou, et plus souvent encore des grimpeurs qui, leurrés par l'apparente sécurité des systèmes auto-freinants, ne tiennent plus la corde, voire ont complètement oublié la gestuelle de l'assurage sur des systèmes plus classiques, comme le Huit ou le Reverso.

A ma connaissance, la législation française est ainsi faite que les salles privées ne sont pas obligées de vérifier les connaissances des grimpeurs évoluant entre leurs murs. Généralement, le grimpeur assume l'entière responsabilité en cas d'accident. Votre ticket d'entrée n'est ainsi qu'une location temporaire du mur et de ses prises, sans plus.

J'ai beau avoir tendance à reprocher aux salles de ne pas faire un tour de temps en temps parmi les grimpeurs pour vérifier leurs comportements, je ne vois pas comment elles peuvent avoir les moyens de vérifier chacun des pratiquants, ce qui implique notamment d'avoir un Brevet d'Etat présent en permanence. Il suffit de voir le nombre de grimpeurs évoluant dans une salle pour comprendre.

En Belgique, un système de brevet, que l'on peut comparer à notre Brevet de Sécurité Routière, a été mis en place : le Badge Safe Control. Chaque grimpeur doit passer un rapide examen afin de démontrer sa connaissance des techniques de sécurité de base, lui permettant d'évoluer sereinement dans une salle. Sans abonnement ou sans ce brevet, un grimpeur ne peut pas évoluer dans une salle privée. Ce n'est pas une assurance, ce n'est pas un diplôme, il s'agit simplement d'une attestation comme quoi le grimpeur sait s'assurer et assurer.

Son obtention est simple : 10 min d'examen gratuit par une personne qualifiée, aux heures de permanence de la salle en question.

Le dispositif est simple et permet, à mon sens, de limiter un grand nombre d'accidents impliquants des débutants. De plus, une personne non qualifiée peut facilement refuser l'entrée d'un grimpeur s'il ne dispose pas de ce brevet.

Bien sûr, cela impose d'avoir un diplômé d'état tenant des heures de permanence, diplômé qu'il faut payer. Mais combien coûte votre assurance de responsabilité civile ? Combien coûte l'intervention des pompiers ? Combien coûtent vos soins à l'hôpital et votre rééducation ? Combien coûtent les pompes funèbres ?

Certains diront qu'une telle mesure va à l'encontre de l'esprit de liberté sur lequel toute la philosophie de l'escalade est basé : "encore une loi vous empêchant de pratiquer le sport que vous aimez". Mais on ne vous parle ici que des salles privées, voire des associations, et n'allez pas me dire que vous retrouvez ce sentiment de liberté tant convoité, confiné entre 4 murs. Libre à ceux qui le souhaitent d'aller s'exploser les talons en falaise...

A quand un dispositif similaire en France ?