dimanche 5 octobre 2014

La sécurité avant tout : le grimpeur en ligne de mire !

Il y a quelques jours, alors que nous étions en train de nous entraîner dans notre club préféré, un incident est survenu ; incident sans gravité au final mais qui aurait pu faire mal... très mal.

L'occasion de répéter, rabâcher quelques règles de sécurité que nous connaissons (presque) tous mais que nous ne mettons pas si souvent en application. Je tiens à préciser que je ne lance pas la pierre aux grimpeurs qui se reconnaîtront peut-être : les bons réflexes qu'ils ont eu ayant en effet permis de limiter la casse !

Je profite simplement de cet incident sans conséquence pour rappeler quelques consignes qui peuvent vous éviter des dégâts...

Le grimpeur était en tête dans une voie qui, de ce que j'ai pu comprendre, l'aurait un peu éprouvé physiquement. Bref, il était au taquet au moment de clipper la toute dernière dégaine, celle qui signe la fin de la voie et de votre calvaire. Réflexe humain dans ce cas là : clipper au plus vite pour en finir, même si l'on se trouve bien loin de celle-ci... Réflexe à proscrire ! Il vous faudra en effet tirer beaucoup de mou, éventuellement le tenir dans votre bouche. Bref, que des mauvaises choses :

  • Nombreux sont ceux qui serrent les dents, crispés, sur la corde au moment de tomber ; dents qui peuvent être littéralement éjectées de la bouche lors de la mise en tension de la corde... (c'est arrivé à une connaissance). Ne mettez jamais la corde dans la bouche ! Si vous deviez le faire, criez au moment de tomber. Vous sauverez votre belle dentition...
  • Si vous êtes au taquet (ou pas), préférez clipper la dégaine quand elle se trouve au niveau de votre baudrier plutôt que de prendre un maximum de mou : votre hauteur de chute ne sera pas plus importante (faites un petit dessin / calcul pour vous en convaincre) et la corde, toujours tendue, ne vous laissera pas le temps de prendre trop d'accélération.
Revenons à notre cas : le grimpeur prend trop de mou... et zippe. ça arrive à tout le monde, moi encore ce matin. Le voilà donc à jouer les filles de l'air et se rapprocher rapidement de sa demoiselle, 17 mètres plus bas ; demoiselle qui joue le rôle de l'assureur... un peu trop loin du mur.

Le grimpeur tombe donc, prend beaucoup de vitesse puisqu'il a du mou en réserve, sa corde se tend brutalement alors qu'il se trouve au premier tiers de sa chute, l'assureuse est littéralement catapultée en avant ce qui donne de nouveau quelques mètres de mou supplémentaire, la chute continue de plus belle...

La suite est assez floue puisque les témoins n'ont pas tout vu. J'extrapole voire invente pour l'exemple.

A ce stade, le grimpeur doit se trouver à plus de la moitié de sa chute mais il devrait en théorie s'être arrêté... sauf que non. Sous le choc, le stress, une mauvaise position des mains, le surpoids du grimpeur qui aurais consommé trop de produits de la montagne (que sais-je...), l'assureuse laisse filer la corde entre ses mains avant... très bon réflexe... de la ressaisir pour non pas la bloquer (impossible une fois que la chute est lancée) mais la freiner...

Arrêtons-nous un instant, pour faire le point sur la position de l'assureur.

Quand vous assurez un grimpeur dans une salle, les règles principales sont les suivantes :
  • toujours regarder le grimpeur (vous blablaterez quand il sera au sol)
  • toujours avoir une main ferme en DESSOUS du descendeur (et peu importe le matériel d'assurage : huit, Reverso, GriGri, ... tous IMPOSENT d'avoir une main en-dessous pour maintenir la corde, lisez les notices)
  • la bonne position consiste généralement à avoir un pied en avant, genre pied d'appel, qui va vous empêcher d'être propulsé vers l'avant si le grimpeur venait à chuter. Mais cela ne devrait pas arriver car...
  • vous ne devriez pas vous trouver à plus de 2 voire 3 mètres du mur lorsque vous assurez quelqu'un en moulinette. Un repère facile si vous avez un doute : vous devez vous trouver juste derrière le tapis... votre pied d'appel devant se trouver dessus. Généralement je m'arrange pour avoir mon pied de derrière juste au bord du tapis pour le bloquer dessous si vraiment je suis emmené de force...

Notez que j'ai donné la bonne position pour assurer un grimpeur... en moulinette ! La corde partant vers le haut du mur (très haut au-dessus de vous donc), la force vous rapprochant du mur sera plutôt limitée. En revanche, pour un assurage en-tête, la corde vous tirera vers la première dégaine posée (logiquement assez bas donc, si toutefois vous n'êtes pas complètement fous !). Pour être tiré davantage vers le haut que vers l'avant, il faudra donc se rapprocher du mur... voire être quasiment au pied de celui-ci.

Alors, oui, la position n'est pas confortable. Oui, vous allez voir mal au cou. Non, vous ne pourrez pas parler facilement avec la cordée d'à côté. Mais si vous voulez du confort, allez au salon de thé !

Bon, ne vous collez pas trop à la paroi non plus. N'oubliez pas que vous devez pouvoir voir votre grimpeur en toute circonstance... Seuls les surplombs en falaise vous seront excusés !

Revenons à notre grimpeur.

Il continue sa chute inexorable. C'est à ce moment que, attiré par les bruits, caractéristiques d'une chute, mais anormalement longs,  je me retourne pour voir une ombre dans mon champ de vision descendre du ciel à vive d'allure pour aller tester les tapis...

Ma hantise ! Assister à un accident, être hanté par les cris, les membres à l'envers, bref... par un carnage. Je me retourne, me recroqueville et me bouche les oreilles. Peu importe de toute façon comment je réagis, je ne pourrais rien changer. Ma dernière image est celle du grimpeur qui atterrit sur la pointe des pieds et se fait renvoyer en arrière vers le mur... Mon dieu, la tête...

Heureusement, l'assureuse, dans son réflexe salvateur, a suffisamment maintenu la corde pour conserver le grimpeur droit. Je me retourne, personne ne hurle : il est adossé au mur, un peu blanc (on le serait à moins !), reprend son souffle... En voilà un qui a du avoir la peur de sa vie... 17 mètres quand même (un accident du même genre, dans la même salle et de la même hauteur aura laissé un goût plus amer à la grimpeuse...) ! Sa compagne est aussi quitte pour une bonne frayeur.

Mais... il n'a rien ! Il regrimpera même dans la séance. Ouf !

Un petit mais sévère rappel à l'ordre pour tous ceux qui se trouvaient dans la salle. Et maintenant, à vous aussi, j'espère !

L'encordement et l'assurage sont deux aspects importants de VOTRE sécurité !

Ne les négligez pas. Formez-vous. Contrôlez-vous mutuellement. Acceptez les remarques des autres. Observez les aussi, soit pour les corriger soit pour apprendre.

Cela fait cliché, mais il y a quelques règles de bases pour l'escalade reste un plaisir !
Et ce billet n'est pas exhaustif sur ces règles, très loin de là ! Quelques autres sont disséminées dans les différents articles de ce blog, d'autres viendront par la suite.

mardi 12 août 2014

Objectif 2013: l’Escalier Magique, d’une traite (Tohatra Mahagaga)

Le massif du Tsaranoro. Image: http://www.gdargaud.net/Climbing/Tsaranoro.html

Samedi 18 mai 2013, TANANARIVO, MADAGASCAR

Philippe et moi débarquons à l’aéroport de Tana avec cet objectif : grimper l’Escalier Magique d’une traite. Le sourire sur nos visages reflète autant notre enthousiasme pour cette nouvelle expé que notre scepticisme face à l’ampleur du projet. En fait, on ne se fait pas d’illusions, nos chances de succès sont quasi nulles.

L’Escalier Magique, c’est 800m de granit vertical, quasiment dépourvu de fissures, équipé en 2011 par Gérard Thomas et Marc Gamio (oui oui… Marc Gamio, le boss de l’artif !). La voie est située dans le massif du Tsaranoro (prononcez "Tsaranour"), sur le Tsaranoro lui-même, dans l'Andringitra au sud de Fianarantsoa. 20 longueurs pour arriver au sommet, dont 11 comprises entre le 6c+ et le 7a+, trois longueurs de 7b et un 7b+. Le tout agrémenté de quelques pas de A0 dans la partie haute.
Voilà le topo
L’idée de ce projet est née à la suite de notre expé de l’année précédente. Nous étions alors venus réaliser Out of Africa, une voie de 600m sur la même falaise, en 7a max. Le projet était assez ambitieux puisque nous n’avions jamais dépassé 400m de grimpe. Alors que nous hésitions encore à nous lancer dans l’aventure, nous avons rencontré Marc Gamio et Franck, dont l’enthousiasme communicatif a contribué à nous motiver. (Je me rappelle que ces deux là grimpaient tous les jours alors que de notre côté, nous avions grand besoin d’une bonne journée de repos entre chaque voie). Ils nous ont même donné des coinceurs pour que l’on puisse s'entrainer dans Linea Bianca, une voie plus courte qu’« Out Of Africa », mais de difficulté équivalente. C’est à cette occasion qu’ils nous ont parlé de l’Escalier Magique (le nom de la voie fait référence à l’escalier emprunté par les serveurs du restaurant du Camp Catta pour apporter les plats.)

Finalement, nous avions réalisé Out Of Africa en 10h, à la fois ravis et soulagés d’échapper à une sortie à la frontale.

Étonnés d’en sortir relativement « frais », l’idée d’un projet plus dur a commencé à germer.

Puisque Marc m’avait donné un exemplaire du topo, difficile de ne pas y jeter un œil… Imaginons qu’on s’entraîne comme des fous pendant un an… qu’on trouve un moyen de grimper de nuit… et qu’on arrive à tenir physiquement… Peut-on envisager 800m dans notre niveau max ? Enfin… encore faudrait-il que j’enchaîne au moins un 7b+ en falaise d’ici là.

Question timing, j’estime 17h de grimpe, en faisant les 5 premières longueurs de nuit (avant le premier 7b). Au pire, on peut imaginer faire aussi la sortie de nuit, mais uniquement le dernier 6a et la longueur de sortie. Pas les longueurs précédentes, trop dures. Si on n’arrive pas en R14 à 14h, on redescendra en rappel.

Évidemment, Philippe adhère direct au projet.

Nous voilà donc à Tana.

En sortant de l'avion, mauvaise nouvelle, il nous manque deux sacs sur quatre. Ils contiennent notamment notre rappel de rechange, et la moitié de notre alimentation « grimpe ». On se met en route en espérant que la compagnie retrouve nos sacs, et qu’on arrivera à se les faire livrer au Camp Catta. Avec Philippe, on aime bien ce camp. D’autres grimpeurs préfèrent les camps moins chers, et plus « roots » des alentours, mais nous apprécions le confort du Camp Catta, qui va nous permettre de nous reposer idéalement entre les reconnaissances et les tentatives.
Arrivée dans la vallée du Tsaranoro – Image prise sur le site http://www.madagaskar-bandroreisen.com

Lundi 20 mai, Vallée du Tsaranoro : première reco

Le premier objectif de cette reco est de marquer à la craie les cinq premières longueurs (7a, 6c+, 6b, 7a, 6b+) que nous avons prévu de faire de nuit, de façon à attaquer le premier 7b de la voie aux premières lueurs du jour. Le deuxième objectif est de nous familiariser avec ce fameux 7b, pour gagner du temps le jour J.

Nous y passons huit heures. Finalement nos craies ne dépassent pas la première longueur. Sur le granit, elles s’usent instantanément. Nous vidons nos deux sacs à POF sur ces 5 longueurs.

Le 7b est très continu même si les pas les plus durs sont au début, à cause du léger dévers. C'est très fin, superbe longueur.

A la descente, on se familiarise avec le rappel sur un brin, pour lequel on n’est pas encore à l’aise. On y passe deux heures.

Bilan de la journée : le moral est plutôt bas. Cette reco nous a pris quasi 14 heures en comptant la marche, pour seulement 6 longueurs. L’escalade est exigeante.

Retour au camp de nuit. On est fatigués, on a mal aux doigts et aux pieds. Le lendemain, on a mal partout. Courbatures.

Mercredi 22 mai, 00h30 : seconde reco

Cette seconde reco a plusieurs objectifs :
  1. Vérifier que le marquage est suffisant et que l’on arrive à faire nos cinq premières longueurs de nuit, en 3h30.
  2. Voir à quoi ressemble le 7b+, en 11ème longueur, qui d’après le topo est la plus dure de la voie.
  3. Monter trois litres d’eau au 10ème ou 11ème relais, pour limiter le poids à porter le jour de notre tentative.
Jean-Paul, un des guides du camp a accepté de se lever à minuit et demi pour nous accompagner et nous aider à porter notre matériel, dont le poids total avoisine les 15 kg.

A 2h30 du matin, après une heure de marche et une demi-heure de préparatifs, Philippe attaque donc le premier 7a à la frontale (merci Callagh pour les lampes, elles sont top !). Il assure bien ! Par contre, au moment du portage, on se rend compte que notre sac de charge est beaucoup trop lourd.

Philippe propose de persévérer, quitte à perdre du temps, pour aller déposer les deux bouteilles d'eau au 11ème relais, comme prévu. Ainsi le sac sera bien moins lourd la prochaine fois. Mais j’ai peur qu’on s’épuise et que le sac ne résiste pas. On décide finalement de laisser nos deux bouteilles au pied de la voie pour cette fois. Et on envisage une descente en rappel une prochaine fois pour aller déposer notre eau depuis le haut.

Après cette perte de temps, on reprend. Le marquage est suffisant, la grimpe de nuit très plaisante. Au relais, tout est calme. Le seul bruit qu’on entend est celui des aigles et autres oiseaux qui passent à côté de nous de temps en temps. Ambiance.

A 6h, le jour se lève… et on n’a fait que 4 longueurs au lieu de 5. Il faut revoir le timing.

Après le 7b, qui passe de façon beaucoup plus fluide cette fois-ci, nous avons trois 7a et un 6c+ pour rejoindre le 7b+.

Mais après le deuxième 7a, donc la 8ème longueur, Philippe a un petit coup de pompe. Il pense avoir un peu négligé son alimentation en grimpe : sans doute pas assez de sucre.

On décide donc de redescendre sans tester le 7b+ dont on aura seulement aperçu la fameuse coulée blanche déversante mentionnée sur le topo.

Cette fois, on est rôdés pour les rappels. Beaucoup plus à l’aise et bien plus rapides.

De retour au camp à 15h, après cette seconde sortie de 14h, on se dit qu’on a peut-être quand même une petite chance de succès. Cette fois on a fait 8 longueurs en 8 heures. C’est encore trop lent, mais on a été ralenti deux fois : d’abord par le sac trop lourd ; ensuite parce qu’à la 7ème longueur je me suis rendu compte que le fond s’était décousu en partie, et on a dû rafistoler au Strappal.

Jeudi 23 / Vendredi 24, Camp Catta : repos

Cette fois, on se donne deux jours et deux nuits de repos. C’est décidé, on partira vendredi soir à 23h pour un départ dans la voie à 01h du matin samedi. On fait une tentative !

On n’a pas essayé le 7b+, et on ne pourra pas faire notre reconnaissance du haut car Hery, le seul à pouvoir nous y emmener, n’est pas au camp en ce moment. Il est parti voir sa femme, malade, à Fianar. Du coup, nous ne pourrons pas non plus descendre notre eau dans la voie.

Mais je me dis que c’est cette fois ou jamais. Les reconnaissances ont du bon car elles nous ont familiarisées avec le granit et le style de grimpe. Nos préhensions, sur les écailles notamment, ont évoluées. La grimpe devient un peu moins douloureuse, et nous cassons moins de prises, ce qui nous évite autant de plombs. Mais à force, ces recos nous fatiguent. Et plus on attend, plus on risque de tomber malades… n’oublions pas qu’on est à Mada. Même si on est au Camp Catta, et qu’on se fait à manger nous-même la plupart du temps, on n’est pas à l’abri d’une gastro.

On vérifie les cordes. On utilise une Edelrid Swift triple homologation, l’équivalent de la Beal Joker, associée à une cordelette de 6mm pour le portage et les rappels. Ce compromis est top : on grimpe ultra léger, et on n’a quasiment aucun tirage, même sur les plus longues longueurs.

On fait recoudre le sac, et on le modifie pour que toutes les affaires soient suspendues au système de hissage au lieu d’être au fond du sac. On décide aussi que le second portera trois litres dans un sac à dos pour alléger le sac de charge et accélérer le portage.

Repos, arnica pour les doigts, cuisine au fataper… on récupère.

La bonne nouvelle, c’est que Zara, notre chauffeur, débarque avec notre matos manquant. Ouf !! On se sent mieux avec tout notre équipement, et devoir nous restreindre sur l’alimentation ne nous emballait pas du tout.

Hery réapparaît juste avant qu’on aille se coucher. Je lui demande à tout hasard de nous surveiller le lendemain, et, au cas où on arriverait là-haut, de venir nous chercher.

J’estime nos chances de succès à 30%. Espérons qu’il n’y ait pas de vent, surtout la nuit, et qu’on ne fasse pas trop d’erreurs.

Vendredi 24, 22h45 : Camp Catta. Départ pour notre tentative

Ça a été difficile de s’endormir à 18h. Difficile de ne pas cogiter. On a dormi un peu moins de 4h.

En sortant de la tente, ça commence mal : Jean-Paul n’est pas au rendez-vous. Tiens, ça nous rappelle Out Of Africa, l’année dernière. Mais cette fois on ne peut pas attendre. On portera nous-même. On est bien contents d’avoir laissé nos deux bouteilles en bas de la voie la dernière fois.

C’est parti. On prend le petit déj tout en marchant dans la forêt: barres de céréales, barres protéinées, compotes et boisson d’approche.

Samedi 25, 00h50

Deux heures plus tard, à 00h50, après la marche et les préparatifs habituels, on est prêts. La météo est bonne : pas de vent pour l’instant. Il ne fait pas froid.

Philippe ouvre le bal. Il est en pleine forme et survole son premier 7a en à peine 25 minutes. Son record.

Voici nos impressions respectives :

Philippe : L1. « Je commence à avoir de bonnes sensations sur cette jolie dalle bien fine ; les placements et surtout les tenues de prises (petites) deviennent plus efficaces, la preuve, elles pètent moins. »

Greg : L2. « Le hissage est rapide, on a bien optimisé le sac, nickel. Je rejoins Philippe rapidement et attaque le 6c+ qui commence par un pas de bloc en léger dévers. Ça réveille. Après nos deux reco, ça déroule super bien. Idem pour le 6b suivant de Philippe, pourtant bien aéré ! »

Philippe : L3. « Trav montante (6b) bien espacée : cette fois je reste bien concentré et détendu. C’est vrai que de nuit la grimpe est assez magique, du coup, l’itinéraire est bon, ça passe tranquille. »

Greg : L4, L5. « On ne fait pas d’erreur, on n’oublie pas les mousquetons destinés à éviter que le sac ne valdingue dans les traversées. On mange à chaque longueur, pendant que l’autre fait le portage. On est super synchronisés, on ne perd pas une seconde.

L’ambiance de nuit est incroyable, pas un bruit, à part les oiseaux.

J’attaque le long 7a suivant (environ 45m), très fin et continu, mais je l’ai vraiment bien poffé pour assurer de nuit.

Philippe torche le court 6b+ suivant qui n’est pour lui qu’une formalité malgré un réta pas du tout évident en sortie.

Incroyable, on a fait nos 5 longueurs en seulement 3h40 finalement ! »

04h30

Hors de question de poireauter jusqu’à 6h, il faut garder notre précieuse avance. Je me lance dans le 7b à la frontale. Il n’est pas poffé mais je l’ai bien en tête, et je suis remonté à bloc… ça passe !

Philippe me rejoint. Il fait encore noir. Même combat pour lui, il entame son 7a de nuit, et passe le pas de bloc comme un dieu… on commence à y croire.

Philippe : L7. « Pas trop de souci avec le pas de bloc de cette courte longueur. »

Greg : L8. « Quand je le rejoins, il est 06h20, le jour se lève. La voie n’a jamais mieux portée son nom. L’instant est magique. On a deux longueurs d’avance sur notre timing !! On a fait 7 longueurs en 5h20.

On range les lampes et je me lance dans le 7a suivant, bien aéré… concentration.

Le 7a d’après est très court. Je propose à Philippe de le doubler avec le 6c+ suivant… s’il pense que c’est jouable. Ni une ni deux, tant qu’il s’agit de grimper, faut pas lui demander deux fois. Il ne reste que 3 mètres de corde quand il arrive au relais. »

Philippe : L9,L10. « Bon rythme sur cette longueur doublée. Jolie dalle ondulée. Vive nos cordes : aucun tirage ! »

Greg : « Décidément toutes les longueurs sont continues dans la difficulté. »

08h20

Ca y est, on est en bas du 7b+. On a fait 10 longueurs en 7h20. Si ce 7b+ nous laisse passer, on a vraiment une chance.

On prend 20 minutes de pause pour récupérer et ingurgiter une dose massive de vitamines destinée à nous faire tenir encore … 10 heures.

08h40

C’est parti. Le 7b+ commence cool, c’est déversant et plus athlétique, mais les deux ou trois premiers points sont plutôt en 6a/6b, style Ouaki (la falaise ou l’on s’entraine habituellement à La Réunion). J’arrive au pas dur. C’est bien protégé. On se croirait en falaise. Un plomb. Deux plombs. Je crois que j’ai pigé. Il faut bien monter les deux pieds sur la gauche pour utiliser une verticale assez lisse main gauche, relancer juste au-dessus sur une autre verticale un peu meilleure, rétablir à deux mains sur une petite horizontale, et faire une épaule droite, assez éloignée. C’est bon, je clippe. Un vrai plaisir. C’est le bonheur. La suite reprend comme au début : du 6a en léger dévers, très sympa.

Ce 7b+ qui nous inquiétait tant aura été la perle de cette voie. Magnifique.

Nos chances de succès augmentent. Du moins on y croit de plus en plus. Mais on ne se doute pas encore de ce qui nous attend après.

10h20

Philippe : L12. « Dalle en 6c+. RAS, bien que je me laisse un peu surprendre par le « + » de cette longueur assez tranquille. »

Greg : L13. « Ici les points s’espacent, pourtant c’est dur ! Il faut soigner la lecture et sans arrêt louvoyer dans ce 7a « botanique ». Attention aux cactus. »

Philippe : L14. « Dalle en 7a+. Ici commence le A0. Je serre un peu plus les fesses. Les prises sont plutôt bonnes mais me semblent cassantes. Ça se confirme sur les trois derniers pas (une sorte de pilier un peu bloc) ou je prends quelques vols… bon d’accord, pas seulement à cause des prises qui pètent. A partir de là, on longe une crevasse, il y a plus de relief. »

Greg : L15. « Nous voilà en bas de l’avant dernier 7b. Il reste aussi un 7a+, un 6b+ et un 6a pour terminer l’Escalier Magique. Ensuite il faudra faire la connexion avec Vazimba pour atteindre le sommet, via un dernier 6a, A0.

Ce 7b commence par cinq pas de A0, sous un toit. J’y vais à coups de pédales, qu’il faut combiner à des pas bien physiques !! L’ambiance chauffe. Ca déverse. On a 500m de gaz sous les fesses. Le vent se lève. Après quatre points, le A0 semble terminé : le point suivant est bien plus loin. J’y vais en douceur, j’essaye de rester serein. Pas simple. Avec le vent on ne s’entend plus. J’arrive presqu’au point suivant lorsque ma prise de pied casse. Je prends un plomb de 7, 8 mètres, plein gaz. Whooo !!

Je reprends mes esprits et parviens à clipper. Le point suivant est à seulement deux mètres. C’est clair, là, y a un pas dur. Pas de prise. Seulement une sorte de gouttière avec des arrondis des deux côtés. Ici la texture du granit change pour devenir une sorte de crépi dont chaque picot est comme un bout de silex. Ça doit être un pas en adhérences pieds/mains. J’essaie tout droit. 1 plomb, 2 plombs, 3 plombs… à droite… 3 nouveaux plombs… à gauche… même tarif. Mes doigts commencent à souffrir sacrément. Finalement c’est peut-être bien encore du A0. Je mets une pédale mais ma main arrive à plus de 20 cm du point. Je raccourcis… 15 cm. L’équilibre sur la pédale est instable, et je n’ai pas envie que mon pied reste coincé dedans en tombant. J’y arrive pas. Merde !!! Pas étonnant vu le peu d’expérience que j’ai en artif. Je ré-essaie quelques pas. Je suis désespéré. Le temps passe. Une demi-heure que je m’acharne. J’ai super mal aux doigts. Je fais une pause pour essayer de me calmer et réfléchir.

Je place une troisième dégaine sur laquelle je vais tirer pour faire une sorte d’opposition avec la pédale.

J’y vais de toutes mes forces. Je lève la main en douceur, je suis à 3 cm du clou. Ça peut le faire. Je redescends et recommence avec une dégaine dans la main. Je bourrine à fond. Je tends ma dégaine vers le point… encore quelques millimètres… c’est sûr je vais me vautrer !! Tant pis je pousse encore plus fort… putain ça marche !! J’ai clippé. Youhoooo !!!

Allez, faut avancer, ça fait au moins une heure que je suis dans cette longueur, et j’ai fait seulement 15 mètres. J’avance prudemment sur ce crépi un peu friable. Un point de plus. Je passe sur une vire mais me retrouve bloqué par la corde orange qui semble coincée. A cause du vent, je mets un petit moment à faire comprendre à Philippe mon problème. Il faudra presque cinq minutes pour qu'il parvienne à débloquer la corde qui s’est prise dans une écaille plusieurs mètres sous lui. Décidément, cette longueur, c’est la galère. J’arrive enfin au relais vers 14h30. Il nous reste 5 longueurs. Maintenant c’est sûr : si on sort, ce sera à la frontale. Sauf qu’il faut absolument faire le dernier 7b ainsi que le 7a+ de jour…

Le portage devient plus facile : il ne nous reste plus grand-chose à boire ni à manger.

Philippe prend le relais sur le 6b+ suivant qui démarre fort par un pas de A0… encore ! C’est dur, ça plombe. Faut dire qu’on commence à être à bout de forces. Enfin, ça passe.

Philippe : L16. « Courte longueur en 6b sans difficulté si ce n’est le premier pas en A0. Putain, je déteste l’artif’ ! »

Greg : L17. « A mon tour pour le dernier 7b. Le pas principal consiste à passer une sorte de rampe où toutes les prises sont fuyantes. Il me faudra quatre ou cinq essais pour trouver une solution et parvenir à clipper. Au moins à cet endroit, ça ne fait pas mal aux doigts. Au relais, je me retrouve sur une vire assez confortable mais pas très rassurante, composée d’un amalgame de petits blocs qui ne respire pas la solidité.

Bien que la longueur suivante démarre par une belle section de 7a+, Philippe retrouve ensuite notre fameux crépi sur un pilier incompréhensible, sans aucune prise quasiment. »

Philippe : L18. « Sur le topo, un étonnant « 7a A0 6b ». Les deux premiers pas sont super beaux, tout en adhérence sur une dalle bien polie (merci, je vous en prie…) sans trop de prises. Par contre la suite n’est pas à la hauteur : un pilier hyper picoteux (quasi qu’en artif’ ; ça fait peut-être une très belle dalle en 7 sup ou 8, mais je n’ai ni le niveau ni l’énergie suffisante pour apprécier…) »

Greg : L19. « En fait, on découvrira plus tard, de retour au camp, en consultant le topo original, que tout le pilier est en A0, mais notre topo à nous ne le précise pas. Chaque pas est un combat pour arriver au clou suivant. C’est interminable, abominable pour les doigts (c’est la 18ème longueur). Enfin, il arrive au relais. Je le rejoins en tirant au clou comme un goret.

J’enchaîne par une petite longueur de 6a : quinze mètres avec deux points seulement, mais ça va. »

18h00

On se retrouve enfin sur le dernier relais de l’Escalier Magique, après 17 heures de grimpe… un peu hagards. On n’en revient pas d’être là. On a réussi ! La nuit tombe.

Heureusement que Hery est venu à notre rencontre… il nous balance une corde statique et une poignée Jumar qui nous évite de chercher les points de la longueur de sortie (dernière longueur de Vazimba) qui passe dans des champs de cactus. Une heure plus tard, on s’effondre au sommet du Tsaranoro Be. On a grimpé 800 mètres en 18 heures. J’ai les larmes aux yeux.

Après une nouvelle heure de désescalade et un petit rappel, on installe notre bivouac de fortune dans la grotte où l’on avait dormi l’an dernier après Out Of Africa. On avale le sandwich apporté par Hery et on s’endort au bord du feu, à même le sol, dans nos couvertures de survie… ravis.


Hery, puis Marc Gamio lui-même nous apprendront ensuite que nous avons réalisé la PREMIERE de l’Escalier Magique. Bien sûr, nous n’avons pas enchaîné, mais l’objectif est atteint : sortir la voie d’une seule traite.

PS : Marc est retourné là-bas peu après notre départ pour équiper une longueur de sortie qui évite les cactus de Vazimba.

mercredi 25 juin 2014

La Montagne nous révèle

On n'obtient pas un Sommet. On le mérite.

La Montagne ne nous doit certainement pas la Cime. Il faut aller la chercher.

On ne cherche pas à vaincre les Monts. Car même si vous les vainquez régulièrement depuis un certain temps, un jour c'est l'un d'eux qui vous vaincra. Et ce jour-là, gare à Dame Nature. Car on ne la viole pas, on lui fait la cour. Et cela peut prendre du temps.

Non. Il ne faut pas considérer le Sommet comme un ennemi. Il n'a rien demandé, lui. Il est là depuis des milliers d'années, il ne vous attendait pas. C'est vous qui venez le troubler.

Le seul adversaire, c'est vous.

C'est contre vos muscles qu'il faut vous battre ; ce sont vos membres qu'il faut faire bouger encore un peu pour avancer de quelques pas. Eux, ils ne voulaient que rester sous la couette. C'est votre technique qu'il faut perfectionner de jour en jour et dans laquelle il faudra aller piocher le bon geste pour ce passage délicat. Et en dernier recours, c'est avec votre mental qu'il faudra batailler dur pour terminer.

Vous êtes le seul adversaire. Vous êtes celui qui l'avez voulu ; se battre contre une pente, contre le mauvais temps, contre la distance ; tout cela vous le saviez avant de partir. Et la Montagne vous le rappelle à chaque Sommet, quel qu'il soit.

Le Fluchthorn est clairement de ceux qui rappellent à l'ordre.

Une voie normale cotée Facile. Même pas un 4000. Un 3795 mètres pour être précis. Pas d'escalade, pas de rocher. Que de la neige qui recouvre les 2 glaciers à traverser. Des repères clairs et évidents pour naviguer sur la mer de blanc. Pas de sérac. Un seul passage exposé à d'éventuelles chutes de pierres. Des endroits crevassés relativement évidents à contourner. Rien d'alarmant. Une course d'initiation en somme...

Parfaite pour initier le beau-frère à la haute-montagne !

Sauf que...

Sauf que ce petit frère du Strahlhorn, de 400m son aîné, cache bien son jeu...



Ah ça, c'est sûr, on le voit bien depuis la Britannia Hütte, le point de départ de la voie normale. Il s'expose fièrement au milieu de sa vallée sans aucune trace de l'être humain ! Il paraît tout proche. Mais les distances sont trompeuses là-haut. Le blanc qui recouvre tout fait perdre toute notion de distance.

Et c'est bien à 7 km du refuge de pierre que la croix est plantée au sommet. 14 km aller-retour... Elle paraît toute petite cette traditionnelle croix sommitale vue du confort de notre cabane. Tu m'étonnes... Elle se trouve à 1100 mètres de dénivelé positif au-dessus de nous.

Il nous aura fallu 6 heures et 15 minutes rien que pour attendre le sommet. Et 3h pour revenir. 9h15 de course, au lieu des 6h classiquement annoncées.

Une course d'envergure dans le vent, la neige, le grésille et même la pluie !

Il aura fallu bien batailler avec nous-mêmes pour l'atteindre ce Sommet. Il nous a obligé à révéler qui nous sommes vraiment : du genre à abandonner ou à terminer ce pour quoi nous sommes venus. Et nous l'avons finalement atteint !



Le retour aura été douloureux également mais finalement sans encombre. Je peux maintenir dire que j'ai dormi sur un glacier... victime d'un relâchement un peu trop profond lors d'une pause (j'ai presque fait nuit blanche avant de partir alors j'ai une excuse).

A noter au passage, qu'après discussion au retour avec les autres cordées, qui allaient soit en direction du Fluchthorn soit en direction du Strahlhorn (dont une bifurquera d'ailleurs vers son petit frère), elles ont toutes souffert ce jour-là dans cette longue bavante ! Le mauvais temps n'a pas dû être étranger à l'affaire.

Fier et heureux en tout cas d'avoir emmener le beau-frère, qui s'est débrouillé comme un chef et n'a pas moufté malgré les pieds abîmés !


Le Fluchthorn est une très belle course de Haute-Montagne. Techniquement, elle ne pose aucun souci et déroule son parcours au-dessus de 2 glaciers (sur la première photo, le premier se trouve dans le creux derrière le premier plan) et au fond d'une vallée sans intervention humaine, si ce n'est le refuge et la trace des précédents alpinistes.

Il y a d'ailleurs des passages qui font véritablement ambiance montagne, magnifiques comme ici au centre de l'Allalingleschter derrière la moraine rocheuse principale :



Si vous avez la chance d'avoir une vue dégagée du sommet, ce qui était moyennement notre cas, vous aurez une jolie vision de la vallée de Saas-Fee, de la chaîne montagneuse qui court le long de la frontière italienne, ainsi que sur le plateau nord italien et sur une partie du Mont Rose (pour nous intégralement dans les nuages).

Je pensais le Fluchthorn bien plus court que le Strahlhorn, mais les courses sont finalement assez proches (il faudra quand même rajouter 3 km et 400m de dénivelé positif pour le grand frère).

Le refuge de la Britannia Hütte est très confortable, les gardiens accueillants et il est situé de telle façon que l'on puisse voir à 300° autour de lui, sur 3 vallons/vallées distincts.

Décidément, le Valais est une région bien sympathique.

Note pour l'année prochaine : pour emmener les parents là-haut, viser une distance plus courte...

jeudi 29 mai 2014

Echauffement

Pour la première fois depuis longtemps et sur l'initiative de mon compagnon de cordée habituel, nous avons pris un cours d'escalade proposé gratuitement par l'un des encadrants de notre club (au passage, initiative plutôt appréciable que je ne connaissais pas il y a encore 2 semaines ; gratuite pour tous les abonnés).

Soit parce que nous avons déjà un bon passif dans ce sport (humilité quand tu nous tiens), soit parce que la séance n'était pas axée sur nos points faibles, nous n'avons pas eu de révélations à proprement parler.

Cependant, (re)découvrir certains exercices simples mais qui paient sur le long terme fait du bien et conforte le format des entraînements que nous suivions naturellement, sans véritable réflexion ou construction.

L'échauffement (au pied des voies)

Tout comme les étirements en fin de séance, c'est LE point que tout le monde zappe systématiquement. Pourtant, correctement s'échauffer permet d'être à son optimum plus rapidement et surtout avec un risque de blessure moindre...

Pour le coup, je ne savais pas m'échauffer et ça a été l'apport le plus important de notre cours.

Il va être compliqué de décrire précisément les mouvements que nous avons fait mais voici un enchaînement intéressant :

  • commencer par le dos : étirements dans la hauteur, en se penchant sur les côtés, en allant chercher loin devant en gardant les jambes écartées mais droites, ...
  • poursuivre par l'échauffement des bras : imaginer aller chercher quelque chose de lourd devant soi et le ramener (l'idée étant de le faire en forçant sur les épaules et dans les poings, vous le sentirez vite quand vous le ferez bien), faire de grands moulinets (toujours lentement et en forçant légèrement)
  • puis les jambes : écarts facial et latéral, s'accroupir en courbant le dos puis en tendant une jambe loin devant pour garder l'équilibre sur un seul pied,
  • finir avec le cou, les poignets, ...
De manière générale, je crois avoir compris qu'il vaut mieux privilégier la puissance plutôt que la rapidité. Cela permet de mieux faire travailler les muscles... Mais n'oubliez pas que c'est un échauffement, il ne faut pas "forcer" (et il vaut donc mieux travailler à vide). Alternez les membres pour n'en oublier aucun.

Entre 5 et 10 min d'échauffement permettent de se sentir décontracté, de faire le vide dans sa tête et donc d'être concentré sur ce qui va suivre...

L'échauffement (en voie)

Votre corps est légèrement échauffé mais pas encore prêt à taper dans votre niveau max... Les 2 ou 3 premières voies vous permettront de l'amener à son optimum.

Pour le coup, je connaissais les exercices suivants, qui sont particulièrement intéressants et vous permettent de développer votre technique aisément et sans difficulté technique particulière...

Dans des voies "toutes prises" (le but étant de se concentrer sur une seule contrainte à la fois), faites les exercices suivants (séparément) :
  • grimper lentement, en effectuant chaque mouvement lentement, voire très lentement. Cela vous permet de vous concentrer sur le mouvement en cours, de travailler votre équilibre (un seul membre bouge à la fois !), d'optimiser votre pose de pied ou votre prise de main, ... et d'échauffer vos muscles ;-)
  • effectuer chaque mouvement en vous concentrant uniquement sur ce mouvement du début à la fin de l'exécution de celui-ci. En général, lorsque l'on grimpe, on enclenche un mouvement et on détourne ensuite sa réflexion directement sur le suivant. Cela permet d'économiser du temps dans les voies dures qui nécessitent un enchaînement rapide. Mais en faisant cela, on se détourne de l'optimisation parfaite du mouvement en cours. En s'exerçant sur un seul mouvement à la fois, on suit la main ou le pied du début à la fin ; on voit son pied se poser et on parfait sa technique de pose qui rentrera progressivement dans votre mémoire musculaire et deviendra un automatisme, bien plus efficace que jusqu'alors.

Une fois que vous avez effectué tous ces exercices, vous devez globalement être prêt pour aller enchaîner ce satané 7a qui vous résiste depuis 2 semaines...

A noter que depuis que nous pratiquons ces exercices (et davantage encore depuis ce cours), j'ai la nette impression en fin de séance d'être fatigué mais pas explosé... Les bras sont toujours là et donnent l'impression de pouvoir tenir encore quelques temps. Bien plus agréable que d'avoir les "culs de bouteille" et de ne même plus pouvoir retirer son huit...

Et n'oubliez pas les étirements en fin de séance, pour récupérer plus vite et faire plus de séances en une semaine...

mercredi 26 février 2014

Moments de Grâce

L'escalade est, comme beaucoup de sport qui se pratique majoritairement seul, avant tout une bataille contre soi-même. Une bataille physique, mais aussi et surtout une bataille mentale.

Contrairement au sport d'équipe où la faiblesse passagère de l'un sera noyée dans la masse (ou remplacée...), le moindre coup de mou s'y verra rapidement... Le crux de la voie en projet ne passera décidément pas. Même les voies un peu plus faciles qui s'enchaînent d'habitude rapidement sont de véritables forteresses imprenables...

Et inversement, pour une raison inexpliquée, parce que le contexte ou l'ambiance est là, c'est le contraire qui se produit. Un moment de grâce où tout passe ! Le petit graton tient dans un poing ferme et convaincu. La main vient enrouler une prise à la perfection. Le pied se pose avec précision, rapidité et délicatesse. Le blocage d'épaule permet même de relancer. Les voies dures s'enchaînent, parfois un ou deux niveaux au-dessus de votre cotation habituelle.

Ces moments là sont magiques. Même si au final la voie ne s'enchaîne pas, aucun mouvement ne pose problème ; l'enchaînement n'est plus qu'une affaire de physique et de continuité. On a l'impression que rien ne peut nous arrêter, qu'une autoroute est devant nous et que les difficultés s'aplanissent. On ressort de la salle avec les doigts qui tirent parce qu'ils ont bien travaillés, non pas parce que l'on a forcé. Et ça fait du bien au moral !

Même si ces moments sont passagers (et l'escalade est un sport où il faut se méfier de la chute...), ils nous montrent ce que l'on est capable de faire au meilleur de nous-même. Que la persévérance permettra de transformer ce premier essai, ce petit moment béni qu'un vasistas nous a laissé entrapercevoir. Ils nous donnent l'espoir et surtout l'envie, la certitude, la conviction que le niveau ne va cesser de grimper, que l'échelle des cotations n'est pas fermée.

Ah que ça fait du bien de grimper ! Que ça fait du bien d'aller retrouver son niveau petit à petit après une longue interruption ! Quand est-ce que les mains seront de nouveau couvertes de blanc ?

Ah, Grimper !

lundi 9 décembre 2013

Le plus mauvais assureur

On a tous croisé un assureur un peu "limite" dans sa sécurité. Certains d'entre nous ont croisé des assureurs qui ont fait de vraies fautes d'assurage. D'autres, malheureusement, en ont subi les conséquences...

Voici une vidéo qui apprend ou rappelle les mauvaises pratiques de l'assurage. Et non, définitivement, le Grigri n'est pas LA réponse aux assureurs débutants ! Les principaux gestes de l'assurage restent les mêmes et doivent être appris et maîtrisés !

Très bonne initiative en tout cas que cette vidéo à la portée de tous !


Le plus mauvais assureur du monde [FR] Mauvaises techniques d'assurage from Petzl-sport on Vimeo.

mercredi 4 septembre 2013

Chute de pierres... Chute de pier...

Il y a en a qui ont eu dû avoir chaud...


Découvert par Kairn.

mercredi 3 juillet 2013

Guides de Haute-Montagne, à la découverte du métier

Les guides de haute-montagne proposent une mini-série qui vous emmènent à la découverte de leur métier. Voici l'épisode 3, le "Sens du Métier" :


Toute la série peut se retrouver sur Viméo.

samedi 22 juin 2013

Localisation des "4000" des alpes !

Lors de notre récente escapade à Zermatt, nous nous sommes demandés comment étaient répartis les 82x4000m des alpes dans l'ensemble de l'arc alpin... et bien voici la réponse en image (trouvée ici) :


Nous étions donc situés dans le haut coeur des Alpes !

jeudi 30 mai 2013

Everest 1953 : photos de l'expedition

A l'occasion du 60ème anniversaire de la première ascension du toit du monde, Big Pictures publie une très jolie série, comme à son habitude, de photos sur l'expédition de 1953 qui mena Sir Edmund Hillary et Sherpa Tenzing Norgay au sommet de l'Everest, ainsi que sur les tentatives plus récentes de ceux qui souhaitent mettre leur piolet dans leurs traces.