mardi 24 novembre 2009

Prévenir les douleurs du cou lors de l'assurage

Je me fais ici le relais du site info-montagne.com.

Qui n'a jamais eu mal au cou à force d'assurer un grimpeur en prise depuis 20 minutes avec un passage délicat dans un dévers, 15 mètres pile à notre verticale, sans jamais pour autant faire quoi que ce soit pour y remédier, si ce n'est cesser de regarder ledit grimpeur ?

Le site kinescalade.com consacre un article aux cervicalgies et aux différentes façons de prévenir les douleurs et les lésions du cou, dont notamment une étonnante paire de lunettes, d'ores et déjà testée par nos déjà ultras connus rédacteurs de Pofroad.

Faites le test de la prévention proposée par kinescalade : ouvrir le thorax afin de modifier la position générale de la colonne vertébrale. Étonnant de simplicité et d'efficacité, même devant son PC.

Un autre petit truc très simple et pas cher : en tant qu'assureur, vous n'êtes pas fixés au sol. Il vous suffit parfois de faire quelques pas de côté pour modifier un peu votre position et vous soulager un peu le cou.

jeudi 12 novembre 2009

Fonte des glaciers : bien plus qu'une perte écologique

Inutile de le repréciser, ou même de le justifier ; il est de notoriété publique que les glaciers fondent, que les glaces reculent, que les montagnes perdent peu à peu leur blancheur qui n'est peut être pas si éternelle que cela...

Au-delà de priver les alpinistes d'un terrain de jeu convoité, cela a évidemment des incidences écologiques graves et le niveau des glaciers, étroitement surveillé, est notamment un indicateur sans faille du réchauffement climatique.

Mais au-delà des effets malheureusement bien connus de la fonte des glaces, il y en a de plus inattendus :

Au Kenya, il existe une montagne dont les neiges éternelles étaient si belles, que certains se prirent à croire que c'était la maison de Dieu. Mais suite au réchauffement climatique, les neiges ont commencé à fondre; la communauté ne s'est pas simplement mise à manquer d'eau; elle s'est mise à perdre la foi. La maison de Dieu fond: où est Dieu?
Citation tirée d'un article publié sur slate.fr

Au fond, qu'importe que les disparitions soient biologiques, géographiques ou culturelles. Elles restent définitives, et irréversibles. Pour certaines, il est déjà trop tard. Pour d'autres, on peut encore agir...

lundi 9 novembre 2009

Contrôlez vos longes Mammut Via Ferrata Y

Je me fais ici l'écho du site Info Montagne : Mammut a constaté que certaines de ses longes Via Ferrata Y pourraient avoir été mal assemblées, causant un risque pour l'utilisateur.

Dans un communiqué, Mammut demande à ses clients de faire un contrôle visuel très simple sur leur produit, permettant ainsi d'exclure tout risque.

vendredi 6 novembre 2009

Risque d'ouverture des baudriers (2)

Je vous en parlais récemment dans ce blog ; un grimpeur malchanceux s'est retrouvé avec une jambière de son baudrier totalement défaite. Après quelques tests, il a remarqué que le système de boucles auto-bloquantes pouvait s'ouvrir sous certaines conditions.

J'ai moi-même réalisé quelques tests sur des baudriers dont voici la liste (certains m'ont été confié par PitchOu, que je remercie au passage) :
  • Le Soleus d'Edelrid,
  • Le Focus de Mammut,
  • Le R320 d'Arc'Teryx,
  • Le Corax de Petzl (dans une version qui date de 2000, à peu près),
  • Le Focus SA de Black Diamond.
Pour chacun de ces baudriers, j'ai réalisé des mises en tensions/hors tensions successives et répétées de la sangle abdominale dans les 4 cas suivants :
  • Le baudrier à vide (sans être sur moi) et les sangles en dehors des élastiques de maintien,
  • Le baudrier à vide (sans être sur moi) et les sangles dans les élastiques de maintien,
  • Le baudrier sur moi et les sangles en dehors des élastiques de maintien,
  • Le baudrier sur moi et les sangles dans les élastiques de maintien.
Les conclusions sont plutôt rassurantes dans l'ensemble, bien que certaines surprises se soient révélées :
  • Le R320 de Arc'Teryx a ses bouts de sangles qui sont cousues vers l'intérieur du baudrier, ce qui peut venir faire appui sur la partie abdominale, et favoriser l'ouverture du système. C'est le seul baudrier sur lequel j'ai réussi à reproduire l'ouverture sans que le baudrier soit sur moi et sans que les sangles soient maintenues par les élastiques de maintien,
  • Le système de fermeture du Soleus est le seul sur lequel j'ai réussi à déserrer de façon significative la partie abdominale, mais sans que le système s'ouvre totalement, quand je portais le baudrier sans que les sangles soient passées dans les élastiques de maintien. La petite couture présente sur la sangle est systématiquement venu empêcher l'ouverture totale du système.
Dans aucun des différents tests que j'ai effectué, je n'aurai été mis en danger si j'avais été en pleine voie. Il s'avère cependant que passer les sangles dans les élastiques de maintien rend beaucoup plus difficile, pour ne pas dire impossible, le fait que les sangles commencent à se déserrer. Je ne peux donc que vous recommander d'opérer ce petit réglage.

De plus, et c'est assez évident, mais il est important de le signaler, si le baudrier est correctement serré dès le départ, le risque de relâchement de la sangle abdominale est infime, alors qu'il devient plus facile de provoquer le déserrement de la sangle si elle est un peu lâche au début du test et, ce, que le baudrier soit à vide ou sur le grimpeur.

Pensez donc à vérifier que votre baudrier soit correctement serré, et que les sangles soient correctement passées dans les élastiques de maintien. Cela évitera des incidents désagréables...

jeudi 5 novembre 2009

Quid d'un Brevet d'attestation à la pratique de l'escalade ?

J'en parlais récemment dans ce blog, un accident sérieux est survenu dernièrement dans une des salles de la région lilloise. Un nouvel incident, moins grave, mais tout aussi symptomatique, a de nouveau eu lieu en début de semaine : un jeune débutant, n'ayant pas correctement terminé son noeud avant de partir, s'est retrouvé en milieu de voie sans aucune sécurité. Heureusement, sa chute s'est simplement soldée par une visite des pompiers, des examens rapides et une grosse frayeur.

Néanmoins, ces deux incidents rapprochés reflètent pour moi un problème bien plus profond que la simple inattention de 2 grimpeurs, manque de vigilance dont nous pouvons tous être victimes un jour. On le voit tous les jours dans les salles et les associations, de nombreux pratiquants de l'escalade ne sont pas suffisamment formés et au courant des techniques de sécurité de base. Je ne vous parle pas de mettre en place un relais sportif sur dégaines à 150 mètres au-dessus du sol, je vous parle de simplement maîtriser l'encordement et l'assurage en moulinette.

Je suis moi-même encadrant au sein du CAF de Lille, et j'interviens régulièrement dans nos salles pour former les nouveaux arrivants et rappeler les consignes à ceux qui ont la mémoire courte. Ces rappels, nous devons les faire à chacun de nos encadrements, et pas seulement une fois de temps en temps.

Par déformation, je jette toujours un coup d'oeil dans les salles privées où j'évolue, et où chaque grimpeur est libre de pratiquer l'escalade, sans avoir à justifier d'une quelconque connaissance des techniques de sécurité. Plus régulièrement encore que dans notre club, j'y vois des noeuds qui ne sont pas correctement vérifiés, des assureurs qui discutent alors que leur grimpeur s'époumone à leur rappeler d'avaler les 5 mètres de mou, et plus souvent encore des grimpeurs qui, leurrés par l'apparente sécurité des systèmes auto-freinants, ne tiennent plus la corde, voire ont complètement oublié la gestuelle de l'assurage sur des systèmes plus classiques, comme le Huit ou le Reverso.

A ma connaissance, la législation française est ainsi faite que les salles privées ne sont pas obligées de vérifier les connaissances des grimpeurs évoluant entre leurs murs. Généralement, le grimpeur assume l'entière responsabilité en cas d'accident. Votre ticket d'entrée n'est ainsi qu'une location temporaire du mur et de ses prises, sans plus.

J'ai beau avoir tendance à reprocher aux salles de ne pas faire un tour de temps en temps parmi les grimpeurs pour vérifier leurs comportements, je ne vois pas comment elles peuvent avoir les moyens de vérifier chacun des pratiquants, ce qui implique notamment d'avoir un Brevet d'Etat présent en permanence. Il suffit de voir le nombre de grimpeurs évoluant dans une salle pour comprendre.

En Belgique, un système de brevet, que l'on peut comparer à notre Brevet de Sécurité Routière, a été mis en place : le Badge Safe Control. Chaque grimpeur doit passer un rapide examen afin de démontrer sa connaissance des techniques de sécurité de base, lui permettant d'évoluer sereinement dans une salle. Sans abonnement ou sans ce brevet, un grimpeur ne peut pas évoluer dans une salle privée. Ce n'est pas une assurance, ce n'est pas un diplôme, il s'agit simplement d'une attestation comme quoi le grimpeur sait s'assurer et assurer.

Son obtention est simple : 10 min d'examen gratuit par une personne qualifiée, aux heures de permanence de la salle en question.

Le dispositif est simple et permet, à mon sens, de limiter un grand nombre d'accidents impliquants des débutants. De plus, une personne non qualifiée peut facilement refuser l'entrée d'un grimpeur s'il ne dispose pas de ce brevet.

Bien sûr, cela impose d'avoir un diplômé d'état tenant des heures de permanence, diplômé qu'il faut payer. Mais combien coûte votre assurance de responsabilité civile ? Combien coûte l'intervention des pompiers ? Combien coûtent vos soins à l'hôpital et votre rééducation ? Combien coûtent les pompes funèbres ?

Certains diront qu'une telle mesure va à l'encontre de l'esprit de liberté sur lequel toute la philosophie de l'escalade est basé : "encore une loi vous empêchant de pratiquer le sport que vous aimez". Mais on ne vous parle ici que des salles privées, voire des associations, et n'allez pas me dire que vous retrouvez ce sentiment de liberté tant convoité, confiné entre 4 murs. Libre à ceux qui le souhaitent d'aller s'exploser les talons en falaise...

A quand un dispositif similaire en France ?

mercredi 4 novembre 2009

Au-Delà de Grenoble (actualisé)

La rumeur enfle, cours, se fait de plus en plus belle et prometteuse, et se concrétise : Rémi Tézier, réalisateur de son état, monte dans le Nord, la bobine d'Au-Delà des Cimes sous le bras, et nous la projette dans une salle du Kinepolis de Lomme, le jeudi 19 novembre à 20h30.

Co-organisé avec le CAF de Lille, 500 places seront disponibles pour cette unique représentation dans le Nord, et en présence du réalisateur himself, je vous prie ! Lille est ainsi l'une des rares villes hors de la région grenobloise à profiter d'une projection de ce film.

Une occasion en or à saisir à tout prix !

Si vous voulez un petit avant-goût de ce que certains ont qualifié de meilleur film sur la montagne, rendez-vous sur le site officiel.

mardi 3 novembre 2009

Les petits détails ont de grandes conséquences

Un nouvel accident sérieux est survenu il y a peu dans l'une des salles principales de la région lilloise : une chute d'environ 12 mètres qui se solde, classiquement, par une fracture des talons, un déplacement de la hanche, et probablement une colonne touchée.

L'accident nous touche d'autant plus que, sans en être proches, nous connaissons la personne concernée.

Je n'ai pas assisté à l'évènement, mais les différents échos que j'en ai concordent : le mousqueton de l'assureur, mal placé sur le pontet, n'a pas supporté la mise en tension provoquée par la grimpeuse, et s'est défait, sans que rien ne soit possible pour le retenir.

Je connais les personnes, et on ne peut pas dire qu'elles soient du genre à prendre des risques, au contraire. Ce genre d'inattention peut nous arriver à tous, débutants ou aguerris. L'occasion de rappeler une fois de plus sur ce blog, quelques règles élémentaires de sécurité, trop souvent bafouées :

Avant le départ :
  • L'assureur vérifie le noeud du grimpeur (bien fermé ? sur les 2 pontets ?),
  • Le grimpeur vérifie le système d'assurage de son assureur (corde bien en place ? mousqueton correctement placé et fermé ?),
  • Le grimpeur signale à son assureur qu'il part, l'assureur lui répond pour lui signifier qu'il a bien compris.
Pendant l'ascension :
  • L'assureur reste constamment concentré sur son grimpeur,
  • L'assureur ne discute pas avec son entourage,
  • L'assureur tient constamment la corde avec ses mains, y compris s'il utilise un système auto-freinant, aucun système auto-bloquant n'existant dans ce bas-monde.
A la descente :
  • L'assureur modère l'allure de la descente du grimpeur,
  • L'assureur fait particulièrement attention à l'arrivée au sol, et ne lâche jamais le grimpeur, même (et surtout) au raz du sol,
  • Le grimpeur et l'assureur vérifie que personne ne se trouve sous la ligne de descente du grimpeur.
Grimpeurs et assureurs, respectez ces quelques consignes. Elles sont simples, peu contraignantes et particulièrement efficaces. Supprimer vos automatismes.

Encadrants, inculquez et répétez constamment ces consignes. Elles sont trop souvent oubliées par ceux qui croient savoir.


Tous nos voeux de rétablissement à la blessée.

lundi 12 octobre 2009

Ouverture de voie (3)

Dans le cadre de la rentrée du CAF de Lille, nous avons décidé de démonter entièrement les prises de notre mur principal et de ré-ouvrir l'ensemble des voies, dont certaines existaient depuis sa création, quelques années auparavant. L'occasion pour moi de créer une série de billets expliquant comment ouvrir des voies tout en m'appuyant et présentant notre expérience de grande ampleur.

Dans les précédents billets de cette série, nous avons vu comment préparer le mur à recevoir les nouvelles voies et comment évoluer en sécurité pendant l'ouverture. Nous allons voir le plus important dans ce nouveau et dernier billet : comment poser les prises pour faire une voie digne de ce nom ?

Depuis la reprise récente de notre activité de club, la quasi-totalité du mur est désormais de nouveau disponible à nos grimpeurs. Seuls restent encore 2 ou 3 emplacements propices à l'ouverture de nouvelles voies. De manière générale, nous avons privilégié les voies faciles, pour débutants, que nous avons toujours en quantité au début de l'année. Le but étant alors de les initier rapidement à la sécurité tout en leur permettant de se faire plaisir. Mais nous avons quelques voies qui montent dans le 6b, et peut-être une ou deux 6c qui traînent...

Comment choisir le niveau de la voie à ouvrir ? Le style à lui donner ?

Se faire plaisir

Pour moi, il n'y a pas de secret : la première règle à suivre lorsque l'on fait du sport, c'est de se faire plaisir. L'ouverture des voies n'y échappe pas. Inutile de vous lancer dans une ouverture un jour où vous ne le sentez pas, où vous n'êtes pas motivés. Le plus important est de prendre du plaisir à ouvrir : faire des voies dans lesquelles on se sent bien, et que l'on va prendre plaisir à essayer ensuite, faire des mouvements qui nous sont agréables, utiliser des prises qui nous correspondent... En prenant du plaisir et avec quelques principes de base, le reste devrait aller comme sur des roulettes.

Commencer par du facile et du connu

L'erreur a ne pas faire est de vouloir effectuer une première ouverture absolument géniale : mettre au point le 8a que tout le monde va vous envier ! Commencez par du facile, ne serait-ce que pour apprivoiser le matériel et le travail en hauteur. Je ne dis pas de faire une échelle pour débutant, mais un petit 5, avec quelques mouvements que vous connaissez par coeur, et qu'il vous suffit de mettre les uns à la suite des autres.

Cela a un avantage : vous allez devoir observer, apprendre et répéter des mouvements que vous avez effectué ailleurs, des mouvements qui vous ont marqué. Le but est ainsi de se confectionner une librairie de mouvements que vous pourrez ressortir au moment d'ouvrir votre voie. Avant de mettre au point vos propres mouvements, commencez par créer des enchaînements de mouvements déjà "tout fait".

Une fois que vous aurez faits quelques voies, vous pourrez inventer plus facilement des mouvements intéressants, et posant un vrai problème.

Ouvrez à plusieurs ou faites essayer vos mouvements

L'ouverture doit rester un plaisir, voire une bonne partie de rigolade. Vous pouvez ainsi ouvrir une voie à plusieurs en même temps, ou faire essayer vos mouvements au fur et à mesure.

Evitez de dévoiler votre voie au dernier moment. C'est à ce moment là que vous vous rendrez compte que le premier mouvement n'est pas bon, et que sa modification peut impacter tout le reste de la voie.

Quelques éléments à garder en tête

Quelle que soit la voie que vous ouvrez, et à plus forte raison si vous ouvrez pour un club ou une école, il est important que vous gardiez en tête les différents éléments suivants :
  • Pensez aux petits, en particulier les élèves qui peuvent éventuellement utiliser le mur. Evitez les mouvements de trop grande amplitude. Préférez des gestes techniques un peu plus compliqués que des mouvements dynamiques, voir des jetés de psychopathes... Une bonne technique pour jugez de la bonne distance pour les petits est de voir si votre coude touche l'emplacement sur lequel vous souhaitez placer la prise. Ce sera parfois trop court, parfois pas...
  • Pensez aux grimpeurs en tête, ils ne sont pas là pour engager, et se prendre un plomb de 6m parce que vous n'avez pas pensé à faire passer votre voie par les plaquettes... Personnellement, j'essaye de mettre une prise qui tient bien au moment où ils sont supposés clipper, en particulier dans les voies destinées à apprendre la grimpe en tête. De même, une très bonne dernière prise n'est jamais désagréable. Quoi de plus frustrant que de ne pas arriver à clipper la corde au relais, après avoir enchaîner toute la voie ? Le but n'est pas de mettre un piège à ce moment précis...
  • Une fois que vous terminé votre voie, refaites le tour de toutes les prises afin de serrer correctement les vis. Et n'hésitez pas à refaire un tour après les premières répétitions. Il y en a toujours qui bougent un peu. Au fait, vous avez pensé à utiliser les bonnes vis pour les prises ?
Et voilà. C'est fini. Le but de cette série n'était pas de vous donner tous les petits trucs, chacun a d'ailleurs les siens, mais de vous mettre le pied à l'étrier. Faites-vous plaisir, faites attention à vous et aux autres en ouvrant, et profitez de la richesse et de la diversité des prises pour faire de votre mur un véritable casse-tête chinois !

vendredi 25 septembre 2009

Qui veut le programme de l'été 2010 ?

Et le voilà, ça y est ; le programme des prochaines vacances estivales est arrivé par la voie postale aujourd'hui même...

De la neige, du rocher, des vues magnifiques et de belles parties de rigolade avec les copains en perspective : le Topo de la Vanoise (1) me révèle désormais ses mystères...

Commandé sur TopoStation (2) pour confirmer la course de la Pointe du Dard, il me fait découvrir la Pointe de la Réchasse, à peine 6 mètres plus haut, et toujours pour les débutants. Deux jolies courses qui partent toutes les deux du même refuge, celui déjà connu du col de la Vanoise... Royal.

Mais d'autres courses mettent également l'eau à la bouche : la Petite Aiguille des Glaciers, la Pointe de l'Invernet ou encore les Vedettes du Ruitor, dans des difficultés légèrement supérieures, lorsque les techniques et les muscles seront rodés.

Quelques mois de trêve hivernale pour potasser les courses possibles, et mettre en place un petit itinéraire bien sympathique... Toujours partant les amis ?

(1) Le Topo de la Vanoise, Philippe Deslandes et James Merel
(2) 2 commandes à mon actif, livrées dans les mêmes délais qu'Amazon. Bonne pioche !

mercredi 23 septembre 2009

Risque d'ouverture des baudriers

Voici une discussion très intéressante sur les risques d'ouverture d'un baudrier, liés au système de boucles auto-bloquantes.

Le jeu de mises sous tension/hors tension successives sur ce type de fermeture pourrait entraîner l'ouverture complète de la sécurité. Il semble que cela soit arrivé à deux personnes dans des conditions assez similaires.

Bien que la probabilité que cela arrive soit faible, et que le danger est mineur si cela survient sur l'une des deux cuissardes (bien que parfaitement désagréable à vivre), la question prend un autre enjeu en ce qui concerne la ceinture abdominale...

L'un des moyens de sécuriser ce problème (tout du moins en partie), est de s'assurer que le mou supplémentaire de la sangle soit bien passé dans les élastiques (ou autre système suivant le baudrier) servant normalement à éviter que la sangle ne se balade un peu partout. Il faut bien entendu s'assurer de cette disposition pour chacune des sangles de votre baudrier préféré.

PitchOu, disposant de nombreux modèles de baudriers, avec des formes de boucles auto-bloquantes différentes, va faire quelques petits tests de son côté. Je vous tiendrais au courant dès que j'en sais plus.

Merci à PitchOu pour l'information.

mardi 22 septembre 2009

Ouverture de voie (2)

Dans le cadre de la rentrée du CAF de Lille, nous avons décidé de démonter entièrement les prises de notre mur principal et de ré-ouvrir l'ensemble des voies, dont certaines existaient depuis sa création, quelques années auparavant. L'occasion pour moi de créer une série de billets expliquant comment ouvrir des voies tout en m'appuyant et présentant notre expérience de grande ampleur.

Dans ce précédent billet, nous avons parlé du démontage et du nettoyage des prises. Nous allons maintenant voir la phase suivante : la sécurisation de vous-même et des autres.

A l'heure où j'écris ces quelques lignes, la grande majorité des prises de notre mur ont été replacée. Suffisamment, tout du moins, pour assurer la réouverture du club, sous la pression constante de nos chers adhérents, toujours très nombreux au début d'année. Cela fait évidemment plaisir de voir que l'escalade reste prisée par toutes les tranches d'âges, mais cela complique également notre travail d'ouvreur.

Comment travailler en sécurité pour nous et pour eux ? C'est que nous allons voir dans ce billet.

Ouvrir en dehors des heures d'ouverture
j'aime bien ce titre... ;-)

Dans le cas d'une association ou d'un club, je ne peux que vous conseiller d'ouvrir vos voies en dehors des heures d'ouvertures normales : vous ne monopoliserez pas les voies que des personnes souhaiteraient grimper, vous travaillerez dans le calme, sans la pression du temps qui passe et ne mettrez pas en danger les grimpeurs.

Attention cependant à ne pas vous retrouver seul dans la salle. Si vous avez le moindre problème, vous ne serez plus en mesure d'être aidé.

Dans le cas où vous ne pouvez pas, vous allez devoir prendre toutes les précautions possibles pour gêner le moins possibles et travailler sans mettre vos collègues en danger.

Signaler votre présence

Aussi stupide que cela puisse paraître en escalade, peu de personnes pense à regarder en l'air pendant qu'ils marchent au pied d'un mur, que ce soit lors de l'ouverture de voies ou non. Si si, lors de votre prochain voyage en SAE, regardez autour de vous, vous verrez. Il vous appartient donc de signaler votre présence dans les airs.

Le plus efficace est encore de placer des cônes visibles (cf. photo) afin de délimiter une zone couvrant le pied de votre voie, mais également la zone dans laquelle les prises et autres objets que vous ne manquerez pas de lâcher risquent de rebondir. Même une prise qui tombe droit a toujours une chance de rebondir et d'aller faucher les jambes de vos compatriotes...

N'hésitez pas à voir un peu large, d'autant plus s'il y a beaucoup de monde en bas. En faisant cela, vous allez cependant condamner plus de voies que celles sur lesquelles vous allez travailler. Préparez-vous donc à accueillir la furie de vos collègues.

Vous encorder

J'ai déjà observé de nombreuses façons différentes d'encordement possible pour ouvrir une voie. Chacune a ses avantages et inconvénients. Ce sera donc à vous de faire un choix parmi celles existantes, en fonction de vos préférences propres, et surtout du matériel dont vous disposez.

La plus simple reste encore de vous encorder classiquement : en moulinette. Cependant, je doute que votre assureur, après 4 heures d'ouverture, accepte de renouveler l'expérience.

Celle que je préfère consiste à fixer un brin de la corde aux deux premières plaquettes de la voie, à l'aide de mousquetons, et de vous auto-assurer au GriGri sur l'autre brin. Vous pouvez ainsi monter et descendre le long de la corde sans souci. A partir du moment où vous reliez la corde au mur, il faut toujours le faire sur deux points séparés. Attention cependant à ce que la sécurité de votre GriGri reste bien dégagée ! Des accidents sont arrivés alors que le sac de prises, fixé sur le même brin que le GriGri, glisse le long de la corde et vienne se mettre en butée, envoyant le grimpeur au sol aussi sec. Une sécurité consiste à faire un noeud de vache à quelques mètres du sol, vous arrêtant à temps, mais après un joli vol.

Une autre solution consiste à utiliser un Shunt directement sur les deux brins de la corde. Là encore, un noeud de vache bien placé vous évite de désagréables surprises.

Manipuler le matériel de façon adéquate

Une fois en l'air, le plus grand danger est de lâcher un élément (le tournevis ou une prise par exemple), et qu'il tombe sur une personne en-dessous.

Le tournevis peut généralement se fixer facilement à votre baudrier à l'aide d'une cordelette.

Vous pouvez utiliser une deuxième corde pour fixer votre sac de prises (avec un système d'assurage similaire à celui que vous utilisez pour vous-même).

Si jamais vous devez lâcher volontairement quelque chose, faites-le en imprimant volontairement un mouvement de rotation horizontale, de façon à ce que l'objet rebondisse un minimum sur le sol. Pensez néanmoins que lâcher une prise la fragilise, et risque de percer le tapis de sol.


Quelles que soient les solutions que vous choisissez, pensez que vous n'êtes pas seul sur le mur. N'hésitez à expliquer encore et encore ce que vous faites afin que l'on vous remarque. Si vous intéressez les autres grimpeurs à votre travail, il y a plus de chance pour qu'ils fassent attention.

Dans le prochain billet, nous verrons quelles sont les grandes lignes à suivre pour ouvrir une belle voie.

ligne2vie et ses auteurs ne sauraient être tenus pour responsables des incidents pouvant survenir suite à l'utilisation des techniques présentées sur ces pages. La lecture de ces modestes pages ne vous dispense pas de faire valider vos connaissances et votre formation par une personne qualifiée.

lundi 21 septembre 2009

Que la Montagne est belle !

"Que la Montagne est belle" est une opération créée par la FFCAM en 2005 pour rappeler son attachement à une pratique sportive respectueuse du patrimoine naturel et humain. Clubs et comités départementaux et régionaux se mobilisent chaque année en septembre, en organisant différentes manifestations : sorties à thème, expositions, conférences, jeux, opérations de nettoyage afin de faire découvrir leurs lieux de pratiques en montagne comme en plaine.
[Extrait de la présentation de l'opération, édité par le CAF]

Le CAF de Lille se devait de participer à cette opération en proposant un week-end à Freyr, composé d'une phase de sensibilisation au milieu montagnard, et bien entendu, de grimpe sur le réputé spot belge.

Vous pouvez vous inscrire auprès du CAF de Lille, durant notre permanence du jeudi de 20h à 22h ; soit en vous rendant sur place (42, rue Gantois, 59000 Lille) soit en téléphonant au 03.20.30.74.03.

Protégeons notre terrain de jeu !

jeudi 10 septembre 2009

L'Euphorie des Cimes

A travers les quelques pages d'un livre qui se lit facilement et rapidement, Anne-Laure Boch, Chirurgien de son état, mais également Philosophe et surtout Alpiniste à certaines réalisations marquantes, nous emmène sur un chemin moins dangereux mais tout aussi ardu, celui de la réflexion, en nous posant la question pourtant simple Pourquoi grimpons-nous ? Question simple en apparence, mais qui n'a jamais trouvé une autre réponse que "bah, j'aime bien..." ?

En revenant sur les qualités essentielles d'un Alpiniste, les réelles et celles perçues par le commun des mortels et en comparant cette activité avec celle de l'Escalade et surtout de la Randonnée, elle propose un ensemble d'éléments de réponse, dans lesquels vous serez libre de piocher pour composer ou vous rapprocher de votre propre vision de la Montagne.

L'Euphorie des Cimes nous éclaire ainsi un peu plus sur ce qui nous pousse réellement à chausser les crampons et à sortir dans le froid en quittant la chaude et sécurisante atmosphère du refuge... Il est cependant dommage que l'euphorie du titre, si prometteur et si proche de ce que je dois probablement rechercher personnellement, ne se retrouve pas autant dans le texte. Mais comment trouver sur du papier, ce que l'on ne trouve qu'à partir de l'endroit où les arbres cessent d'exister ?

mercredi 9 septembre 2009

Ouverture de voie (1)


Dans le cadre de la rentrée du CAF de Lille, nous avons décidé de démonter entièrement les prises de notre mur principal et de ré-ouvrir l'ensemble des voies, dont certaines existaient depuis sa création, quelques années auparavant. L'occasion pour moi de créer une série de billets expliquant comment ouvrir des voies tout en m'appuyant et présentant notre expérience de grande ampleur.

C'est le plus joli mur dont dispose le CAF de Lille, dans le cadre de son activité de club. C'est aussi le plus fréquenté. Ce qui complique considérablement la tâche des ouvreurs, déjà peu nombreux à être réellement actifs, afin d'opérer régulièrement et en toute sécurité (pour eux, et pour les grimpeurs). Nous avons donc décidé de profiter du contexte de la rentrée pour décaler l'ouverture de la salle d'une semaine et de nous retrouver tous les soirs dans la salle de François Coppée afin de ré-ouvrir l'ensemble du mur.

Qu'est-ce quoi qu'est qu'ouvrir une voie ?

En milieu naturel, ouvrir une voie c'est parcourir une partie de falaise (ou de montagne) qui n'a jamais été pratiquée auparavant. Lorsque vous ouvrez une voie en extérieur, vous êtes donc le premier, et vous bénéficiez généralement d'une bonne réputation, en particulier pour les voies difficiles ou engagées. Les répétiteurs sont ceux qui reproduisent l'itinéraire d'une voie qui a déjà été ouverte.

En Structure Artificielle d'Escalade (SAE), ouvrir une voie consiste à poser l'ensemble des prises qui constituera la voie. Toute comme en extérieur, vous aurez le droit de lui donner un nom et de proposer une cotation, qui sera, ou non, validée par les répétiteurs.

Le démontage du mur.

Le premier soir de la semaine de notre grande opération Ouverture, nous avions décidé de le dédier au démontage de la plus grande majorité des prises du mur. Cela devait nous permettre plusieurs choses :

  • Nettoyer l'ensemble des prises, dont certaines commençaient sérieusement à perdre de leur éclat,
  • Regrouper toutes les prises afin de former de nouveaux jeux pour faire des voies totalement différentes (tout au long de l'année, nous avions plutôt tendance à démonter une voie et la ré-ouvrir ailleurs avec un jeu de prises très peu modifié, ce qui ne favorise pas forcément la nouveauté),
  • Réorganiser totalement le mur, en remaniant les jeux de couleurs de façon à ce que le tout soit plus clair.

C'est donc avec une bonne humeur certaine que nous nous sommes tous retrouvés lundi, que nous avons échangé nos souvenirs de vacances et que nous nous sommes mis à la tâche : 5 grimpeurs ont passé près de 2 heures à démonter les prises, pendant que 5 autres personnes se relayaient pour les nettoyer.

Pour le démontage du mur, prévoyez de quoi vous assurer (cf. le billet suivant sur le sujet), un jeu de tournevis correspondant aux vis que vous allez retirer et un grand sac recueillant les prises. Assurez-vous bien que le sac soit suffisamment solide pour contenir toutes les prises. Veillez également à le vider régulièrement, à l'aide d'une personne restée en bas.

Note : si vous effectuez le démontage de l'ensemble d'un mur, assurez-vous de conserver suffisamment de voies faciles vous permettant de reposer les cordes en haut des voies (vous en aurez besoin plus tard pour ouvrir les voies). Dans certains cas, le mur est équipé de cordelettes qui permettent de placer les cordes sans avoir à grimper.

Le nettoyage des prises.

Là, Jean-Noël a fait toute la différence. Il nous a rejoint avec tout l'attirail du Nettoyeur :

  • 1 grande poubelle étanche,
  • 1 grand panier (type bac à linge) disposant d'ouvertures importantes et rentrant dans la poubelle,
  • Une bouteille d'acide,
  • 1 brosse à poils durs.

Le principe est simple : remplissez la grande poubelle avec de l'eau chaude (ce qui accélère le séchage) et un peu d'acide (je ne connais pas le dosage, mais il n'en faut pas beaucoup). Remplissez ensuite le panier de prises, et plongez-le dans la poubelle de façon à ce que toutes les prises plongent dans l'eau. Faites faire plusieurs tours au panier pour bien brasser les prises, puis sortez-le et rincez les prises afin que l'acide ne vous ronge pas les mains. Prise par prise, vérifiez qu'un petit brossage ne soit pas nécessaire pour terminer le nettoyage. Mettez les prises à sécher.

Certains produits spécifiquement dédiés au nettoyage de prises existent sur le marché : il supprime la magnésie ainsi que les traces de gomme. Je vous laisse chercher les fournisseurs sur le net.

Dans le prochain billet, nous verrons comment préparer l'ouverture d'une voie : prévenir les risques liés à l'ouverture, choisir ses prises, s'auto-assurer.

vendredi 4 septembre 2009

Premier article sur les Dossiers de ligne2vie


Grande nouvelle !

Depuis le temps que j'y réfléchis et que je ressasse le projet dans ma tête, ça y est : le premier article des Dossiers de ligne2vie vient d'être publié, ce qui lance officiellement par la même occasion cette nouvelle partie du site. Et ce n'est rien de moins qu'une vidéo d'apprentissage...

Vous pouvez désormais apprendre à vous encorder à l'aide d'un Double Huit. Simple mais efficace pour un début. Le travail du rappel ou du relais viendra plus tard, quand je maîtriserai la caméra et le montage vidéo.

Ne vous formalisez pas pour la forme du site : c'est moche, et ça le restera probablement. Je n'ai ni le temps ni l'envie de me replonger dans la mise en place d'une plateforme complète. La solution Google Sites est rapide et suffisamment efficace pour héberger un contenu auquel je préfère me consacrer : produire des vidéos claires et ayant un réel intérêt pour les grimpeurs de la toile.

Libre à vous de commenter et de proposer de nouveaux sujets d'articles et de vidéos !

lundi 24 août 2009

Qu'est-ce que l'alpinisme aujourd'hui ?

De tout temps, l'Homme a exploré, escaladé les vallées et les montagnes, par nécessité d'abord (pour se nourrir ou établir des itinéraires de commerces), par intérêt scientifique ensuite (cf. Horace-Bénédict de Saussure, instigateur des premières ascensions du Mont Blanc), et enfin par plaisir. La pratique de la Montagne a évolué dans le temps et continue d'évoluer encore aujourd'hui, d'autant plus avec la diversification des pratiques sportives possibles (ski de piste, ski de randonnées, canyoning, escalade, parapente...) ainsi qu'avec la facilitation de l'accès aux loisirs et aux vacances.

La Montagne se démocratise, pour le bien de tout un chacun, mais aussi pour le déclin de certains sommets, voire vallées.

A juste titre ou non, ces changements de comportement et de fréquentation inquiètent, questionnent et provoquent des débats. Certains voient dans ces modifications la perte de l'alpinisme classique (celui de l'Âge d'Or des années 50-60 où des grands noms tels que Gaston Rebuffat et Ricardo Cassin réalisaient de grands exploits), tandis que d'autres y voient l'avènement de l'alpinisme pour tous. Les enjeux économiques et écologiques, dans un sens comme dans l'autre, ne sont bien sûr pas exclus de ces débats, et pondèrent considérablement les motivations des professionnels.

Le site www.info-montagne.com rapporte l'organisation de l'un de ces débats par l'OPMA, qui souhaitent aborder le thème des évolutions récentes de l'alpinisme, et de la direction que les montagnards d'aujourd'hui souhaitent lui donner. Je vous recommande particulièrement la lecture de l'annonce de ce débat, qui illustre particulièrement les différents points de vue possibles.

Notez une fraction de définition de l'alpinisme que propose l'introduction de cette lettre : elle se pratique dans des "espaces où le prix à payer est celui de l'autonomie et du risque".

Quid de l'autonomie et du risque (et donc de l'alpinisme que nous connaissions il y a quelques années et qui survit peut-être encore aujourd'hui) si l'aseptisation de l'environnement, jusque-là cantonnée aux salles artificielles, gagne en altitude sous la pression économique ?

samedi 22 août 2009

La Montagne, ça vous gagne

Cela faisait longtemps que j'en rêvais : aller parcourir les cimes enneigées et voir le monde d'en-haut, sans le ronflement des moteurs Rolls-Royce de votre Jumbo Jet qui vous vrillent les tympans (ni même celui de votre voisin de rangée), chausser les crampons pour fouler la froide langue d'un glacier, marteler un mur de glace de la lame du piolet, savourer les douces effluves de nourriture qui viennent vous titiller les narines lorsque vous vous approchez du refuge, fourbu et harassé par une longue marche...

Pendant mes récents congés estivaux, j'ai donc allègrement profité de l'organisation de stages d'alpinisme encadrés par les bénévoles du Club Alpin Français. Membre et encadrant de ce club historique depuis maintenant plus de 2 ans, mes récentes formations dans le domaine de l'escalade m'autorisent à sauter la case Initiation, et je suis donc directement passé à l'étape Perfectionnement Alpinisme, dont le stage, plus court mais aussi plus dense, a pour objectif de vous rendre autonome en Montagne. Je n'avais pas la prétention de faire l'Everest dans la foulée, mais pouvoir partir sereinement avec des amis sur des courses faciles me semblait un objectif tout aussi raisonnable que motivant.

Un sac bien chargé (14 kg à la balance) sur le dos, me voici donc parti pour Aussois, camp de base du CAF Lille pour l'année 2009.

Le stage se découpait ainsi : 4 jours de différentes écoles et courses pour toucher un peu à tous les différents milieux que propose la Montagne, et ainsi nous faire découvrir les différentes techniques associées.

Les différents ateliers devaient se composer :
  • D'une École de Rocher, avec l'escalade d'une voie simple (dans le III) en accord avec les techniques propres à l'alpinisme : encordement avec anneaux de buste, progression en corde tendue, mise en place de protections directement sur le terrain,
  • D'une École de Neige, avec l'apprentissage des différentes techniques pour s'arrêter en cas de chute et de la mise en place de corps morts, afin de permettre le mouflage de votre compagnon de cordée en cas de besoin,
  • D'une École de Glace, avec l'apprivoisement des crampons et du piolet pour la progression, et le maniement des broches à glace, également dans l'optique de mise en place de mouflages.
Malheureusement, les différentes péripéties du stage nous ont empêché d'effectuer l'École de Neige. Un petit manque qui a déjà en partie été compensé par les longues discussions techniques du soir, autour du feu. En revanche, les deux autres écoles ont été particulièrement formatrices et seront à l'origine de nouveaux articles sur ligne2vie.

Le couronnement du stage devait être les deux courses prévues les deux derniers jours :
Comme je le disais, nous avons eu différents petits soucis pendant cette première course, sur lesquels je passerai outre. Ils ont cependant eu un impact certain, puisque seul le tiers de l'ascension de la Grande Glière a pu être effectué, et que l'École de Neige, prévue sur la route a été annulé. De plus, cette première course a littéralement réussi à me pomper toute mon énergie, transformant la randonnée glacière du lendemain en lente traversée du désert.

Je savais avant de commencer le stage que j'étais un peu juste physiquement : je pratique très régulièrement l'escalade, mais je ne marche et cours finalement que peu (voire pas) et je n'ai pas eu le temps de me préparer avant de partir en congés. Je savais donc que j'allais souffrir, et que le poids du sac jouerai un rôle déterminant dans ma perte. Je n'ai pas été déçu ! Mais le stage m'a cependant également permis de repousser mes limites : 2 fois 13 heures de courses en deux jours, avec un total de 25 km parcouru en terrain montagneux (chemin, glacier, moraine, ...), pour 1500 mètres de dénivelé positif et 2500 de négatif. Je ne sais toujours pas comment j'ai réussi à terminer sur mes jambes...

Néanmoins, ces petits désagréments ont permis de mettre en évidence quelques grands points importants, qu'il convient de préparer attentivement avant et pendant la course, notamment pour ceux qui débutent dans ce sport :
  • La formation : ne partez jamais en Montagne sans avoir eu une formation préalable, ou sans être accompagné d'un guide. Vous pouvez vous documenter sur pas mal de chose, via Internet ou certains livres, mais rien ne remplace le savoir des anciens et la mise en pratique, en sécurité,
  • Le poids de l'équipement : je ne suis pourtant pas un Monsieur Gadget, mais il faut bien le reconnaître, je vais me lancer dans une course à l'équipement le plus léger. Je vous conseillerai même de différer l'achat d'un matériel, afin d'économiser un peu plus d'argent de poche et de gagner ainsi quelques grammes, quitte à louer du matériel sur place pour pratiquer en attendant de disposer de tout le matériel requis. Chaque gramme compte et chaque élément de confort est un luxe à proscrire. N'achetez pas sur un coup de tête, et cela est aussi valable pour le matériel d'escalade,
  • La boisson : j'ai enfin compris l'intérêt du Camel Bag. Quand vous devez enlever vos anneaux de buste, vos sangles et votre sac pour enfin espérer accéder à votre bouteille d'eau, vous regardez d'un air envieux ceux qui se contentent de porter la pipette à leur bouche. Ce détail m'a probablement coûté très cher pendant les 13 heures de marche de la traversée des Dômes de la Vanoise. Attention cependant à contrôler votre niveau d'eau régulièrement,
  • L'alimentation : inutile de prendre de quoi manger grassement, c'est un poids excessif inutile. Personnellement, pendant l'effort, rien ne passe vraiment et, de plus, vous aurez peu le temps de faire de grandes pauses. Des barres de céréales, du pain, du fromage de montagne et un peu de jambon fumé seront donc vos meilleurs alliés.
Un premier stage donc, qui m'a permis de mettre un premier crampon dans le monde de la Haute Altitude, un monde exigeant, éprouvant mais qui offre également beaucoup. Un stage, certes un peu chaotique, mais qui aura eu l'avantage de mettre en évidence certains points de préparation importants et quelques faiblesses à corriger d'ici l'année prochaine.

La course de la Pointe du Dard, qui compose une partie de la traversée des Dômes de la Vanoise, me paraît donc une parfaite entrée en matière... Et cette fois-ci, sac allégé et préparation physique seront au rendez-vous !

jeudi 20 août 2009

Baisse de la TVA = Nouvelle formule

Cela fait maintenant bien plus de 12 mois que ligne2vie a pris son envol, et environ 1 an que ce blog vit réellement et vous fait découvrir l'univers de l'Escalade et des sports outdoor. En plus d'un léger relooking, je profite de ce contexte, couplé à celui de la baisse de la TVA, pour offrir à ligne2vie :
  • Un blog à la ligne éditoriale ciblée. J'ai créé ligne2vie pour vous partager ma vision de l'Escalade à travers les différentes expériences que je vivais quotidiennement, ou presque. Certains évènements de ma vie propre, sans rapport avec le milieu de la grimpe, sont parfois venus s'intercaler entre les dossiers techniques et les articles de présentation de matériel. Désormais, ces petits écarts ne seront plus ! ligne2vie reste cependant intimement lié à ma propre existence, et la ligne éditoriale du blog s'en trouvera forcément affectée. Mon entrée récente dans le monde de l'Alpinisme en est le parfait exemple...
  • Une partie Web destinée à herbéger ce qu'un blog ne peut pas : des articles techniques valables longtemps dans le temps, des cours sur les manipulations de cordes, des références vers d'autres sites, et bien d'autres choses... Le tout dans des formats aussi variés que ce le Web propose : textes, photos et même vidéos ! Cette nouvelle partie, plus longue à mettre en place que la nouvelle version du blog, verra le jour un peu plus tard, et pourra éventuellement être alimentée par d'autres que moi.
  • De nouvelles plateformes d'hébergement. Mon ami Damien avait jusqu'à présent réussi à supporter mon éternelle exigeance de performances, mais les nouvelles fonctionnalités requises par ces différents changements requièrent des plateformes plus complètes que ce que j'avais développé moi-même jusqu'à présent. J'ai donc craqué et cédé aux sirènes du monde Google : le blog passe sous Blogger, tandis que la partie Web sera hébergée sous Google Sites. Rien de professionnel derrière tout ça, ligne2vie restant animé sur mon temps personnel, mais disponibilité, gratuité et facilité de mise en place sont autant d'avantages indéniables de ces 2 solutions. Les anciens billets du blog seront peu à peu réintégrer dans la nouvelle mouture...
Après 1 an de vie, voici un tournant (que j'espère) sérieux pour ligne2vie. Puisse ces nouvelles dispositions convenir à mes lecteurs actuels et en attirer moult autres.

ligne2vie est mort. Vive ligne2vie !

vendredi 19 juin 2009

Grimper tout là-haut...

Il y a quelques jours, après un arrêt de la pratique escaladistique pendant près d'un mois (pour d'excellentes raisons au demeurant), je me trouvais assis sur un tapis, au pied d'un bloc, à regarder ce qui m'avait tant manqué et à écouter la conversation des autres :

L'inversée ! L'inversée qu'j'te dis ! La main gauche maintenant ...

Quelques bribes de discussion qui me semblaient être d'un autre monde :

... Je reviens de Grèce, Kalymnos est vrai superbe. Il y a un rocher de dingue là-bas, ça accroche comme pas possible. 4 jours de falaise d'affilé, c'est vraiment extraordinaire... Et puis le Soleil, ça change de la salle...

Là, assis, sur le tapis, un peu en retrait, après une si longue période d'abstinence, je me suis senti un peu comme un débutant, arrivant dans un monde inconnu, et je me suis dit : "Les grimpeurs font vraiment partie d'une élite."

Aussitôt, je me suis aperçu de l'absurdité et de la prétention de la chose. Une élite... Pourquoi les grimpeurs peuvent-ils bien être meilleurs et en quoi ?

En rien.

Pas plus que les hockeyeurs ou les chanteurs d'opérettes. Et pourtant, assis sur ce tapis, à contempler ce monde dont j'étais devenu un peu étranger tellement je m'en étais déconnecté, j'étais persuadé qu'il se cachait là quelque chose de fort, de suffisamment important à mes yeux pour que je puisse oser penser une telle chose... De quoi m'obséder et retourner la chose en tout sens pendant ces quelques jours...

Aucune notion de performance en réalité dans ce terme, aucune notion de supériorité ; en aucune façon... Au contraire, la salle, la falaise, et à plus forte raison la montagne, j'imagine, vous apprennent l'humilité.

Point d'élite donc.

Simplement un groupe, un univers à part (au-dessus des autres pourrait convenir si l'on n'en gardait que la métaphore de la hauteur ...), une bulle invisible qui englobe ceux qui ont souhaité y entrer et qui ont la chance d'y découvrir ce qu'ils y sont venu chercher : soi-même, avant tout. Une bulle qui n'est pas fermée et qui accueille tous les curieux. Car point de passeport d'entrée. Point de qualification avec un niveau minimal requis. Point de preuve à faire. Rien que le plaisir de grimper, l'amour du rocher et de l'effort, pour faire partie de cet univers.

Aucune élite donc.

Simplement un groupe de personnes, de toutes origines, de tous milieux, qui ont la chance, l'opportunité de voir ce que finalement peu de personnes ont la chance de voir : la vue du haut. De savourer la lente ascension vers le sommet de la voie. De comprendre que le plus haut point n'est que la cerise sur le gâteau, et que c'est la route qui y mène qui importe... car chaque prise vous en apprend un peu plus. Il suffit de savoir regarder et de se laisser envahir...

Aussi loin vous irez, si vous devez faire partie de ce groupe, de cet univers, vous y viendrez et vous y retournerez quoi qu'il arrive. Car au-delà du sport, c'est une véritable passion qui compose et soude cette secte. Et ses adeptes n'ont qu'une seule prêche : grimper.

Grimper tout là-haut...