lundi 24 août 2009

Qu'est-ce que l'alpinisme aujourd'hui ?

De tout temps, l'Homme a exploré, escaladé les vallées et les montagnes, par nécessité d'abord (pour se nourrir ou établir des itinéraires de commerces), par intérêt scientifique ensuite (cf. Horace-Bénédict de Saussure, instigateur des premières ascensions du Mont Blanc), et enfin par plaisir. La pratique de la Montagne a évolué dans le temps et continue d'évoluer encore aujourd'hui, d'autant plus avec la diversification des pratiques sportives possibles (ski de piste, ski de randonnées, canyoning, escalade, parapente...) ainsi qu'avec la facilitation de l'accès aux loisirs et aux vacances.

La Montagne se démocratise, pour le bien de tout un chacun, mais aussi pour le déclin de certains sommets, voire vallées.

A juste titre ou non, ces changements de comportement et de fréquentation inquiètent, questionnent et provoquent des débats. Certains voient dans ces modifications la perte de l'alpinisme classique (celui de l'Âge d'Or des années 50-60 où des grands noms tels que Gaston Rebuffat et Ricardo Cassin réalisaient de grands exploits), tandis que d'autres y voient l'avènement de l'alpinisme pour tous. Les enjeux économiques et écologiques, dans un sens comme dans l'autre, ne sont bien sûr pas exclus de ces débats, et pondèrent considérablement les motivations des professionnels.

Le site www.info-montagne.com rapporte l'organisation de l'un de ces débats par l'OPMA, qui souhaitent aborder le thème des évolutions récentes de l'alpinisme, et de la direction que les montagnards d'aujourd'hui souhaitent lui donner. Je vous recommande particulièrement la lecture de l'annonce de ce débat, qui illustre particulièrement les différents points de vue possibles.

Notez une fraction de définition de l'alpinisme que propose l'introduction de cette lettre : elle se pratique dans des "espaces où le prix à payer est celui de l'autonomie et du risque".

Quid de l'autonomie et du risque (et donc de l'alpinisme que nous connaissions il y a quelques années et qui survit peut-être encore aujourd'hui) si l'aseptisation de l'environnement, jusque-là cantonnée aux salles artificielles, gagne en altitude sous la pression économique ?

samedi 22 août 2009

La Montagne, ça vous gagne

Cela faisait longtemps que j'en rêvais : aller parcourir les cimes enneigées et voir le monde d'en-haut, sans le ronflement des moteurs Rolls-Royce de votre Jumbo Jet qui vous vrillent les tympans (ni même celui de votre voisin de rangée), chausser les crampons pour fouler la froide langue d'un glacier, marteler un mur de glace de la lame du piolet, savourer les douces effluves de nourriture qui viennent vous titiller les narines lorsque vous vous approchez du refuge, fourbu et harassé par une longue marche...

Pendant mes récents congés estivaux, j'ai donc allègrement profité de l'organisation de stages d'alpinisme encadrés par les bénévoles du Club Alpin Français. Membre et encadrant de ce club historique depuis maintenant plus de 2 ans, mes récentes formations dans le domaine de l'escalade m'autorisent à sauter la case Initiation, et je suis donc directement passé à l'étape Perfectionnement Alpinisme, dont le stage, plus court mais aussi plus dense, a pour objectif de vous rendre autonome en Montagne. Je n'avais pas la prétention de faire l'Everest dans la foulée, mais pouvoir partir sereinement avec des amis sur des courses faciles me semblait un objectif tout aussi raisonnable que motivant.

Un sac bien chargé (14 kg à la balance) sur le dos, me voici donc parti pour Aussois, camp de base du CAF Lille pour l'année 2009.

Le stage se découpait ainsi : 4 jours de différentes écoles et courses pour toucher un peu à tous les différents milieux que propose la Montagne, et ainsi nous faire découvrir les différentes techniques associées.

Les différents ateliers devaient se composer :
  • D'une École de Rocher, avec l'escalade d'une voie simple (dans le III) en accord avec les techniques propres à l'alpinisme : encordement avec anneaux de buste, progression en corde tendue, mise en place de protections directement sur le terrain,
  • D'une École de Neige, avec l'apprentissage des différentes techniques pour s'arrêter en cas de chute et de la mise en place de corps morts, afin de permettre le mouflage de votre compagnon de cordée en cas de besoin,
  • D'une École de Glace, avec l'apprivoisement des crampons et du piolet pour la progression, et le maniement des broches à glace, également dans l'optique de mise en place de mouflages.
Malheureusement, les différentes péripéties du stage nous ont empêché d'effectuer l'École de Neige. Un petit manque qui a déjà en partie été compensé par les longues discussions techniques du soir, autour du feu. En revanche, les deux autres écoles ont été particulièrement formatrices et seront à l'origine de nouveaux articles sur ligne2vie.

Le couronnement du stage devait être les deux courses prévues les deux derniers jours :
Comme je le disais, nous avons eu différents petits soucis pendant cette première course, sur lesquels je passerai outre. Ils ont cependant eu un impact certain, puisque seul le tiers de l'ascension de la Grande Glière a pu être effectué, et que l'École de Neige, prévue sur la route a été annulé. De plus, cette première course a littéralement réussi à me pomper toute mon énergie, transformant la randonnée glacière du lendemain en lente traversée du désert.

Je savais avant de commencer le stage que j'étais un peu juste physiquement : je pratique très régulièrement l'escalade, mais je ne marche et cours finalement que peu (voire pas) et je n'ai pas eu le temps de me préparer avant de partir en congés. Je savais donc que j'allais souffrir, et que le poids du sac jouerai un rôle déterminant dans ma perte. Je n'ai pas été déçu ! Mais le stage m'a cependant également permis de repousser mes limites : 2 fois 13 heures de courses en deux jours, avec un total de 25 km parcouru en terrain montagneux (chemin, glacier, moraine, ...), pour 1500 mètres de dénivelé positif et 2500 de négatif. Je ne sais toujours pas comment j'ai réussi à terminer sur mes jambes...

Néanmoins, ces petits désagréments ont permis de mettre en évidence quelques grands points importants, qu'il convient de préparer attentivement avant et pendant la course, notamment pour ceux qui débutent dans ce sport :
  • La formation : ne partez jamais en Montagne sans avoir eu une formation préalable, ou sans être accompagné d'un guide. Vous pouvez vous documenter sur pas mal de chose, via Internet ou certains livres, mais rien ne remplace le savoir des anciens et la mise en pratique, en sécurité,
  • Le poids de l'équipement : je ne suis pourtant pas un Monsieur Gadget, mais il faut bien le reconnaître, je vais me lancer dans une course à l'équipement le plus léger. Je vous conseillerai même de différer l'achat d'un matériel, afin d'économiser un peu plus d'argent de poche et de gagner ainsi quelques grammes, quitte à louer du matériel sur place pour pratiquer en attendant de disposer de tout le matériel requis. Chaque gramme compte et chaque élément de confort est un luxe à proscrire. N'achetez pas sur un coup de tête, et cela est aussi valable pour le matériel d'escalade,
  • La boisson : j'ai enfin compris l'intérêt du Camel Bag. Quand vous devez enlever vos anneaux de buste, vos sangles et votre sac pour enfin espérer accéder à votre bouteille d'eau, vous regardez d'un air envieux ceux qui se contentent de porter la pipette à leur bouche. Ce détail m'a probablement coûté très cher pendant les 13 heures de marche de la traversée des Dômes de la Vanoise. Attention cependant à contrôler votre niveau d'eau régulièrement,
  • L'alimentation : inutile de prendre de quoi manger grassement, c'est un poids excessif inutile. Personnellement, pendant l'effort, rien ne passe vraiment et, de plus, vous aurez peu le temps de faire de grandes pauses. Des barres de céréales, du pain, du fromage de montagne et un peu de jambon fumé seront donc vos meilleurs alliés.
Un premier stage donc, qui m'a permis de mettre un premier crampon dans le monde de la Haute Altitude, un monde exigeant, éprouvant mais qui offre également beaucoup. Un stage, certes un peu chaotique, mais qui aura eu l'avantage de mettre en évidence certains points de préparation importants et quelques faiblesses à corriger d'ici l'année prochaine.

La course de la Pointe du Dard, qui compose une partie de la traversée des Dômes de la Vanoise, me paraît donc une parfaite entrée en matière... Et cette fois-ci, sac allégé et préparation physique seront au rendez-vous !

jeudi 20 août 2009

Baisse de la TVA = Nouvelle formule

Cela fait maintenant bien plus de 12 mois que ligne2vie a pris son envol, et environ 1 an que ce blog vit réellement et vous fait découvrir l'univers de l'Escalade et des sports outdoor. En plus d'un léger relooking, je profite de ce contexte, couplé à celui de la baisse de la TVA, pour offrir à ligne2vie :
  • Un blog à la ligne éditoriale ciblée. J'ai créé ligne2vie pour vous partager ma vision de l'Escalade à travers les différentes expériences que je vivais quotidiennement, ou presque. Certains évènements de ma vie propre, sans rapport avec le milieu de la grimpe, sont parfois venus s'intercaler entre les dossiers techniques et les articles de présentation de matériel. Désormais, ces petits écarts ne seront plus ! ligne2vie reste cependant intimement lié à ma propre existence, et la ligne éditoriale du blog s'en trouvera forcément affectée. Mon entrée récente dans le monde de l'Alpinisme en est le parfait exemple...
  • Une partie Web destinée à herbéger ce qu'un blog ne peut pas : des articles techniques valables longtemps dans le temps, des cours sur les manipulations de cordes, des références vers d'autres sites, et bien d'autres choses... Le tout dans des formats aussi variés que ce le Web propose : textes, photos et même vidéos ! Cette nouvelle partie, plus longue à mettre en place que la nouvelle version du blog, verra le jour un peu plus tard, et pourra éventuellement être alimentée par d'autres que moi.
  • De nouvelles plateformes d'hébergement. Mon ami Damien avait jusqu'à présent réussi à supporter mon éternelle exigeance de performances, mais les nouvelles fonctionnalités requises par ces différents changements requièrent des plateformes plus complètes que ce que j'avais développé moi-même jusqu'à présent. J'ai donc craqué et cédé aux sirènes du monde Google : le blog passe sous Blogger, tandis que la partie Web sera hébergée sous Google Sites. Rien de professionnel derrière tout ça, ligne2vie restant animé sur mon temps personnel, mais disponibilité, gratuité et facilité de mise en place sont autant d'avantages indéniables de ces 2 solutions. Les anciens billets du blog seront peu à peu réintégrer dans la nouvelle mouture...
Après 1 an de vie, voici un tournant (que j'espère) sérieux pour ligne2vie. Puisse ces nouvelles dispositions convenir à mes lecteurs actuels et en attirer moult autres.

ligne2vie est mort. Vive ligne2vie !