mardi 22 septembre 2009

Ouverture de voie (2)

Dans le cadre de la rentrée du CAF de Lille, nous avons décidé de démonter entièrement les prises de notre mur principal et de ré-ouvrir l'ensemble des voies, dont certaines existaient depuis sa création, quelques années auparavant. L'occasion pour moi de créer une série de billets expliquant comment ouvrir des voies tout en m'appuyant et présentant notre expérience de grande ampleur.

Dans ce précédent billet, nous avons parlé du démontage et du nettoyage des prises. Nous allons maintenant voir la phase suivante : la sécurisation de vous-même et des autres.

A l'heure où j'écris ces quelques lignes, la grande majorité des prises de notre mur ont été replacée. Suffisamment, tout du moins, pour assurer la réouverture du club, sous la pression constante de nos chers adhérents, toujours très nombreux au début d'année. Cela fait évidemment plaisir de voir que l'escalade reste prisée par toutes les tranches d'âges, mais cela complique également notre travail d'ouvreur.

Comment travailler en sécurité pour nous et pour eux ? C'est que nous allons voir dans ce billet.

Ouvrir en dehors des heures d'ouverture
j'aime bien ce titre... ;-)

Dans le cas d'une association ou d'un club, je ne peux que vous conseiller d'ouvrir vos voies en dehors des heures d'ouvertures normales : vous ne monopoliserez pas les voies que des personnes souhaiteraient grimper, vous travaillerez dans le calme, sans la pression du temps qui passe et ne mettrez pas en danger les grimpeurs.

Attention cependant à ne pas vous retrouver seul dans la salle. Si vous avez le moindre problème, vous ne serez plus en mesure d'être aidé.

Dans le cas où vous ne pouvez pas, vous allez devoir prendre toutes les précautions possibles pour gêner le moins possibles et travailler sans mettre vos collègues en danger.

Signaler votre présence

Aussi stupide que cela puisse paraître en escalade, peu de personnes pense à regarder en l'air pendant qu'ils marchent au pied d'un mur, que ce soit lors de l'ouverture de voies ou non. Si si, lors de votre prochain voyage en SAE, regardez autour de vous, vous verrez. Il vous appartient donc de signaler votre présence dans les airs.

Le plus efficace est encore de placer des cônes visibles (cf. photo) afin de délimiter une zone couvrant le pied de votre voie, mais également la zone dans laquelle les prises et autres objets que vous ne manquerez pas de lâcher risquent de rebondir. Même une prise qui tombe droit a toujours une chance de rebondir et d'aller faucher les jambes de vos compatriotes...

N'hésitez pas à voir un peu large, d'autant plus s'il y a beaucoup de monde en bas. En faisant cela, vous allez cependant condamner plus de voies que celles sur lesquelles vous allez travailler. Préparez-vous donc à accueillir la furie de vos collègues.

Vous encorder

J'ai déjà observé de nombreuses façons différentes d'encordement possible pour ouvrir une voie. Chacune a ses avantages et inconvénients. Ce sera donc à vous de faire un choix parmi celles existantes, en fonction de vos préférences propres, et surtout du matériel dont vous disposez.

La plus simple reste encore de vous encorder classiquement : en moulinette. Cependant, je doute que votre assureur, après 4 heures d'ouverture, accepte de renouveler l'expérience.

Celle que je préfère consiste à fixer un brin de la corde aux deux premières plaquettes de la voie, à l'aide de mousquetons, et de vous auto-assurer au GriGri sur l'autre brin. Vous pouvez ainsi monter et descendre le long de la corde sans souci. A partir du moment où vous reliez la corde au mur, il faut toujours le faire sur deux points séparés. Attention cependant à ce que la sécurité de votre GriGri reste bien dégagée ! Des accidents sont arrivés alors que le sac de prises, fixé sur le même brin que le GriGri, glisse le long de la corde et vienne se mettre en butée, envoyant le grimpeur au sol aussi sec. Une sécurité consiste à faire un noeud de vache à quelques mètres du sol, vous arrêtant à temps, mais après un joli vol.

Une autre solution consiste à utiliser un Shunt directement sur les deux brins de la corde. Là encore, un noeud de vache bien placé vous évite de désagréables surprises.

Manipuler le matériel de façon adéquate

Une fois en l'air, le plus grand danger est de lâcher un élément (le tournevis ou une prise par exemple), et qu'il tombe sur une personne en-dessous.

Le tournevis peut généralement se fixer facilement à votre baudrier à l'aide d'une cordelette.

Vous pouvez utiliser une deuxième corde pour fixer votre sac de prises (avec un système d'assurage similaire à celui que vous utilisez pour vous-même).

Si jamais vous devez lâcher volontairement quelque chose, faites-le en imprimant volontairement un mouvement de rotation horizontale, de façon à ce que l'objet rebondisse un minimum sur le sol. Pensez néanmoins que lâcher une prise la fragilise, et risque de percer le tapis de sol.


Quelles que soient les solutions que vous choisissez, pensez que vous n'êtes pas seul sur le mur. N'hésitez à expliquer encore et encore ce que vous faites afin que l'on vous remarque. Si vous intéressez les autres grimpeurs à votre travail, il y a plus de chance pour qu'ils fassent attention.

Dans le prochain billet, nous verrons quelles sont les grandes lignes à suivre pour ouvrir une belle voie.

ligne2vie et ses auteurs ne sauraient être tenus pour responsables des incidents pouvant survenir suite à l'utilisation des techniques présentées sur ces pages. La lecture de ces modestes pages ne vous dispense pas de faire valider vos connaissances et votre formation par une personne qualifiée.

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