mardi 24 novembre 2009

Prévenir les douleurs du cou lors de l'assurage

Je me fais ici le relais du site info-montagne.com.

Qui n'a jamais eu mal au cou à force d'assurer un grimpeur en prise depuis 20 minutes avec un passage délicat dans un dévers, 15 mètres pile à notre verticale, sans jamais pour autant faire quoi que ce soit pour y remédier, si ce n'est cesser de regarder ledit grimpeur ?

Le site kinescalade.com consacre un article aux cervicalgies et aux différentes façons de prévenir les douleurs et les lésions du cou, dont notamment une étonnante paire de lunettes, d'ores et déjà testée par nos déjà ultras connus rédacteurs de Pofroad.

Faites le test de la prévention proposée par kinescalade : ouvrir le thorax afin de modifier la position générale de la colonne vertébrale. Étonnant de simplicité et d'efficacité, même devant son PC.

Un autre petit truc très simple et pas cher : en tant qu'assureur, vous n'êtes pas fixés au sol. Il vous suffit parfois de faire quelques pas de côté pour modifier un peu votre position et vous soulager un peu le cou.

jeudi 12 novembre 2009

Fonte des glaciers : bien plus qu'une perte écologique

Inutile de le repréciser, ou même de le justifier ; il est de notoriété publique que les glaciers fondent, que les glaces reculent, que les montagnes perdent peu à peu leur blancheur qui n'est peut être pas si éternelle que cela...

Au-delà de priver les alpinistes d'un terrain de jeu convoité, cela a évidemment des incidences écologiques graves et le niveau des glaciers, étroitement surveillé, est notamment un indicateur sans faille du réchauffement climatique.

Mais au-delà des effets malheureusement bien connus de la fonte des glaces, il y en a de plus inattendus :

Au Kenya, il existe une montagne dont les neiges éternelles étaient si belles, que certains se prirent à croire que c'était la maison de Dieu. Mais suite au réchauffement climatique, les neiges ont commencé à fondre; la communauté ne s'est pas simplement mise à manquer d'eau; elle s'est mise à perdre la foi. La maison de Dieu fond: où est Dieu?
Citation tirée d'un article publié sur slate.fr

Au fond, qu'importe que les disparitions soient biologiques, géographiques ou culturelles. Elles restent définitives, et irréversibles. Pour certaines, il est déjà trop tard. Pour d'autres, on peut encore agir...

lundi 9 novembre 2009

Contrôlez vos longes Mammut Via Ferrata Y

Je me fais ici l'écho du site Info Montagne : Mammut a constaté que certaines de ses longes Via Ferrata Y pourraient avoir été mal assemblées, causant un risque pour l'utilisateur.

Dans un communiqué, Mammut demande à ses clients de faire un contrôle visuel très simple sur leur produit, permettant ainsi d'exclure tout risque.

vendredi 6 novembre 2009

Risque d'ouverture des baudriers (2)

Je vous en parlais récemment dans ce blog ; un grimpeur malchanceux s'est retrouvé avec une jambière de son baudrier totalement défaite. Après quelques tests, il a remarqué que le système de boucles auto-bloquantes pouvait s'ouvrir sous certaines conditions.

J'ai moi-même réalisé quelques tests sur des baudriers dont voici la liste (certains m'ont été confié par PitchOu, que je remercie au passage) :
  • Le Soleus d'Edelrid,
  • Le Focus de Mammut,
  • Le R320 d'Arc'Teryx,
  • Le Corax de Petzl (dans une version qui date de 2000, à peu près),
  • Le Focus SA de Black Diamond.
Pour chacun de ces baudriers, j'ai réalisé des mises en tensions/hors tensions successives et répétées de la sangle abdominale dans les 4 cas suivants :
  • Le baudrier à vide (sans être sur moi) et les sangles en dehors des élastiques de maintien,
  • Le baudrier à vide (sans être sur moi) et les sangles dans les élastiques de maintien,
  • Le baudrier sur moi et les sangles en dehors des élastiques de maintien,
  • Le baudrier sur moi et les sangles dans les élastiques de maintien.
Les conclusions sont plutôt rassurantes dans l'ensemble, bien que certaines surprises se soient révélées :
  • Le R320 de Arc'Teryx a ses bouts de sangles qui sont cousues vers l'intérieur du baudrier, ce qui peut venir faire appui sur la partie abdominale, et favoriser l'ouverture du système. C'est le seul baudrier sur lequel j'ai réussi à reproduire l'ouverture sans que le baudrier soit sur moi et sans que les sangles soient maintenues par les élastiques de maintien,
  • Le système de fermeture du Soleus est le seul sur lequel j'ai réussi à déserrer de façon significative la partie abdominale, mais sans que le système s'ouvre totalement, quand je portais le baudrier sans que les sangles soient passées dans les élastiques de maintien. La petite couture présente sur la sangle est systématiquement venu empêcher l'ouverture totale du système.
Dans aucun des différents tests que j'ai effectué, je n'aurai été mis en danger si j'avais été en pleine voie. Il s'avère cependant que passer les sangles dans les élastiques de maintien rend beaucoup plus difficile, pour ne pas dire impossible, le fait que les sangles commencent à se déserrer. Je ne peux donc que vous recommander d'opérer ce petit réglage.

De plus, et c'est assez évident, mais il est important de le signaler, si le baudrier est correctement serré dès le départ, le risque de relâchement de la sangle abdominale est infime, alors qu'il devient plus facile de provoquer le déserrement de la sangle si elle est un peu lâche au début du test et, ce, que le baudrier soit à vide ou sur le grimpeur.

Pensez donc à vérifier que votre baudrier soit correctement serré, et que les sangles soient correctement passées dans les élastiques de maintien. Cela évitera des incidents désagréables...

jeudi 5 novembre 2009

Quid d'un Brevet d'attestation à la pratique de l'escalade ?

J'en parlais récemment dans ce blog, un accident sérieux est survenu dernièrement dans une des salles de la région lilloise. Un nouvel incident, moins grave, mais tout aussi symptomatique, a de nouveau eu lieu en début de semaine : un jeune débutant, n'ayant pas correctement terminé son noeud avant de partir, s'est retrouvé en milieu de voie sans aucune sécurité. Heureusement, sa chute s'est simplement soldée par une visite des pompiers, des examens rapides et une grosse frayeur.

Néanmoins, ces deux incidents rapprochés reflètent pour moi un problème bien plus profond que la simple inattention de 2 grimpeurs, manque de vigilance dont nous pouvons tous être victimes un jour. On le voit tous les jours dans les salles et les associations, de nombreux pratiquants de l'escalade ne sont pas suffisamment formés et au courant des techniques de sécurité de base. Je ne vous parle pas de mettre en place un relais sportif sur dégaines à 150 mètres au-dessus du sol, je vous parle de simplement maîtriser l'encordement et l'assurage en moulinette.

Je suis moi-même encadrant au sein du CAF de Lille, et j'interviens régulièrement dans nos salles pour former les nouveaux arrivants et rappeler les consignes à ceux qui ont la mémoire courte. Ces rappels, nous devons les faire à chacun de nos encadrements, et pas seulement une fois de temps en temps.

Par déformation, je jette toujours un coup d'oeil dans les salles privées où j'évolue, et où chaque grimpeur est libre de pratiquer l'escalade, sans avoir à justifier d'une quelconque connaissance des techniques de sécurité. Plus régulièrement encore que dans notre club, j'y vois des noeuds qui ne sont pas correctement vérifiés, des assureurs qui discutent alors que leur grimpeur s'époumone à leur rappeler d'avaler les 5 mètres de mou, et plus souvent encore des grimpeurs qui, leurrés par l'apparente sécurité des systèmes auto-freinants, ne tiennent plus la corde, voire ont complètement oublié la gestuelle de l'assurage sur des systèmes plus classiques, comme le Huit ou le Reverso.

A ma connaissance, la législation française est ainsi faite que les salles privées ne sont pas obligées de vérifier les connaissances des grimpeurs évoluant entre leurs murs. Généralement, le grimpeur assume l'entière responsabilité en cas d'accident. Votre ticket d'entrée n'est ainsi qu'une location temporaire du mur et de ses prises, sans plus.

J'ai beau avoir tendance à reprocher aux salles de ne pas faire un tour de temps en temps parmi les grimpeurs pour vérifier leurs comportements, je ne vois pas comment elles peuvent avoir les moyens de vérifier chacun des pratiquants, ce qui implique notamment d'avoir un Brevet d'Etat présent en permanence. Il suffit de voir le nombre de grimpeurs évoluant dans une salle pour comprendre.

En Belgique, un système de brevet, que l'on peut comparer à notre Brevet de Sécurité Routière, a été mis en place : le Badge Safe Control. Chaque grimpeur doit passer un rapide examen afin de démontrer sa connaissance des techniques de sécurité de base, lui permettant d'évoluer sereinement dans une salle. Sans abonnement ou sans ce brevet, un grimpeur ne peut pas évoluer dans une salle privée. Ce n'est pas une assurance, ce n'est pas un diplôme, il s'agit simplement d'une attestation comme quoi le grimpeur sait s'assurer et assurer.

Son obtention est simple : 10 min d'examen gratuit par une personne qualifiée, aux heures de permanence de la salle en question.

Le dispositif est simple et permet, à mon sens, de limiter un grand nombre d'accidents impliquants des débutants. De plus, une personne non qualifiée peut facilement refuser l'entrée d'un grimpeur s'il ne dispose pas de ce brevet.

Bien sûr, cela impose d'avoir un diplômé d'état tenant des heures de permanence, diplômé qu'il faut payer. Mais combien coûte votre assurance de responsabilité civile ? Combien coûte l'intervention des pompiers ? Combien coûtent vos soins à l'hôpital et votre rééducation ? Combien coûtent les pompes funèbres ?

Certains diront qu'une telle mesure va à l'encontre de l'esprit de liberté sur lequel toute la philosophie de l'escalade est basé : "encore une loi vous empêchant de pratiquer le sport que vous aimez". Mais on ne vous parle ici que des salles privées, voire des associations, et n'allez pas me dire que vous retrouvez ce sentiment de liberté tant convoité, confiné entre 4 murs. Libre à ceux qui le souhaitent d'aller s'exploser les talons en falaise...

A quand un dispositif similaire en France ?

mercredi 4 novembre 2009

Au-Delà de Grenoble (actualisé)

La rumeur enfle, cours, se fait de plus en plus belle et prometteuse, et se concrétise : Rémi Tézier, réalisateur de son état, monte dans le Nord, la bobine d'Au-Delà des Cimes sous le bras, et nous la projette dans une salle du Kinepolis de Lomme, le jeudi 19 novembre à 20h30.

Co-organisé avec le CAF de Lille, 500 places seront disponibles pour cette unique représentation dans le Nord, et en présence du réalisateur himself, je vous prie ! Lille est ainsi l'une des rares villes hors de la région grenobloise à profiter d'une projection de ce film.

Une occasion en or à saisir à tout prix !

Si vous voulez un petit avant-goût de ce que certains ont qualifié de meilleur film sur la montagne, rendez-vous sur le site officiel.

mardi 3 novembre 2009

Les petits détails ont de grandes conséquences

Un nouvel accident sérieux est survenu il y a peu dans l'une des salles principales de la région lilloise : une chute d'environ 12 mètres qui se solde, classiquement, par une fracture des talons, un déplacement de la hanche, et probablement une colonne touchée.

L'accident nous touche d'autant plus que, sans en être proches, nous connaissons la personne concernée.

Je n'ai pas assisté à l'évènement, mais les différents échos que j'en ai concordent : le mousqueton de l'assureur, mal placé sur le pontet, n'a pas supporté la mise en tension provoquée par la grimpeuse, et s'est défait, sans que rien ne soit possible pour le retenir.

Je connais les personnes, et on ne peut pas dire qu'elles soient du genre à prendre des risques, au contraire. Ce genre d'inattention peut nous arriver à tous, débutants ou aguerris. L'occasion de rappeler une fois de plus sur ce blog, quelques règles élémentaires de sécurité, trop souvent bafouées :

Avant le départ :
  • L'assureur vérifie le noeud du grimpeur (bien fermé ? sur les 2 pontets ?),
  • Le grimpeur vérifie le système d'assurage de son assureur (corde bien en place ? mousqueton correctement placé et fermé ?),
  • Le grimpeur signale à son assureur qu'il part, l'assureur lui répond pour lui signifier qu'il a bien compris.
Pendant l'ascension :
  • L'assureur reste constamment concentré sur son grimpeur,
  • L'assureur ne discute pas avec son entourage,
  • L'assureur tient constamment la corde avec ses mains, y compris s'il utilise un système auto-freinant, aucun système auto-bloquant n'existant dans ce bas-monde.
A la descente :
  • L'assureur modère l'allure de la descente du grimpeur,
  • L'assureur fait particulièrement attention à l'arrivée au sol, et ne lâche jamais le grimpeur, même (et surtout) au raz du sol,
  • Le grimpeur et l'assureur vérifie que personne ne se trouve sous la ligne de descente du grimpeur.
Grimpeurs et assureurs, respectez ces quelques consignes. Elles sont simples, peu contraignantes et particulièrement efficaces. Supprimer vos automatismes.

Encadrants, inculquez et répétez constamment ces consignes. Elles sont trop souvent oubliées par ceux qui croient savoir.


Tous nos voeux de rétablissement à la blessée.