vendredi 31 décembre 2010

Cascades ? En veux-tu, en voilà

L'hiver est décidément bien installé sur l'Hexagone. Depuis la mi-décembre, le nombre de mises à jour du site Ice Fall est impressionnant, d'autant plus que les sorties sont quotidiennes. Elles sont si nombreuses (mais je n'ai pas d'éléments de comparaison, j'ai découvert le site récemment) qu'il semble que, du jour au lendemain, toutes les cascades de glace aient été en condition.

Pour ceux qui s'intéressent à la Cascade de Glace, cliquez ici pour voir les mises à jour du site.

lundi 27 décembre 2010

Echappées Belles

Dans son livre "Echappées Belles", aux éditions Hoëbeke, Charlie Buffet nous emmène dans une réflexion sur les risques et les valeurs de l'alpinisme de haut niveau, à travers les récits de 15 accidents de montagne, à l'issue plus ou moins tragique. Tous ces évènements ont touché des sommités de ce sport à part : Edward Whymper, Reinhold Messner, Patrick Berhault ou encore Catherine Destivelle. Tous sont revenus pour en témoigner et livrer leurs impressions sur le moment où leur vie a (failli) basculé. Tous ne sont plus là aujourd'hui pour continuer d'en parler...

La définition du terme "échappée belle" proposée par l'auteur dès l'avant-propos donne déjà à réfléchir sur notre relation à la vie : "L'échappée belle se situe dans l'espace entre la vie qui vacille et la vie retrouvée. Qu'il dure quelques secondes ou quelques jours, cet entre-deux ne ressemble pas à ce qu'on peut imaginer avec nos références d'en-bas."

Le récit et l'analyse de chacun de ces évènements, abordés tant du point de vue technique que psychologique, voire parfois mystique, sont prétextes à faire découvrir le milieu de l'alpinisme de très haut niveau, le mental d'acier et l'expérience que se sont forgés ces hommes et femmes qui ont consacré leur vie à l'ascension des sommets les plus hauts, les plus exposés et les plus lointains. Ce sont ces mental et expérience qui leur ont permis de se sortir de ces mauvais pas alors que, souvent, se sont un relâchement de la vigilance ou une erreur (toujours idiote) qui les y ont faits tombés. Les plus Grands sont soumis aux mêmes lois que le commun des mortels. A nous d'en tirer les bonnes conclusions...

Chacun de ces récits est abordé de manière chronologique ; le premier concernant Edward Whymper lors de son exploration du Cervin en 1862, le dernier relatant la revanche de Messner sur le Nanga Parbat dans les années 2000. Cette fresque historique est l'occasion de comparer les époques, les matériels, les techniques et surtout les hommes et leurs valeurs : on n'aborde en effet pas de la même façon une face Nord de nos jours qu'une voie normale il y a 150 ans.

Un point intéressant est la similitude des impressions ressenties par presque tous les alpinistes ayant chuté (tous les récits ne sont pas des chutes), quelques soient l'époque, le lieu, les conditions : une hyperconscience au moment de la chute permet une analyse froide, ultra-rapide des évènements, de leurs conséquences et des solutions à apporter avant même que la chute soit terminée ; un dédoublement de la personnalité permet au grimpeur de se voir de l'extérieur et de ne pas ressentir d'émotions, ni même de peur de la mort, alors que les spectateurs de sa chute sont souvent glacés d'effroi. Cette constatation, faite par l'auteur sur les différents témoignages recueillis, mais également par d'autres psychologues, apporte des questions intéressantes - mais peu de réponses - sur notre relation à la mort.

Certains points viennent cependant gâter le livre.

L'épilogue est l'occasion d'une dissertation sur la reprise des valeurs de la montagne par le nazisme : on ne le voit pas arriver, on voit difficilement la relation avec le reste de l'ouvrage. Le sujet est probablement très intéressant mais trop sensible à mon goût pour faire l'objet d'un demi-chapitre mal amené et trop peu poussé, qui ressemble plus à un semblant de règlement de comptes qu'à une analyse complète et objective. Je vous déconseille la lecture de cette partie du livre...

Et puis l'édition est bourrée de fautes, parfois grossières, de mots oubliés, de ponctuation envolée... Cela gâche le plaisir de la lecture.

Un livre correct donc ; au fond intéressant mais à la forme parfois incomplète. A prendre en version de poche si possible, pour limiter la perte financière.

jeudi 23 décembre 2010

L'hiver est là

La bise est venue, amenant avec elle la blancheur dans les campagnes, la joie dans le coeur des enfants vacanciers et des couleurs nocturnes aussi étranges qu'envoûtantes. Encore faut-il avoir le courage de quitter la chaleur de son lit douillet... Une fois n'est pas coutume, les lumières de la ville ne cachent pas le spectacle de la nuit mais le créent. Profitez citadins !

La neige est là, et ne donne pas l'impression de vouloir repartir de sitôt. Tant mieux ! Qu'importe le froid mordant, les glissades sur les trottoirs ou les temps de trajet pour aller gagner de quoi payer la location des skis ! Les couleurs du paysage et les batailles de boules de neige compensent largement...

Inutile donc de se sentir dépourvu.

vendredi 22 octobre 2010

L’or des mélèzes

Daily Fiction propose chaque une nouvelle petite histoire fictive. Celle d'hier était montagnarde.

Vous sentez la bonne odeur du frais de là-haut ?

L’or des mélèzes: "

Montagne-hardivilliers-raffard-photographie-5


Fiction 87:
Il neigeait hier en altitude. C’est la deuxième fois. Au-dessus de mille mètres, l’or des mélèzes est progressivement recouvert d’une très fine couche blanche qui, de loin, paraît presque grise. Partout ailleurs, les arbres sont encore libres – pour quelques semaines – avant de rentrer dans l’atonie des mois blancs.

Avec la première neige, les routes de La Corraz au Col des Têtes Noires sont encombrées de voitures chargées de bois. On entend à travers les arbres le bruit sec des haches et des masses. Mais il est tôt pour ce bruit, bien trop tôt et quand le Col des Pangires sera fermé : l’hiver sera là."

jeudi 7 octobre 2010

Le Nœud de Cœur

Je vous l'assure, vous allez l'aimer le Nœud de Cœur. Ce petit bijou vous permet d'assurer un second à partir d'un relais, comme le ferait n'importe quelle plaquette, en bénéficiant ainsi d'un système auto-bloquant, ce qui vous permet de relâcher votre attention au passage d'une jolie grimpeuse.

De plus, le principe auto-bloquant de ce nœud vous permet de l'utiliser pour faire une remontée sur corde, en l'utilisant pour votre pédale, voire remplacer une poulie auto-bloquante (les frottements en plus) dans un mouflage.

Relativement simple à faire et à contrôler, il nécessite cependant impérativement 2 mousquetons strictement identiques (mousquetons jumeaux), ainsi qu'un troisième mousqueton (optionnel, si vous ne voulez pas encombrer le maillon primaire de votre relais). De plus, il ne peut se faire que sur un seul brin à la fois. En effet, si vous utilisez les 2 brins en même temps, le Nœud de Cœur risque ne pas se serrer correctement ; au mieux, il ne se bloquera pas ; au pire, il ne freinera même pas. Idem si vos 2 mousquetons ne sont pas identiques.

Voici la démonstration en images :




Pour information : le Nœud de Lorenzi (à paraître dans un prochain numéro) utilise un mousqueton de moins (donc important à connaître en cas de manque de matériel) mais est un peu plus compliqué à réaliser et à vérifier.

lundi 4 octobre 2010

Le Grand Eboulis

Le dernier numéro du magazine La Montagne & Alpinisme nous révèle que casse signifie éboulis en patois (cf. article sur les glaciers rocheux). La Grande Casse ne serait donc rien d'autre qu'un, certes grand mais vulgaire, éboulis ?

Nom étrange pour un sommet de 3855 mètres, toit du massif de la Vanoise, se dressant au-dessus de tous ses confrères proches ou plus lointains, lesquels ne peuvent donc faire de la Grande Casse leur éboulis de prédilection comme ils pourraient le faire avec les sommets, plus petits qu'eux, les entourant.

D'où peut donc venir son nom ? Les flancs de la Grande Casse seraient-ils parsemés d'éboulis d'où elle tirerait son nom ? A ma connaissance, pas plus que les sommets alentours ; la majorité de ses pentes étant d'ailleurs bien trop abrupte pour laisser des éboulis permanents.

Peut-être alors que le glacier, qui a laissé une impressionnante balafre sur tout le flanc ouest, du sommet à sa base, donnant ainsi l'impression d'un éboulis de 1300 mètres de dénivelé, serait à l'origine de cette appellation peu flatteuse au premier abord...

dimanche 3 octobre 2010

Sommets des Alpes

Décidément, les anniversaires ont du bon. Cette fois-ci, c'est ma douce et tendre qui m'a offert un magnifique ouvrage photographique, Sommets des Alpes, aux éditions Glénat, présentant 120 sommets des Alpes Occidentales, allant du massif des Écrins à celui de la Vanoise en passant même par les Alpes Maritimes.

Les photos sont tout simplement sublimes, il suffit de voir la couverture pour s'en rendre compte. Elles vous invitent à venir admirer par vous-même des paysages somptueusement mis en valeur dans la lumière du Soleil, de la Lune ou tout simplement du jour. L'accent est ici mis sur la contemplation car chaque sommet présenté propose un point à partir duquel il peut être admiré, souvent par n'importe qui, y compris les randonneurs.

Ce genre d'ouvrage est un magnifique complément des topos qui ne présentent que très rarement des représentations du sommet, en tout cas pas de cette qualité. Il vous permet ainsi de faire une petite sélection de vos prochaines escapades (attention, comme le précise le livre, il ne s'agit en aucun cas d'un topo). J'ai moi-même repéré quelques petites choses sympathiques : les connus Dômes de Miage mais aussi l'Aiguille du Goléon ou encore la Pointe Gnifetti. Je vous laisse chercher quelques photos correspondantes (i.e. plein de bonnes raisons de s'entraîner pour l'année prochaine)...

Un seul petit regret : 120 photos, ça se feuillette très vite. Mais étant donné que je n'ai sélectionné que quelques sommets faciles, je devrais y revenir bientôt pour admirer quelques courses un peu plus ardues.

mardi 28 septembre 2010

Reve eveillé

De l'excellent site Au Relais.

lundi 20 septembre 2010

A l'Ecole du Grand Nord


Ce qu'il y a de merveilleux avec les cadeaux, c'est qu'ils nous offrent la possibilité de découvrir de nouvelles choses, dont nous ne soupçonnions pas l'existence. Prenez Mike Horn par exemple. Je ne le connaissais pas il y a quelques semaines, puis j'ai eu quelques discussions à son sujet avec un thésard d'ami qui m'a finalement offert deux de ces ouvrages pour mon anniversaire (fêté un poil en retard certes, mais après tout, cela valait bien le coup de patienter un petit peu ;-) ).

Je viens donc de terminer le premier des deux bouquins, A l'Ecole du Grand Nord, dans lequel cet aventurier professionnel décide pour une fois de monter une expédition personnelle dans laquelle il emmène sa femme et ses deux filles pour un périple dans le grand nord canadien, en autonomie totale pendant deux semaines. Quand on apprend que les deux jeunes demoiselles ont 11 et 12 ans, cela commence à devenir très intéressant : elles sont les plus jeunes à avoir affronter un tel périple.

L'objectif de cette expédition était pour Mike Horn de transmettre à ces filles ce que lui-même avait appris au cours de ces précédentes aventures : de la technique bien entendu, car ils traverseront ensemble de grandes étendues neigeuses et glacières en ski, crampons et GPS, affrontant les bivouacs, les crevasses et le brouillard, mais surtout les valeurs qu'il juge fondamentales pour un adulte : l'humilité, le dépassement de soi, la curiosité, le respect des autres et de la planète sur laquelle nous vivons.

Par bien des points, cet ouvrage ressemble à celui de Nicolas Vanier, Mémoires Glacées. On y retrouve évidemment le même environnement, le Grand Nord, mais également la même volonté de respect de la planète et de découverte de l'inconnu et des cultures. Le style d'écriture est en revanche plus simple, plus accessible et son nombre de pages moins imposant le prédispose à tous les enfants qui ont soif d'aventures, d'autant que les deux filles de Mike Horn, Jessica et Annika, donnent également leurs visions de l'aventure.

Moi-même, je n'y aurai pas appris grand chose de nouveau. Mais j'ai en revanche eu des confirmations sur un ensemble de points qui me tiennent particulièrement à cœur:
  • Le bonheur, comme le savoir, n'est réel que s'il est partagé,
  • La maîtrise des nouvelles technologies (le GPS par exemple) est importante et parfois requise, mais rien ne vaut l'expérience, l'instinct et les bons vieux "trucs",
  • Rien de sert de rêver sa vie. Vivez pour réaliser vos rêves.
Un joli ouvrage donc, qu'il faut mettre en les mains des plus jeunes pour leur donner le goût de l'effort, de l'aventure, leur montrer qu'une prise de risque se calcule, s'anticipe et que la récompense est toujours au bout du chemin.

De mon côté, je m'en vais commencer mon deuxième cadeau : Latitude Zéro.

lundi 13 septembre 2010

Everest, la réalisation d'une vie?

Everest, la réalisation d'une vie?

Voici un article intéressant qui rejoint un sujet que j'abordais dans mon dernier post : se fixer une Montagne pour objectif a différentes portées en fonction des personnes qui l'entreprennent. Il peut s'agir du travail de toute une vie, où une préparation physique et financière est indispensable et pourront nécessiter de gros sacrifices, généralement motivés par un rêve à réaliser ou une cause à défendre, comme d'une simple formalité, où l'engagement reste tout à fait supportable.

La Montagne a cela de magique et d'universelle qu'elle donne à tous les moyens de l'accueillir...

lundi 6 septembre 2010

Un Cairn, c'est...

Un Cairn, c'est l'objectif d'un jour, d'une année ou d'une vie...

Un Cairn, c'est un guide dans la nuit, une balise dans le brouillard ou un espoir dans la tempête...

Un Cairn, c'est l'histoire d'une montagne, de son pays et de ses hommes...

Un Cairn, c'est un tas de cailloux, représentant chacun un rêve, un effort, un sacrifice...

Certains vous diront qu'un Cairn c'est un empilement de cailloux, amassés là par des gardiens de refuge qui guident les marcheurs, ou par des enfants qui s'amusent. Pour moi désormais, un Cairn, ce sera toujours bien plus que cela...

Nous l'avons fait !

Nous avons atteint la Pointe du Dard (3206m) le 26 juillet 2010 à 8 heures du matin. Avec cette photo, c'est un rêve d'un an qui se réalise...

Malgré des conditions météo qui auraient pu être handicapantes (la couverture nuageuse était assez basse, et les sommets de la Vanoise disparaissaient et réapparassaient sans cesse), nous avons bénéficié d'une chance inouïe :
  • toute la traversée du glacier (hormis un épisode nuageux de 10 min) s'est déroulée sous un ciel d'un bleu rare,
  • la Pointe du Dard, dans les nuages pendant toute notre marche d'approche, s'est dégagée quelques minutes avant notre arrivée et s'est rebouchée quelques minutes après que l'on soit reparti, nous laissant ainsi tout le loisir d'admirer la vue de là-haut.
Les conditions d'enneigement du glacier, pour ce que je suis capable d'en dire, étaient excellentes (il faut dire que les températures nocturnes étaient négatives, et que les températures matinales que nous avons constatées n'ont pas excédées 3°C) ; nous n'avons pas vu la moindre crevasse sur notre itinéraire, bien que nous en ayons probablement franchi quelques unes...


Et pour couronner le tout, nous avons tenu les délais fixés : départ du refuge à 4h50, premier pied sur le glacier à 6h10, sommet à 8h, retour au refuge à 12h. Le retour a été un peu compliqué par la fatigue qui se faisait cruellement sentir et les pieds qui n'ont pas apprécié les 40 kilomètres avalés en 2 jours (et je ne parle pas du dénivelé...).

Les seules ombres au tableau : la fatigue nous a volé notre deuxième course, et l'un des copains manquait à l'appel au sommet, son genou ayant décidé de nous lâcher quelques jours avant le départ.

Malgré cela, cette journée magnifique restera gravée dans ma mémoire comme celle de mon premier sommet, certes modeste aux yeux d'alpinistes confirmés, mais qui a pour moi le goût de l'amitié, du partage et de la satisfaction de l'effort récompensé !







lundi 28 juin 2010

Objectif Pralognan (Jour 5 et 6)

Tout comme pour notre 3ème jour dans le Parc de la Vanoise, le doute subsiste largement sur le planning de la fin de semaine. L'idéal serait, forts de notre expérience sur le Glacier de la Réchasse, de terminer le séjour dans les Alpes avec une course présentant un intérêt supérieur à de la "simple" randonnée glacière, tout en restant dans des niveaux de difficulté acceptable. Une course mixte (glace + rocher) serait ainsi parfaitement à mon goût...

Autour de Pralognan-la-Vanoise, peu de courses répondent à ces critères. Seul le Dôme de Bellecôte semble vouloir accueillir notre maigre expérience. Il présente néanmoins de nombreux avantages :
  • le refuge duquel la course démarre semble assez peu fréquenté, ce qui nous permettrait de réserver à la dernière minute,
  • le Glacier du Cul du Nant, menant au col puis au Sommet ou au Dôme, ne présente aucune difficulté majeure et pimenterait un peu l'ascension,
  • le Dôme (3389m) propose une vue sublime sur la face Nord et la vallée en contrebas,
  • le Sommet (3417m), un peu plus compliqué mais parfaitement abordable, peut être la cerise sur le gâteau si les conditions sont bonnes.
Ainsi la course ressemblerait à ceci :


En rouge, la montée au refuge. En vert, la montée au Dôme.

Nous pourrions ainsi monter au refuge la veille de la course, dans une balade tout à fait abordable pour le commun des mortels, et faire la course en partant tôt le matin, avant de redescendre directement dans la vallée.

Petit problème, le Refuge de Plaisance semble être à l'ancienne : il faut apporter le matelas, le réchaud et la nourriture pour se faire la popote...

Et pourquoi pas ?

Objectif Pralognan (Jour 4)

Repos ! Enfin, pas trop : randonnée, via ferrata et surtout... dégustation des spécialités locales !

Objectif Pralognan (Jour 3)

Nous avons droit à deux nuits dans le Refuge du Col de la Vanoise et le programme de la 3ème journée reste pour l'instant volontairement ouvert, afin de nous laisser de la marge en fonction du temps météo, de notre condition physique mais aussi des conditions d'enneigement sur place.

Nous pourrons ainsi retourner sur le Glacier de la Réchasse afin de faire la pointe homonyme si nous ne l'avons pas enchaîné la veille avec la Pointe du Dard. Cela ferait cependant un peu répétition, mais il s'agit des deux uniques courses cotées F (faciles) au départ de ce refuge.

Une autre course serait également envisageable ; la Pointe du Creux Noir par la voie normale. Elle est cependant cotée un niveau au-dessus de ce que nous aurons fait jusqu'alors, et les conditions sur place seront déterminantes. Point important en sa faveur : elle se situe sur la route de retour vers Pralognan. Si jamais la course est un peu plus longue que prévue ou si nous décidons de faire demi-tour, nous serons ainsi aussitôt sur le chemin du camp de base.

Il nous reste évidemment la possibilité de tenter l'une des premières répétitions de la voie Boivin - Diafera - Maurin (800m, 80° en glace et ressauts en mixte, relais difficiles à poser, rocher médiocre, d'après le Topo de la Vanoise), ou de nous replier sur une bonne randonnée de notre crue pour rejoindre Pralognan...

jeudi 24 juin 2010

Comment placer sa corde dans un coinceur ou friends ?

Un ami me posait récemment la question suivante : comment doit-on relier la corde à un friends ? L'une des questions sous-entendues était plutôt : peut-on placer la corde dans un mousqueton directement placée sur la sangle ?

Concernant les coinceurs, j'étais certain de ce qu'il fallait faire. J'ai cependant eu un doute en ce qui concerne les friends. J'ai donc mené ma petite enquête, posé les questions à mon entourage et j'ai finalement eu confirmation : friends ou coinceurs, même combat !

Revue des différentes possibilités.

Notez que je ne suis personnellement équipé que de coinceurs. Les photos suivantes s'en ressentent... Considérez que c'est la même chose avec les friends.

La pose standard consiste à équiper le coinceur d'une dégaine, dans laquelle se glissera la corde. Veillez à bien respecter la pose classique de la corde dans la dégaine.


La présence de la dégaine joue 2 rôles principaux, en particulier sur les coinceurs:
  1. La sangle de la dégaine apporte de l'élasticité à l'équipement au moment de la chute. Ce léger amorti permet de moins solliciter l'ancrage et donc de limiter les risques de décrochage,
  2. La longueur de la dégaine permet de limiter le tirage lorsque le grimpeur évolue en tête. En effet, en faisant coulisser la corde dans la dégaine, cette dernière aura tendance à monter et tirer le coinceur vers le haut, ce qui risque là-aussi de le sortir de son logement. En augmentant la longueur entre la corde et le rocher, via une dégaine ou une vache par exemple, ce risque diminue.
Voici donc ce qu'il vaut mieux éviter de faire :


Si vous souhaitez augmenter sensiblement la longueur, la vache est la meilleure solution, d'autant plus que vous pouvez régler la longueur comme vous le souhaitez. Il vous suffit de relier la sangle au coinceur via un mousqueton :


Il vous suffit alors de placer un autre mousqueton à l'autre bout de la sangle dans lequel vous placerez la corde.

Attention, il vaut mieux éviter la configuration suivante :


La tête d'alouette dans le coinceur ou dans le friends est risqué car :
  • dans le cas du coinceur, le faible diamètre du câble risque d'endommager voire de sectionner la sangle au moment de la chute,
  • dans le cas du friends, vous placez la sangle (textile) sur la boucle du friends, également en textile. La règle d'or de l'escalade : pas de textile sur du textile ! Sous l'action de frottements soudains et brutaux, ils risquent de se mettre à fondre et de céder.
Voilà, j'espère avoir répondu à la question. Si vous avez d'autres pratiques ou d'autres éléments à ajouter sur le sujet, n'hésitez pas !

mardi 15 juin 2010

Objectif Pralognan (Jour 2)

4h. Le gardien vient nous réveiller puis part préparer notre petit déjeuner. Il faut s'extirper de la chaleur du lit, s'habiller malgré les muscles endoloris et chausser les grosses. Aaaah, que c'est bon la montagne !

Objectif de la journée : atteindre la Pointe du Dard (3206m), par la voie normale.

6km aller, 6km retour, avec un peu plus de 600m de dénivelé positif. Entre 4 et 8 heures de marche en fonction des conditions... et de notre sens de l'orientation. La majorité du dénivelé se fera lors de la marche d'approche, que nous aurons repérée la veille et que nous ferons cette fois-ci à la frontale, histoire de mettre un peu d'ambiance. Puis, après nous être encordés, nous prendrons pied sur le glacier de la Réchasse pour la plus belle partie de la course : une randonnée glacière sur environ 4 km aller. Le glacier est facile et ne devrait pas poser de problème particulier.

En 2009, la Pointe du Dard n'était pas enneigée à cette période de l'année. Nous finirons donc probablement sur de la caillasse, afin d'arriver jusqu'au belvédère donnant sur la vallée de Pralognan.

En définitive, nous devrions faire quelque chose comme:


En vert, la voie normale pour aller à la Pointe du Dard. En rouge, une alternative, un supplément ou la course du 3ème jour : la Pointe de la Réchasse.

La grande interrogative de la journée sera de savoir si l'on enchaîne avec la Pointe de la Réchasse sur notre chemin de retour, ou si nous gardons cette petite course pour le 3ème jour, avant d'entamer la descente vers Pralognan. L'heure de passage ainsi que le temps nous fourniront probablement une réponse fiable...

Nous terminerons ensuite la journée à se dorer au Soleil, pas loin du refuge.

lundi 14 juin 2010

Quand la Normandie ressemble aux Alpes


Afin de préparer la montée au refuge, nous avons effectué une petite marche d'entraînement ce week-end dans mon pays natal, la patrie de la crème fraîche, le paradis du cidre : j'ai nommé, la Normandie ! Ma douce et tendre et ma chère mère m'ont accompagné dans ce petit périple.

14 km au total, non loin du domicile parental, qui m'ont permis de découvrir des petits chemins qui m'étaient inconnus jusqu'alors et nous ont offert des vues inédites sur des lieux qui ont bercé mon enfance.

J'étais, pour ma part, lesté de la charge usuelle de l'alpiniste, les 15 kg réglementaires comprenant tout un bric-à-brac, inutile en l'occurrence. 3 heures de marche au total qui ont mis les pieds à rude épreuve (cela je m'y attendais, étant donné la vétusté de mes chaussures) mais également les genoux, et là, c'est plus une surprise. Il semblerait que le rapport poids sac / poids marcheur ne soit définitivement pas à l'avantage de mes articulations. Une raison de plus d'attacher une grande importance au poids du matériel et d'aller à l'économie...

Une autre expérience intéressante a été celle du Camel Bag. Il est décidément particulièrement difficile de gérer la quantité d'eau restante, étant donné que l'on ne voit pas le niveau. Là où je pensais arriver au bout de la réserve, j'en étais seulement à la moitié. Et pourtant, nous étions deux à puiser dans le bidon... Gérer correctement le débit relève encore pour moi de la magie. Puiser trop peu met le corps à l'épreuve inutilement ; puiser trop risque de se placer dans une situation délicate... Il va falloir encore un peu d'expérimentation et de tâtonnement sur le sujet.

Objectif Pralognan (Jour 1)

Après avoir rêvé le programme de l'été 2010, voilà que le rêve prend doucement vie dans la réalité. Nous serons finalement une cordée de 3 jeunes zigotos à partir fouler la glace et la neige du parc de la Vanoise, accompagnés de 2 jolies demoiselles qui s'arrêteront faire bronzette au refuge, et admireront les marmottes et les bouquetins.

Notre camp de base se situe donc juste à côté de Pralognan-la-Vanoise, au lieu-dit Les Granges.

Le premier jour, après avoir loué tout le matériel qui nous manque actuellement (chaussures, piolets et crampons), nous nous élèverons donc doucement et tranquillement vers le Refuge du Col de la Vanoise. Celui-ci est situé au pied de la renommée Grande Casse et non loin du non moins connu Couloir des Italiens. Nous laisserons cependant ces voies d'exceptions pour nous concentrer, les jours suivants, sur deux courses bien plus faciles : la Pointe du Dard et la Pointe de la Réchasse.

La montée vers le refuge débute normalement au parking des Fontanettes (7km pour 800m de dénivelé positif), mais nous envisageons de partir directement de notre gîte pour ne pas bouger la voiture. 3km et 200m de dénivelé positif seront alors à ajouter au compteur. Un départ, depuis les Granges, de bonne heure le matin nous permettra de casser la croûte au refuge après un peu plus de 3 heures de marche. Approximativement, cela donne donc:


En rouge, la partie optionnelle. En vert, la voie normale de la montée au refuge, qui épouse le GR55. Elle contourne notamment l'arête de la Vanoise. En bleu, tout en haut, le refuge du Col de la Vanoise.

Une fois bien rassasiés, point question de lézarder au Soleil ! La première après-midi sera consacrée au repérage de la montée au glacier de la Réchasse, un peu compliquée à suivre malgré la présence de kairns salvateurs. Nous devrons en effet la répéter le lendemain matin, dans la fraîcheur de la nuit, afin d'arriver à l'aube au pied du glacier.

Une fois le glacier repéré, nous en profiterons pour chausser les crampons et mettre en pratique les techniques de sécurité (encordement, franchissement de crevasse et mouflage) avant le grand saut, le lendemain.

mercredi 9 juin 2010

Le Meteor vous envoie dans les étoiles

Depuis plus de 2 ans, je pars en falaise coiffé d'un Camp Silver Star qui m'a assez rapidement déçu : dès la deuxième utilisation, le système de réglage à l'arrière s'est cassé (j'ai du le rafistoler en pleine voie avec un peu de straps...) et je me suis rapidement aperçu que les casques à fond plat s'adapte assez mal aux têtes rondes... Cette dernière caractéristique associée à un poids un peu élevé (470 grammes) le rendait assez instable sur ma tête, se baladant de droite et de gauche comme bon lui semblait. Je tiens cependant à préciser que la jugulaire est l'une des plus confortables que j'ai pu testé, que son prix de 40€ reste attractif et qu'il m'a sauvé une fois la vie, s'interposant courageusement entre mon cuir chevelu et un agressif petit bout de rocher adepte de chute libre !

Fort de cette expérience, je me suis donc mis en quête d'un nouveau modèle plus adapté et, afin de me faciliter un peu la tâche dans mes futures courses alpines, j'ai mis la légèreté de l'équipement en bonne place dans ma liste de conditions à remplir.

Je me suis donc naturellement tourné vers le modèle Meteor III de Petzl, ayant déjà eu l'occasion de le tester par le passé et l'ayant trouvé particulièrement confortable. De plus, avec ses 235 grammes, il est l'un des plus légers du marché.

Je me suis donc procuré ce petit bijou pour 70€ chez mes fournisseurs en titre, optant pour le modèle aux couleurs de mère nature (le vert m'allant si bien) et je me suis rendu à Freyr pour le tester en conditions réelles.


Heureusement, le résultat est à la hauteur de mes espérances ! Léger, il se cale parfaitement sur ma tête et ne bouge plus tant que je ne lui en aie pas donné l'ordre. Le réglage arrière n'est à faire qu'une seule fois, laissant la possibilité d'enlever et de remettre le casque sans y toucher (ce qui n'est pas le cas de tous les modèles, croyez-moi). La jugulaire permet l'utilisation d'une paire de lunette de soleil, sans que celle-ci soit écrasée ou ne vienne malmener vos tempes.

Il est à noter que la forme générale du casque est un peu inhabituelle ; la partie frontale descendant assez bas, et la partie arrière n'arrivant pas jusqu'à la nuque. Je m'explique ce choix de Petzl par le fait qu'en escalade, on passe plus de temps à regarder en l'air que ses pieds. Il convient donc de mieux protéger le front que la nuque. Pas idiot en soi...

Seules ombres au tableau : la jugulaire, fine, a tendance à venir légèrement cisailler la peau du cou (un petit rembourrage n'aurait pas été de trop), il n'est pas homologué pour d'autres sports que l'escalade et la couleur sombre du casque (pour le modèle vert) à tendance à emmagasiner la chaleur du Soleil. Je ne sais pas encore si cette dernière caractéristique a réellement joué sur les litres d'eau que j'ai involontairement perdu ce week-end, puisque le casque reste très aéré sur les côtés et l'arrière.

Pour les petits plus : Petzl fourni systématiquement une housse de protection, ainsi qu'un remplacement pour la mousse intérieure du casque, fixée à la structure principale par de petits scratches.

Un excellent produit donc qui, en plus, vous donne la grande classe sur le rocher ! Reste à voir comment il va tenir dans le temps.

lundi 7 juin 2010

Astuce météorologique

Voici une petite astuce météorologique pour les lillois qui souhaitent aller grimper à Freyr, dans les Ardennes Belges : dans la très grande majorité des cas, le temps de Freyr est celui de la veille sur Lille.

En effet, les vents dominants sur la région lilloise sont des vents d'ouest, véhiculant les nuages de la Manche vers Lille, puis vers Freyr. Généralement, il faut environ 24 heures aux nuages pour aller de la capitale du Nord au réputé site de grimpe.

Si vous souhaitez donc aller grimper un week-end, et que les prévisions météorologiques ne sont pas convaincantes, il vous suffit de regarder le temps du jour pour savoir si cela vaut le coup de prendre la voiture le lendemain.

Attention cependant à bien vérifier la direction des vents (sur l'animation satellite française de météo-france par exemple) et à penser au temps de séchage des voies en cas de grosses pluies.

lundi 24 mai 2010

Chaque Vallée est un Paradis

Mes récentes lectures, la lente et douce arrivée du Soleil et, qui plus est, la préparation des futures courses en Montagne me l'ont insidieusement, lentement, fermement soufflé : chaque Vallée est un Paradis. Quoi de plus paradisiaque que ces vallées où l'on peut s'allonger dans l'herbe doucement chauffée par le Soleil, avec pour seul bruit le tintement lointain d'une sonnaille ou l'écoulement de l'eau dans le torrent voisin ? Quel autre endroit peut plus vous ressourcer ? D'autant plus lorsque votre tendre et douce, votre famille et vos amis sont tranquillement en train de mâchonner un brin d'herbe à vos côtés ?

A y réfléchir de plus prêt, les Vallées ont bien des points de comparaison avec l'Eden...

Tout comme le divin présent, les Vallées qui m'attirent sont généralement des environnements clos, des bulles coupées de toute civilisation et surtout du rythme effréné de vie qui s'y associe. Dans ces espaces reculés où le monde moderne n'a pas encore totalement pris pied, le temps semble s'arrêter, ne plus avoir d'importance ; il semble que l'on y a toujours vécu et que l'on y vivra toujours. Le bleu du ciel, le vert des herbes et le blanc immaculé des sommets se suffisent à eux-mêmes, nul besoin d'y ajouter d'autres sucreries chimiques : Mère Nature, déesse environnante et omniprésente, y prend soin de nos corps et surtout de nos âmes.

Pour nous, citadins éloignés de tout paysage montagneux, la Vallée de nos rêves se mérite, s'attend, se patiente. Pour enfin y parvenir, la route est longue et pleine de sacrifices. Il faut prendre le temps de préparer le voyage, d'épargner, parfois dans la douleur, pour favoriser un séjour mémorable. Le pire et le plus méritant de tout : il faut tranquillement ronger son frein en attendant l'année suivante, que les conditions se représentent. Tout comme pour le Paradis, ne va pas qui veut dans sa jolie Vallée ; il faut d'abord s'acquitter de son droit de passage.

Heureusement, contrairement à la Demeure, probablement, Ultime, chacun est libre de choisir quand, où et comment il souhaite se rendre dans ces Paradis Terrestres. D'y retourner encore et encore, et... d'en revenir.

Si toutefois il n'y prend pas trop goût...

vendredi 21 mai 2010

Ice-Trip au Ben Nevis

Il est des contrées lointaines qu'il convient de visiter un jour, car elles sont gorgées d'histoire, de légendes et de magie.

Le Ben Nevis est de celles-là.

Petite colline perdue au milieu de milliers d'autres, j'ai eu l'occasion d'en fouler le sol une fois. Une trop courte fois qui a eu le goût de reviens-y. Et quand on voit la Petzl Team aborder la face Nord de cette montagne mythique, on a qu'une envie : prendre la tente, les crampons et poser les pieds sur le sommet plutôt que sur les flancs !






Merci à info-montagne.com !

samedi 24 avril 2010

Combien pèse un nuage ?

Comment les nuages se forment-ils ? Comment influencent-ils notre climat ou le réchauffement planétaire ? Comment se forme un arc-en-ciel ? Quelle énergie dégage un cumulonimbus ?

Autant de questions auxquelles nous sommes rarement capables de répondre. Universcience.tv comble ce vide à travers une vidéo explicative particulièrement bien faite, simple et efficace. A mettre en les mains des plus petits comme des plus grands.

Combien pèse un nuage ?
Réalisation : Raymond Achilli

Production : 1001 Prod., 2005


Intéressant me direz-vous. Mais quel rapport à l'escalade ? Au cours de ma formation d'encadrant au CAF, j'ai eu le droit à une passionnante introduction à la météorologie (l'intervenant se reconnaîtra probablement) : en à peine une heure et demi, je me suis découvert un intérêt pour les cirrus, foehn et autre formation de grêlons. Je mène depuis une véritable croisade pour comprendre la notion de couches stable et instable et la façon dont elles influencent la formation des gros moutons gris.

Au-delà de la culture générale, le rapport à l'escalade et surtout à l'alpinisme est ici évident : comprendre la formation des nuages et tout ce qui gravite autour permet d'anticiper (un minimum) sur le temps qu'il fera dans l'heure ou dans la journée. Point question de se prendre pour feu Alain Gillot-Pétré, je ne me fais pas d'illusion, d'autant plus que l'évolution du temps dépend très fortement de l'environnement, qui nous est la plupart du temps peu connu, voire étranger. Mais la lecture de certains signes peut permettre de conforter ou remettre en cause certains choix...

Je profite de ce billet pour faire de la publicité pour l'excellent site Universcience.tv. Lancé en janvier 2010, cette nouvelle mouture, gérée par la Cité des Sciences et de l'Industrie, ainsi que par le Palais de la Découverte (excusez du peu), se consacre à l'explication des sciences, dans leurs généralités ou dans ses actualités. Un véritable bijou ! Bravo.

dimanche 18 avril 2010

Le Cabestan

S'il y a un noeud qui peut vous sauver la mise dans un moment difficile, c'est bien le noeud de Cabestan ! Capable de remplacer n'importe quelle longe réglable au pied levé, il peut se faire d'une main et ne nécessite qu'un seul mousqueton. Et vous pouvez régler la longueur du noeud sans avoir à ouvrir le mousqueton.

Il s'agit donc du noeud par excellence pour vous vacher à n'importe quel point d'ancrage.

Avec un peu d'organisation, il est tout à fait possible de réaliser un relais uniquement avec 2 dégaines et 2 cabestans par grimpeur (en respectant les règles d'or d'un relais, notamment celle imposant que les 2 points soient reliés). Attention cependant à ne pas faire de votre petit nid d'oiseau un véritable sac de noeuds ! Répétition en salle obligatoire !

Dans la vidéo ci-dessous, je montre comment réaliser le noeud avec les 2 mains et dans un seul sens. Avec un peu d'entraînement, il vous est possible de réaliser le Cabestan d'une seule main, et dans tous les sens possibles : doigt du mousqueton vers vous ou à l'opposé, 2ème boucle à droite ou à gauche.

Voici une démonstration vidéo de la façon de réaliser un Cabestan :


jeudi 11 mars 2010

Sans dessus dessous

C'est probablement le sujet qui a généré le plus de débats entre grimpeurs et montagnards, celui qui a toujours déclenché les plus vifs échanges et occasionné les plus belles argumentations : est-ce que l'on place le système auto-bloquant au-dessus ou en-dessous du descendeur lors d'une descente en rappel ?

Vaste question qui nous divise depuis la nuit des temps. Parce que les inconditionnels de l'au-dessus sont au moins aussi intraitables sur la question que les aficionados de l'en-dessous.

J'ai moi-même mon avis sur la question. Le but n'est cependant pas ici de vous convaincre, simplement de vous donner tous les avantages et inconvénients de chaque technique, afin que vous puissiez choisir librement (pourvu que ce soit au-dessus...).

La liste suivante est non-exhaustive.

Au-dessus du descendeur

Avantages :
  • Le système est bien visible au niveau de vos yeux, ce qui vous permet de le surveiller facilement,
  • Si vous faites une remontée sur corde et que vous devez redescendre en cours de route, c'est la seule configuration utilisable. Vous avez déjà essayé d'installer un descendeur au-dessus du système bloquant, sur la corde en tension ?
  • Votre descendeur reste à portée de main, ce qui n'est jamais négligeable. Avec l'autre configuration, la longe qui vous relie au descendeur vous le met généralement hors de portée.
Inconvénients :
  • Si votre système se bloque alors que votre attache est trop longue, vous pouvez ne plus y avoir accès et donc ne plus pouvoir le débloquer directement. Ce sera d'autant plus difficile pour un sauveteur venant vous chercher du bas. Cependant, une clef de pied bien exécutée vous permettra de remonter suffisamment pour desserrer le système. Dans tous les cas, vous êtes en sécurité.
En-dessous du descendeur

Avantages :
  • Les deux mains se trouvent en-dessous du descendeur et participent toutes les deux au système de freinage, ce qui peut s'avérer moins fatiguant,
  • Si vous vous retrouvez bloqués et incapables de continuer à descendre par vous-même, le sauveteur sera plus proche du système auto-bloquant et pourra manipuler plus facilement.
Inconvénients :
  • Si votre attache est trop longue, le descendeur viendra se mettre en butée sur le système bloquant, l'empêchant de fonctionner correctement. Il y a ici danger de mort. De nombreux accidents sont déjà arrivés à cause de cette configuration ; il faut impérativement tester le système avant de partir.
Personnellement, je choisis la première configuration. D'abord parce que c'est celle que mon tout premier initiateur m'a apprise. Elle est donc restée dans mes moeurs. Autre avantage personnel : mes ficellous sont un peu plus longs qu'à l'ordinaire, et peuvent du coup avoir de nombreuses autres utilités : vache de secours, sangle de dégaine (de secours !), ... De plus, je trouve la mise en place du système plus claire et facile, en particulier pour des débutants. Je trouve également la position de descente plus stable et plus agréable, mais je présume que je manque un peu de pratique pour l'autre technique.

Quelle que soit celle que vous choisissez, n'hésitez pas à essayer les deux et à les éprouver dans différentes conditions pour vous forger votre propre avis. N'hésitez pas non plus à discuter avec d'autres habitués pour qu'ils vous donnent leur opinion.

Le conseil de l'auteur : si vous faites une remontée sur corde, prévoyez un système auto-bloquant avec une longe suffisamment importante pour que vous puissiez installer votre descendeur en-dessous en cas de demi-tour en cours de route. J'ai déjà failli me retrouver bloqué au milieu de ma corde parce que je n'avais qu'un simple mousqueton sur mon Shunt... De plus, une longe plus importante vous permettra d'avoir plus d'amplitude lors de la remontée, la rendant plus efficace et rapide.

vendredi 26 février 2010

Le Guide de la Montagne

Il y a des livres qui sont prometteurs, présentent bien puis tiennent leur promesse ou déçoivent voire choquent. Le Guide de la Montagne, aux éditions Guérin, est un peu tout cela à la fois.

Pourtant, tout partait bien : l'idée des auteurs étaient de compiler le maximum de connaissances sur les sports de montagne (escalade, montagne, randonnée, ...) dans un seul ouvrage, à destination des élèves et de leurs professeurs, donc débutants ou professionnels. En cela, la mission est pratiquement réussie puisqu'aucune autre référence n'est, à ma connaissance, parue dans le même but. Elle est donc devenue pour certains une bible à consulter avant chaque départ.

Ainsi, le Guide de la Montagne aborde des sujets allant du simple encordement au montage d'une expédition en haute altitude. Chacun, quelque soit son d'expérience, devrait donc pouvoir en tirer quelque chose. Les nombreuses illustrations sont la plupart du temps très claires, toujours accompagnées d'un paragraphe explicatif. Etonnament, la 7ème et dernière édition tient compte de certains matériels assez récents, comme le Réverso de Petzl, ce qui est toujours agréable.

Cependant, lorsque l'on creuse un petit peu, il y a certaines petits détails qui viennent assombrir le paysage. D'abord, il y a les choses qui déçoivent.

La première édition de l'ouvrage original, Moutaineering, the Freedom of the Hills, date de 1960. L'édition qui m'a été gracieusement prêté (merci PitchOu) est la 7ème et dernière du nom et est globalement à jour, mais traînent encore quelques casseroles de sa grande soeur, qui auraient pu être remis au goût du jour. Histoire de sortir une 8ème ?

Majoritairement, les paragraphes explicatifs auraient pu être un peu plus courts : on a parfois l'impression que les auteurs ont voulu brodé (inutilement) autour d'un sujet pour remplir le maximum de pages. On a l'impression de devoir lire énormément avant de trouver la petite phrase capitale au milieu de la coquille.

Dans un second temps, certains points auraient pu être plus développés, d'autant que l'ouvrage prétend apporter des solutions au maximum de situations, y compris les plus pourries où l'on se retrouve sans matériel, sans premier ou sans second. Malgré cela, la solution de secours pour descendre en rappel lorsque l'on n'a plus le matériel adéquat (Réverso ou Huit par exemple), nécessite l'utilisation de 5 mousquetons (j'ai vu un professeur d'escalade sécher sur cette technique)... A côté de cela, le demi-cabestan (qui est LA solution à connaître dans ce genre de situation) dispose d'un paragraphe laconique, sans illustration, et ne renvoyant même pas à la présentation de ce noeud magique, en début d'ouvrage. Je doute qu'un débutant fasse facilement la liaison...

Dans les points à développer, on trouve également la météorologie. Seules quelques pages y sont consacrées alors que c'est un point fondamental de toute sortie en montagne, voire même en falaise. Certes, le but n'est pas de regrouper ici toutes les connaissances de feu Alain Gillot-Pétré, mais dans ce cas pourquoi consacrer un chapitre entier au Cycle de la Neige ?

Quid du débloquage d'un second bloqué sur un rappel ? De la manoeuvre de But, lorsque l'on se trouve bloqué en tête sur un passage difficile ? De l'assurage d'un premier de cordée en tête ?

La pédale, notamment utilisée pour faire des remontées sur corde, est plusieurs fois évoquée mais je n'ai jamais trouvé où elle était expliquée... Là encore, savoir faire une clef de pied (qui ne nécessite aucun matériel) peut vous sauver la vie.

Et puis, il y a les choses qui choquent.

D'après l'ouvrage, le noeud de jonction à faire pour relier deux cordes de rappel est le double pêcheur, surtout pas le Huit double. Le Brevet d'Etat, qui a assuré ma formation d'initiateur escalade, dit tout le contraire... Et mon formateur justifie, lui...

Le plus choquant que j'ai pu voir est l'emplacement du noeud autobloquant lors d'une descente en rappel : soit directement sur votre jambe si vous avec une longue sangle, soit sur l'une des jambières de votre baudrier ! D'abord, je doute que les baudriers d'aujourd'hui soient conçus pour supporter des forces de ce type et de ce sens au niveau de la jambière, surtout lorsque l'on lit ce genre de choses. Ensuite, je ne suis pas sûr qu'il soit très agréable de se retrouver suspendu par votre jambe à votre rappel. Déjà que vous débloquer de ce genre de situation n'est pas simple, là je plains complètement celui qui va venir vous chercher. Jusqu'à présent, il y avait déjà deux écoles (et les débats sont vifs, croyez-moi) : l'autobloquant au-dessus ou au-dessous du descendeur, mais toujours relié au pontet. En voici une troisième...

Ce m'inquiète le plus dans cet ouvrage, ce n'est pas ce que j'ai pu voir, mais plutôt ce que je n'ai pas vu. Je pense très bien connaître une grande majorité des techniques de corde en escalade, et c'est pour cela que les points que je rapporte touchent ce domaine. En revanche, je suis nettement moins connaisseur dans le domaine alpin, ski, et que dire du bivouac ? Comment un débutant, tel que je le suis dans ces domaines, sera en mesure de faire la différence entre une bonne et une mauvaise technique ?

Je pense que, par certains côtés, le Guide de la Montagne peut apporter beaucoup, de part la richesse du domaine, mais il faut absolument avoir une bonne connaissance pour aborder cet ouvrage sereinement. Et même s'il vous apprend, il ne vous permet pas de pratiquer. Rien ne vaut une bonne formation ou un retour direct d'une personne expérimentée.

A ne pas mettre entre toutes les mains.

Si vous aviez une entière confiance dans les livres, il vaudrait mieux ne pas avoir de livre du tout.

vendredi 12 février 2010

Matériel pour une randonnée glaciaire

Vous souhaitez partir en randonnée glaciaire ? Il vous manque une liste de matériel ou vous souhaitez valider la vôtre ? En voici une non-exhaustive qu'il vous faudra adapter suivant votre course, ou de vos caractéristiques physiques... Pensez également au rechange vestimentaire...

Matériel commun à la cordée :
  • Un brin de 50 mètres de corde à double pour relier la cordée,
  • Un deuxième brin de 50 mètres dans le sac à dos,
  • Une carte,
  • Un topo,
  • Une boussole,
  • Une trousse de secours (avec plein de pansements pour les pieds),
  • Un téléphone portable,
  • Un appareil photo,
  • Un altimètre,
  • 1/2 briquets,
  • 1 couteau,
  • (Un GPS),
  • (Coinceurs),
  • (3/4 dégaines),
  • (Une pelle à neige).
Matériel pour chaque membre de la cordée :
  • Un casque,
  • Une frontale,
  • Une paire de lunette galbée, de façon à protéger les côtés,
  • Un bonnet / bandeau,
  • Un tee-shirt coton, près du corps, manches longues,
  • Une polaire,
  • Un manteau GoreTex,
  • Une paire de gants, renforcé aux paumes,
  • Un piolet,
  • Un baudrier,
  • Un pantalon d'alpinisme,
  • (Une paire de guêtres),
  • Une paire de chaussettes,
  • (Une paire de chaussettes de rechange),
  • Une paire de chaussures d'alpinisme,
  • Une paire de crampons,
  • Un sac à dos 40/50 Litres,
  • 2 Litres d'eau au minimum, si possible dans un CamelBag,
  • De la nourriture pour la pause,
  • De la nourriture à consommer en marchant,
  • Crème solaire,
  • Papier toilette,
  • 1 descendeur et son mousqueton,
  • 1 longe / vache et son mousqueton,
  • 1 autobloquant et son mousqueton,
  • (ARVA et/ou Sondes).
Pour le premier et le dernier de cordée :
  • 2 broches à glace,
  • 3 mousquetons pour le relais,
  • 1 sangle pour le relais,
  • 3 mousquetons pour le mouflage,
  • 2 autobloquants pour le mouflage,
  • 1 sangle pour le mouflage.
Pour chaque membre de la cordée, on peut compléter la liste avec ce que l'on peut laisser au refuge (dans le cas des courses en aller-retour) :
  • Un drap de soie,
  • Un short pour la montée au refuge,
  • Un pyjama,
  • Du rechange (chaussettes, tee-shirts, ...).
Une liste est toujours à adapter en fonction de la course que vous allez faire, de sa durée, de sa technicité, ainsi que des personnes avec qui vous partez. A adapter donc.

mercredi 10 février 2010

Le Double Huit

Le Double Huit est le noeud le plus standard que vous puissiez trouver en escalade. Nécessaire pour s'encorder, il est simple à réaliser, et surtout présente l'énorme atout d'être très facile à contrôler. Ce double avantage en fait le premier noeud que tout débutant en escalade devrait apprendre.

Son rôle est de relier la corde au baudrier, ce que l'on appelle l'encordement. Son nom provient de sa forme en 8 caractéristique, double car tressé une fois à l'aller et une fois au retour. La corde effectue ainsi 2 huits parallèles et particulièrement évidents, s'ils sont correctement réalisés.

Il nécessite cependant les deux mains pour être réalisé, et une fois serré (après une chute par exemple), il peut être difficile à défaire.

Voici une démonstration vidéo de la façon de réaliser un Double Huit :

dimanche 7 février 2010

L'escalade est toute jeune

Imaginez que l'Homme vole en montgolfière depuis 1783 et en avion depuis 1890. Il a voyagé pour la première fois dans l'espace en 1961. Des domaines à la pointe, requérant les dernières techniques, qui sont maîtrisés depuis plusieurs décennies, voire plusieurs centaines d'années, alors que le ciel est loin d'être un milieu naturel pour les humains.

L'Homme gravit les montagnes depuis tout temps, et pratique officiellement l'alpinisme depuis le XVIIIème siècle. Et pourtant...

Et pourtant les dernières techniques de l'escalade sont toutes récentes : elles ont moins d'une cinquantaines d'années, voire moins d'une trentaine d'années pour les plus complexes.

Les relais, rappel moderne et autres mouflages, faute de matériel adéquat, n'étaient pas pratiqués avant les années 1950. Les premiers mousquetons et pitons voient le jour au début du siècle dernier, et se démocratisent dans les années 1930. Les premiers chaussons à gomme adhérente sont inventés par Pierre Allain en 1935. Les cordes en chanvre sont abandonnées au profit des premières cordes en nylon dans les années 1960...

Quand vous participez à une formation d'escalade, imaginez que les techniques qui vous sont enseignées sont encore toute jeunes, et en pleine amélioration avec les derniers équipements en date : Ropeman, Shunt ou autre Rotor. Beaucoup de choses restent à faire.

Cela laisse songeur, non ?

Je vous conseille ce joli article du site Grimper.com, qui retrace les grandes étapes de l'histoire de l'escalade.

mardi 12 janvier 2010

Mémoires Glacées

Une grande claque givrée. Une bouffée de nature authentique. Une lucarne ouverte sur les derniers grands espaces vierges de notre planète.

Voilà ce que l'on peut dire de Mémoires Glacées, de Nicolas Vanier.

J'y ai découvert un homme vrai, amoureux, passionné, conscient. L'un de ceux qui rêve de grandes aventures, et n'y tenant plus, les imagine, les prépare et finit par les vivre sur le terrain : ici une cabane prêt d'un lac, loin de tout, accueillant toute sa famille ; là une course en traineau de 8000 kilomètres ; et puis une vie de plusieurs mois avec le peuple Evène, à l'origine de son dernier film, Loup.

Qu'importe de partir 1 an et demi, puisque la vie d'ici est nécessaire mais pas suffisante...



Un homme Vrai. Qui a appris à dire les choses. A les faire aussi. Un geste vaut mieux qu'une parole.

Un homme Amoureux. De la nature, de ses chiens, des grands espaces, de ce sentiment de liberté que l'on ne peut pas ressentir dans l'espace étriqué de nos villes et de nos appartements. Un amoureux des hommes aussi, et de leurs rencontres dans ces immensités glacées. Des rencontres rares, mais toujours avec une récompense.

Un homme Passionné. Qui a su me faire aimer ses chiens. Un homme qui connaît si bien son attelage et la façon de le mener qu'il sait en quelques mots, pourtant simples, vous faire comprendre toute la difficulté de maîtriser une meute de chiens surexcités à l'idée de tirer un traineau de 200 kilos. Un homme dont la Passion pour les "pays d'en haut" est telle qu'elle est forcément communicative, systématiquement contagieuse.

Un homme Conscient. De son impact sur la nature, mais convaincu que cet impact est nécessaire s'il est réfléchi et maîtrisé. A l'antipode des écologistes moralisateurs, qui préfèrent critiquer voire détruire plutôt que démontrer par la pratique ou expliquer par la Passion. L'Homme fait partie intégrante de la nature, et doit continuer d'y vivre. "Pourquoi tenter de créer un monde artificiel, invivable et impossible, avec la nature et l'homme de l'autre, alors qu'ils pourraient si bien vivre ensemble ?" Un homme Conscient de la personnalité des animaux qu'il croise, et que la balle entre les deux yeux n'est certainement pas la réponse la plus adaptée au grognement d'un ours ou d'un loup. La connaissance et le respect de l'environnement permettrait d'éviter nombre d'accidents malheureux, parfois fatal aux hommes, souvent aux animaux. Ils permettraient également, à l'image des trappeurs, d'agir sur les populations animales de façon adaptée, en prélevant ni trop ni trop peu d'individus, et en les sélectionnant de façon à laisser à la harde la possibilité de se renouveler correctement. N'en déplaise à notre amie Bardot.

L'une des plus belles vérités qu'il expose ? Celle où il explique pourquoi les Inuits, au moment de commencer à prélever la viande sur l'animal qu'ils viennent de tuer, lui parlent et le remercient de leur donner de quoi manger, se couvrir et confectionner leurs différents outils : prendre conscience de la valeur de ce que l'on prend et ainsi apprendre à mesurer ses gestes. Si les Occidentaux que nous sommes, moi le premier, prenaient le temps de participer à un abattage et d'observer ce rituel simple, il y aurait probablement beaucoup moins de restes dans le fond des assiettes à la fin du repas. Mettre fin à une vie pour se nourrir fait partie de la nature. Cacher ce fait dans des abattoirs loin de nos regards nous éloigne un peu plus de la vraie valeur de la nourriture et des autres ressources. Nous pourrions tous avoir un comportement plus approprié si nous en prenions conscience...

Ce livre m'aura laissé un goût amer sur la soi-disant grande civilisation des Blancs. De nombreux peuples (Indiens, Inuits, Evènes, ...) dont les technologies sont pour la plupart limitées ne sont-ils pas, de part leur relation à la nature, à leurs origines, plus humains que nous ? Nous qui mettons en avant nos grandes innovations et notre savoir, que savons-nous réellement de notre monde, du vrai monde ?

Mais au final ce livre m'aura laissé un formidable sentiment de bonheur, en m'imaginant aux côtés de ce Français, qui nous emmène à l'arrière de son traineau, par moins 35 degrés et à 20 kilomètres par heure, en écoutant ses chiens aboyer de plaisir. Un Grand Livre. Vrai.