lundi 28 juin 2010

Objectif Pralognan (Jour 5 et 6)

Tout comme pour notre 3ème jour dans le Parc de la Vanoise, le doute subsiste largement sur le planning de la fin de semaine. L'idéal serait, forts de notre expérience sur le Glacier de la Réchasse, de terminer le séjour dans les Alpes avec une course présentant un intérêt supérieur à de la "simple" randonnée glacière, tout en restant dans des niveaux de difficulté acceptable. Une course mixte (glace + rocher) serait ainsi parfaitement à mon goût...

Autour de Pralognan-la-Vanoise, peu de courses répondent à ces critères. Seul le Dôme de Bellecôte semble vouloir accueillir notre maigre expérience. Il présente néanmoins de nombreux avantages :
  • le refuge duquel la course démarre semble assez peu fréquenté, ce qui nous permettrait de réserver à la dernière minute,
  • le Glacier du Cul du Nant, menant au col puis au Sommet ou au Dôme, ne présente aucune difficulté majeure et pimenterait un peu l'ascension,
  • le Dôme (3389m) propose une vue sublime sur la face Nord et la vallée en contrebas,
  • le Sommet (3417m), un peu plus compliqué mais parfaitement abordable, peut être la cerise sur le gâteau si les conditions sont bonnes.
Ainsi la course ressemblerait à ceci :


En rouge, la montée au refuge. En vert, la montée au Dôme.

Nous pourrions ainsi monter au refuge la veille de la course, dans une balade tout à fait abordable pour le commun des mortels, et faire la course en partant tôt le matin, avant de redescendre directement dans la vallée.

Petit problème, le Refuge de Plaisance semble être à l'ancienne : il faut apporter le matelas, le réchaud et la nourriture pour se faire la popote...

Et pourquoi pas ?

Objectif Pralognan (Jour 4)

Repos ! Enfin, pas trop : randonnée, via ferrata et surtout... dégustation des spécialités locales !

Objectif Pralognan (Jour 3)

Nous avons droit à deux nuits dans le Refuge du Col de la Vanoise et le programme de la 3ème journée reste pour l'instant volontairement ouvert, afin de nous laisser de la marge en fonction du temps météo, de notre condition physique mais aussi des conditions d'enneigement sur place.

Nous pourrons ainsi retourner sur le Glacier de la Réchasse afin de faire la pointe homonyme si nous ne l'avons pas enchaîné la veille avec la Pointe du Dard. Cela ferait cependant un peu répétition, mais il s'agit des deux uniques courses cotées F (faciles) au départ de ce refuge.

Une autre course serait également envisageable ; la Pointe du Creux Noir par la voie normale. Elle est cependant cotée un niveau au-dessus de ce que nous aurons fait jusqu'alors, et les conditions sur place seront déterminantes. Point important en sa faveur : elle se situe sur la route de retour vers Pralognan. Si jamais la course est un peu plus longue que prévue ou si nous décidons de faire demi-tour, nous serons ainsi aussitôt sur le chemin du camp de base.

Il nous reste évidemment la possibilité de tenter l'une des premières répétitions de la voie Boivin - Diafera - Maurin (800m, 80° en glace et ressauts en mixte, relais difficiles à poser, rocher médiocre, d'après le Topo de la Vanoise), ou de nous replier sur une bonne randonnée de notre crue pour rejoindre Pralognan...

jeudi 24 juin 2010

Comment placer sa corde dans un coinceur ou friends ?

Un ami me posait récemment la question suivante : comment doit-on relier la corde à un friends ? L'une des questions sous-entendues était plutôt : peut-on placer la corde dans un mousqueton directement placée sur la sangle ?

Concernant les coinceurs, j'étais certain de ce qu'il fallait faire. J'ai cependant eu un doute en ce qui concerne les friends. J'ai donc mené ma petite enquête, posé les questions à mon entourage et j'ai finalement eu confirmation : friends ou coinceurs, même combat !

Revue des différentes possibilités.

Notez que je ne suis personnellement équipé que de coinceurs. Les photos suivantes s'en ressentent... Considérez que c'est la même chose avec les friends.

La pose standard consiste à équiper le coinceur d'une dégaine, dans laquelle se glissera la corde. Veillez à bien respecter la pose classique de la corde dans la dégaine.


La présence de la dégaine joue 2 rôles principaux, en particulier sur les coinceurs:
  1. La sangle de la dégaine apporte de l'élasticité à l'équipement au moment de la chute. Ce léger amorti permet de moins solliciter l'ancrage et donc de limiter les risques de décrochage,
  2. La longueur de la dégaine permet de limiter le tirage lorsque le grimpeur évolue en tête. En effet, en faisant coulisser la corde dans la dégaine, cette dernière aura tendance à monter et tirer le coinceur vers le haut, ce qui risque là-aussi de le sortir de son logement. En augmentant la longueur entre la corde et le rocher, via une dégaine ou une vache par exemple, ce risque diminue.
Voici donc ce qu'il vaut mieux éviter de faire :


Si vous souhaitez augmenter sensiblement la longueur, la vache est la meilleure solution, d'autant plus que vous pouvez régler la longueur comme vous le souhaitez. Il vous suffit de relier la sangle au coinceur via un mousqueton :


Il vous suffit alors de placer un autre mousqueton à l'autre bout de la sangle dans lequel vous placerez la corde.

Attention, il vaut mieux éviter la configuration suivante :


La tête d'alouette dans le coinceur ou dans le friends est risqué car :
  • dans le cas du coinceur, le faible diamètre du câble risque d'endommager voire de sectionner la sangle au moment de la chute,
  • dans le cas du friends, vous placez la sangle (textile) sur la boucle du friends, également en textile. La règle d'or de l'escalade : pas de textile sur du textile ! Sous l'action de frottements soudains et brutaux, ils risquent de se mettre à fondre et de céder.
Voilà, j'espère avoir répondu à la question. Si vous avez d'autres pratiques ou d'autres éléments à ajouter sur le sujet, n'hésitez pas !

mardi 15 juin 2010

Objectif Pralognan (Jour 2)

4h. Le gardien vient nous réveiller puis part préparer notre petit déjeuner. Il faut s'extirper de la chaleur du lit, s'habiller malgré les muscles endoloris et chausser les grosses. Aaaah, que c'est bon la montagne !

Objectif de la journée : atteindre la Pointe du Dard (3206m), par la voie normale.

6km aller, 6km retour, avec un peu plus de 600m de dénivelé positif. Entre 4 et 8 heures de marche en fonction des conditions... et de notre sens de l'orientation. La majorité du dénivelé se fera lors de la marche d'approche, que nous aurons repérée la veille et que nous ferons cette fois-ci à la frontale, histoire de mettre un peu d'ambiance. Puis, après nous être encordés, nous prendrons pied sur le glacier de la Réchasse pour la plus belle partie de la course : une randonnée glacière sur environ 4 km aller. Le glacier est facile et ne devrait pas poser de problème particulier.

En 2009, la Pointe du Dard n'était pas enneigée à cette période de l'année. Nous finirons donc probablement sur de la caillasse, afin d'arriver jusqu'au belvédère donnant sur la vallée de Pralognan.

En définitive, nous devrions faire quelque chose comme:


En vert, la voie normale pour aller à la Pointe du Dard. En rouge, une alternative, un supplément ou la course du 3ème jour : la Pointe de la Réchasse.

La grande interrogative de la journée sera de savoir si l'on enchaîne avec la Pointe de la Réchasse sur notre chemin de retour, ou si nous gardons cette petite course pour le 3ème jour, avant d'entamer la descente vers Pralognan. L'heure de passage ainsi que le temps nous fourniront probablement une réponse fiable...

Nous terminerons ensuite la journée à se dorer au Soleil, pas loin du refuge.

lundi 14 juin 2010

Quand la Normandie ressemble aux Alpes


Afin de préparer la montée au refuge, nous avons effectué une petite marche d'entraînement ce week-end dans mon pays natal, la patrie de la crème fraîche, le paradis du cidre : j'ai nommé, la Normandie ! Ma douce et tendre et ma chère mère m'ont accompagné dans ce petit périple.

14 km au total, non loin du domicile parental, qui m'ont permis de découvrir des petits chemins qui m'étaient inconnus jusqu'alors et nous ont offert des vues inédites sur des lieux qui ont bercé mon enfance.

J'étais, pour ma part, lesté de la charge usuelle de l'alpiniste, les 15 kg réglementaires comprenant tout un bric-à-brac, inutile en l'occurrence. 3 heures de marche au total qui ont mis les pieds à rude épreuve (cela je m'y attendais, étant donné la vétusté de mes chaussures) mais également les genoux, et là, c'est plus une surprise. Il semblerait que le rapport poids sac / poids marcheur ne soit définitivement pas à l'avantage de mes articulations. Une raison de plus d'attacher une grande importance au poids du matériel et d'aller à l'économie...

Une autre expérience intéressante a été celle du Camel Bag. Il est décidément particulièrement difficile de gérer la quantité d'eau restante, étant donné que l'on ne voit pas le niveau. Là où je pensais arriver au bout de la réserve, j'en étais seulement à la moitié. Et pourtant, nous étions deux à puiser dans le bidon... Gérer correctement le débit relève encore pour moi de la magie. Puiser trop peu met le corps à l'épreuve inutilement ; puiser trop risque de se placer dans une situation délicate... Il va falloir encore un peu d'expérimentation et de tâtonnement sur le sujet.

Objectif Pralognan (Jour 1)

Après avoir rêvé le programme de l'été 2010, voilà que le rêve prend doucement vie dans la réalité. Nous serons finalement une cordée de 3 jeunes zigotos à partir fouler la glace et la neige du parc de la Vanoise, accompagnés de 2 jolies demoiselles qui s'arrêteront faire bronzette au refuge, et admireront les marmottes et les bouquetins.

Notre camp de base se situe donc juste à côté de Pralognan-la-Vanoise, au lieu-dit Les Granges.

Le premier jour, après avoir loué tout le matériel qui nous manque actuellement (chaussures, piolets et crampons), nous nous élèverons donc doucement et tranquillement vers le Refuge du Col de la Vanoise. Celui-ci est situé au pied de la renommée Grande Casse et non loin du non moins connu Couloir des Italiens. Nous laisserons cependant ces voies d'exceptions pour nous concentrer, les jours suivants, sur deux courses bien plus faciles : la Pointe du Dard et la Pointe de la Réchasse.

La montée vers le refuge débute normalement au parking des Fontanettes (7km pour 800m de dénivelé positif), mais nous envisageons de partir directement de notre gîte pour ne pas bouger la voiture. 3km et 200m de dénivelé positif seront alors à ajouter au compteur. Un départ, depuis les Granges, de bonne heure le matin nous permettra de casser la croûte au refuge après un peu plus de 3 heures de marche. Approximativement, cela donne donc:


En rouge, la partie optionnelle. En vert, la voie normale de la montée au refuge, qui épouse le GR55. Elle contourne notamment l'arête de la Vanoise. En bleu, tout en haut, le refuge du Col de la Vanoise.

Une fois bien rassasiés, point question de lézarder au Soleil ! La première après-midi sera consacrée au repérage de la montée au glacier de la Réchasse, un peu compliquée à suivre malgré la présence de kairns salvateurs. Nous devrons en effet la répéter le lendemain matin, dans la fraîcheur de la nuit, afin d'arriver à l'aube au pied du glacier.

Une fois le glacier repéré, nous en profiterons pour chausser les crampons et mettre en pratique les techniques de sécurité (encordement, franchissement de crevasse et mouflage) avant le grand saut, le lendemain.

mercredi 9 juin 2010

Le Meteor vous envoie dans les étoiles

Depuis plus de 2 ans, je pars en falaise coiffé d'un Camp Silver Star qui m'a assez rapidement déçu : dès la deuxième utilisation, le système de réglage à l'arrière s'est cassé (j'ai du le rafistoler en pleine voie avec un peu de straps...) et je me suis rapidement aperçu que les casques à fond plat s'adapte assez mal aux têtes rondes... Cette dernière caractéristique associée à un poids un peu élevé (470 grammes) le rendait assez instable sur ma tête, se baladant de droite et de gauche comme bon lui semblait. Je tiens cependant à préciser que la jugulaire est l'une des plus confortables que j'ai pu testé, que son prix de 40€ reste attractif et qu'il m'a sauvé une fois la vie, s'interposant courageusement entre mon cuir chevelu et un agressif petit bout de rocher adepte de chute libre !

Fort de cette expérience, je me suis donc mis en quête d'un nouveau modèle plus adapté et, afin de me faciliter un peu la tâche dans mes futures courses alpines, j'ai mis la légèreté de l'équipement en bonne place dans ma liste de conditions à remplir.

Je me suis donc naturellement tourné vers le modèle Meteor III de Petzl, ayant déjà eu l'occasion de le tester par le passé et l'ayant trouvé particulièrement confortable. De plus, avec ses 235 grammes, il est l'un des plus légers du marché.

Je me suis donc procuré ce petit bijou pour 70€ chez mes fournisseurs en titre, optant pour le modèle aux couleurs de mère nature (le vert m'allant si bien) et je me suis rendu à Freyr pour le tester en conditions réelles.


Heureusement, le résultat est à la hauteur de mes espérances ! Léger, il se cale parfaitement sur ma tête et ne bouge plus tant que je ne lui en aie pas donné l'ordre. Le réglage arrière n'est à faire qu'une seule fois, laissant la possibilité d'enlever et de remettre le casque sans y toucher (ce qui n'est pas le cas de tous les modèles, croyez-moi). La jugulaire permet l'utilisation d'une paire de lunette de soleil, sans que celle-ci soit écrasée ou ne vienne malmener vos tempes.

Il est à noter que la forme générale du casque est un peu inhabituelle ; la partie frontale descendant assez bas, et la partie arrière n'arrivant pas jusqu'à la nuque. Je m'explique ce choix de Petzl par le fait qu'en escalade, on passe plus de temps à regarder en l'air que ses pieds. Il convient donc de mieux protéger le front que la nuque. Pas idiot en soi...

Seules ombres au tableau : la jugulaire, fine, a tendance à venir légèrement cisailler la peau du cou (un petit rembourrage n'aurait pas été de trop), il n'est pas homologué pour d'autres sports que l'escalade et la couleur sombre du casque (pour le modèle vert) à tendance à emmagasiner la chaleur du Soleil. Je ne sais pas encore si cette dernière caractéristique a réellement joué sur les litres d'eau que j'ai involontairement perdu ce week-end, puisque le casque reste très aéré sur les côtés et l'arrière.

Pour les petits plus : Petzl fourni systématiquement une housse de protection, ainsi qu'un remplacement pour la mousse intérieure du casque, fixée à la structure principale par de petits scratches.

Un excellent produit donc qui, en plus, vous donne la grande classe sur le rocher ! Reste à voir comment il va tenir dans le temps.

lundi 7 juin 2010

Astuce météorologique

Voici une petite astuce météorologique pour les lillois qui souhaitent aller grimper à Freyr, dans les Ardennes Belges : dans la très grande majorité des cas, le temps de Freyr est celui de la veille sur Lille.

En effet, les vents dominants sur la région lilloise sont des vents d'ouest, véhiculant les nuages de la Manche vers Lille, puis vers Freyr. Généralement, il faut environ 24 heures aux nuages pour aller de la capitale du Nord au réputé site de grimpe.

Si vous souhaitez donc aller grimper un week-end, et que les prévisions météorologiques ne sont pas convaincantes, il vous suffit de regarder le temps du jour pour savoir si cela vaut le coup de prendre la voiture le lendemain.

Attention cependant à bien vérifier la direction des vents (sur l'animation satellite française de météo-france par exemple) et à penser au temps de séchage des voies en cas de grosses pluies.