lundi 28 mars 2011

Cinéaste de sports de montagne

En faisant un peu de ménage sur mon PC, je suis retombé sur l'adresse d'un site que j'avais découvert totalement par hasard il y a quelques mois ; celui de Sébastien Montaz-Rosset, guide de haute-montagne de son état mais également cinéaste dont l'oeuvre est consacré aux sports... de montagne.

J'avais été particulièrement séduit par la qualité des films et en particulier des couleurs. Cependant, je n'avais pas pu m'inscrire sur le fil d'infos de son site que j'avais donc mis de côté... jusqu'à aujourd'hui. De nouveau fébrile à l'idée de pouvoir suivre les nouveautés, j'ai donc fouillé un petit peu et j'ai trouvé sa page dédiée sur Vimeo. A vous de fouiller, il y en a pour tous les goûts. De quoi profiter des longues nuits au coin du feu...









samedi 26 mars 2011

Déclenchement d'avalanche : la technique russe

La technique est particulière, le résultat impressionnant... Notez avec quelle puissance la neige s'abat en ce qui semble être le bout de course...

Déclenchement d'avalanche : la technique russe

mercredi 23 mars 2011

Attention aux mousquetons automatiques

Décidément, ma désaffection pour les mousquetons automatiques se confirme. Entre la manipulation que je n'apprécie pas (chacun ses goûts) et le système qui finit par s'émousser et ne plus se fermer correctement sur certains modèles, voici qu'un nouvel incident survenu dans la salle que je fréquente, heureusement sans gravité cette fois-ci, vient renforcer ma conviction : le système de fermeture du mousqueton automatique est venu se coincer sur le pontet, ce dernier se prenant entre la bague rotative et le corps du mousqueton. Avec les mouvements d'assurage, le doigt a fini par s'ouvrir et la corde sortir complètement du mousqueton, laissant le grimpeur sans protection.

Il est important de préciser que, d'après les témoins, ni l'assureur ni le grimpeur n'ont fait de fautes et que la vérification du système d'assurage a été faite au départ de la voie. Heureusement, un témoin de la scène a pu réagir rapidement et venir prendre le relais de l'assurage, permettant au grimpeur de redescendre en douceur.

Encore une fois, cet incident est l'occasion de rappeler quelques règles :
  • la vigilance est de mise au départ de la voie, mais également pendant l'ascension : on ne discute pas avec ses voisins et on contrôle régulièrement que tout le matériel reste en place. Pendant mon assurage, je vérifie fréquemment, par une simple pression de la main, que mon mousqueton (à vis) est toujours correctement fermé mais un contrôle visuel de l'ensemble du système est bien plus efficace,
  • le mousqueton connectant le système d'assurage (quel qu'il soit) au baudrier doit être correctement placé, ne doit pas vriller le pontet lorsqu'il est sous-tension (faute commune chez les débutants qui ne se donnent pas la peine de revoir le système même en l'ayant constaté) et doit être contrôlé par l'assureur et le grimpeur avant le départ de ce dernier.

lundi 21 mars 2011

Avalanches : Idée reçue #4

J'ai un Recco : les secours peuvent me retrouver ; je peux donc partir en hors piste.

FAUX.

Si je prends ici l'exemple de Recco, ce n'est pas parce que le système est défaillant ou que les secours ne savent pas le retrouver. C'est parce que son principe de capteur (à disposition des équipes de secours) et de réflecteur (disposé dans les vêtements de la victime) l'a rendu facilement généralisable (le réflecteur étant léger et peu cher). Il équipe donc désormais certains vêtements de sports d'hiver. Le réflexe des clients ayant connaissance du système est donc de se dire : "c'est bon, j'ai un système que les secours pourront détecter s'il m'arrivait quelque chose, je peux donc me permettre de prendre un peu plus de risques et de faire un peu de hors pistes".

Le problème c'est que Recco, comme tous les systèmes de recherche d'ailleurs, ne permet pas de prévenir les avalanches, ni de les éviter. Il permet aux secours de vous retrouver une fois que vous êtes déjà sous l'avalanche. Il peut donc limiter la casse mais pas l'éviter. C'est à ce moment qu'il faut rappeler que le temps de survie sous une avalanche décroit terriblement au-delà de 15 minutes. C'est donc très rapidement qu'il faut agir. Or, si tout votre groupe n'est équipé que de Recco, vous ne serez pas en mesure de porter assistance à l'un des vos camarades, puisque le réflecteur que vous portez n'est que passif et que vous ne disposez pas du capteur (seuls des appareils type Arva ou Ortovox font à la fois émetteurs et récepteurs). Vous devrez donc attendre l'arrivée des secours (si vous pouvez les prévenir), qui risquent d'arriver trop tard.

De plus, si vous skiez à proximité ou à l'intérieur d'un domaine skiable, il n'est pas dit que les pisteurs-secouristes aient à leur immédiate disposition le capteur de Recco (cela dépend de l'équipement des différentes stations, assez variable). En revanche, ils portent quasi-systématiquement un DVA et sont donc plus réactifs avec ce système. Il convient également de préciser que les systèmes type Arva et Ortovox ne sont pas compatibles avec Recco, et inversement.

Recco ne remplace donc pas la trilogie DVA, pelle et sonde, mais la complète. Il a notamment une excellente portée, puisque les secouristes peuvent l'utiliser depuis un hélicoptère, et permet donc une recherche rapide une fois les secours sur place. Pour compléter votre découverte du système Recco, vous pouvez lire cet article de Kairn.

lundi 14 mars 2011

Le travail, ça paie...

Voilà plusieurs séances que je ne fais quasi-exclusivement que de la conti', histoire de prendre un peu des forces et pourvoir attaquer des voies dures par la suite... Et bien le travail commence à payer sérieusement.

Voici le résultat de la dernière séance :

  • 3x une 5C moyenne
  • 3x une 6A longue
  • 3x une 6A longue et endurante (une chute sur la dernière longueur)
  • 3x une 6B moyenne (une chute sur la dernière longueur)
  • 3x une 6A moyenne
  • 1x 6A+ longue (à vue) + 2x 5c longue (à vue)
  • 4x une 6A longue
Soit 22 voies pour séance de 2h30. Le plus plaisant est que le nombre de chutes est bien inférieur aux dernières séances pour un niveau moyen de voies supérieur et, en prime, deux voies "à vue" en fin de séance (dont une 6A+ qui a su se défendre).

En discutant plus amplement avec Christophe concernant la conti, j'ai appris qu'il est intéressant d'avoir une voie de référence pour mesure sa progression : avant de commencer votre série de séances, vous choisissez une voie dure dans laquelle vous arrivez à faire tous les mouvements mais que vous êtes incapables d'enchaîner. Au fil des séances, vous l'essayez et vous mesurez la progression. Une fois que vous l'enchaînez, vous commencez par payer le champagne à tout le monde et puis vous choisissez une nouvelle voie de référence puis continuez votre entraînement.

Il est à noter au passage qu'il est normalement important d'alterner séance de conti', de rési' et de pure difficulté. Et surtout, de laisser du repos (minimum 2 jours) entre chaque...

mardi 8 mars 2011

Avalanches : Idée reçue #3

Le froid est un facteur stabilisant du manteau neigeux, réduisant le risque d'avalanche.

FAUX.

Pour ma part, je suis tombé des nues lorsque je l'ai appris. Cela signifie que ce n'est pas parce qu'il fait -20°C que la manteau neigeux sera plus stable. C'est même le contraire qui se produit.

Je préfère autant vous prévenir, l'explication est un peu technique. Je vais essayer de vous en faire un résumé le plus clair et simplifié possible mais vous devez cependant garder à l'esprit que la nivologie est une science tout aussi complexe que la météorologie, et que ce qui est vrai sous certaines conditions peut changer sous d'autres. Je vous explique donc le cas général, pas tous les tenants et aboutissants du phénomène.

La neige tombe du ciel ...

Pour commencer par le commencement, la neige tombe du ciel sous des formes assez différentes (et souvent magnifiques) qui dépendent, déjà, de la température extérieure et du taux d'humidité. Il s'avère que, une fois arrivée au sol, la neige ne garde pas sa forme de précipitation mais évolue vers 3 formes principales (les grains fins, les grains à faces planes ou les gobelets), chacune ayant des propriétés de cohésion plus ou moins fortes.

... puis se transforme au sol ...

La mutation vers telle ou telle forme dépend du gradient thermique du manteau neigeux qui correspond, grosso modo, à la différence de températures entre la surface et les différentes couches de neige.

Si le gradient thermique est inférieur à 5°C par mètre, la neige se transforme en grains fins, qui maintiennent le manteau neigeux de façon particulièrement stable.

Si le gradient thermique est compris entre 5°C et 20°C par mètre, la neige se transforme en grains à faces planes qui rendent le manteau neigeux instable.

Enfin, si le gradient thermique est supérieur à 20°C par mètre, la neige se transforme en gobelets qui rendent le manteau neigeux très instable.

Si l'on considère que le sol avoisine généralement les 0°C, la neige jouant un rôle d'isolant, que le manteau neigeux fait 1 mètre d'épaisseur et que la température extérieure est de -5°C, alors le manteau sera stable. Si l'on prend les mêmes conditions mais avec -25°C à l'extérieur, le manteau neigeux sera très instable. Bluffant non ?

... formant des couches dans le manteau.

Il ne faut cependant pas oublier que le manteau neigeux est composé de plusieurs couches et que chacune se transforme en fonction des autres, qui peuvent s'être formées plusieurs jours voire semaines auparavant. La prévision de la transformation n'est donc pas aussi simple que l'exemple ci-dessus, n'allez pas jouer les nivologues amateurs. De plus, le manteau neigeux ne se sera pas, par conséquent, entièrement transformé dans le même type de neige.

Pour complexifier un peu le tout, des grains fins peuvent évoluer en grains à faces planes puis en gobelets (ou inversement), toujours en fonction des conditions de température et d'humidité. Par contre, une fois que les gobelets se sont formés, ils resteront des gobelets. Je pense donc pouvoir en déduire qu'un manteau neigeux très instable le restera quelles que soient les conditions.

N'oublier pas non plus que le manteau neigeux étant formé de plusieurs couches, il suffit que l'une d'entre elles soit instable pour que le tout parte. Il ne suffit donc pas de se fier aux couches supérieures. De la même manière, ce n'est pas parce qu'un manteau neigeux est "stable" sur sa totalité qu'il ne partira pas. Souvenez-vous, il n'y a pas de risque 0 en avalanche.

Je profite de cet article assez technique pour vous conseiller le site de l'Association Nationale pour l'Etude de la Neige et des Avalanches, bien fait et assez complet pour qui souhaite en savoir plus.


Je tiens à remercier chaleureusement Thierry, pisteur-secouriste sur le Domaine de Valloire, qui, après être intervenu auprès de 2 classes de jeunes enfants assoiffés de connaissances, a encore pris le temps de répondre à mes questions et s'est engagé dans des explications techniques tard le soir. Son métier est sa passion et il la partage. Merci !

mardi 1 mars 2011

Travailler la conti

Il existe mille et une façons de s'entraîner en escalade. Je commence seulement à m'en rendre compte. Jusqu'à présent, je me contentais de grimper des voies de plus en dures, en travaillant certaines plus souvent ou plus longtemps que d'autres, mais toujours en privilégiant le plaisir de grimper. Cela a marché pendant quelques temps, jusqu'à un niveau avoisinant le 6C. Maintenant que j'essaie de passer et de maintenir durablement le cap du 7A (après travail et en salle), je sens clairement que le simple fait de tenter et travailler des voies dures ne suffit plus. Il me manque des bases plus solides et variées pour continuer de progresser. Clairement, pour ma part, c'est le physique. Les mouvements et les positions des 7A, voire des 7B, je les ai mais je suis incapable d'en enchaîner plus de quelques uns (hormis les très bons jours) faute de pouvoir serrer convenablement une colonnette ou de pouvoir me tracter sur une prise un peu trop fuyante.

Travailler la conti (comprenez la continuité), semble être une partie de la solution (le bloc en étant une autre). La conti, c'est la capacité à soutenir un effort continu et intense, sans pour autant que la difficulté réalisée soit votre niveau max. La travailler permet d'apprendre à gérer son effort, en passant par une maîtrise des repos, du rythme d'escalade, de la respiration. Maîtriser son effort, c'est aussi améliorer ses gestes, gagner en précision et donc en efficacité. Gagner en efficacité, c'est pouvoir s'économiser sur des mouvements difficiles et donc augmenter sa capacité à en enchaîner plusieurs. Ce gain est censé être appréciable dans des voies de votre niveaux max.

Travailler la conti permet donc en partie de développer la musculature, mais surtout de l'exploiter au mieux. Et pour la travailler, de nombreux exercices sont possibles ; toujours dans des voies légèrement inférieures à votre niveau max. Généralement, il est conseillé de travailler environ 2 cotations en-dessous de ce que vous êtes capables de faire. Pour ma part, mon niveau max se situant dans le 7A, je devrais donc travailler ma conti dans le 6B. Faire de la conti, ce n'est pas travailler de nouveaux mouvements ou positions, c'est les optimiser. Il ne faut donc pas travailler sur des voies que vous ne connaissez pas, mais plutôt sur des voies déjà enchaînées, dans lesquelles vous n'aurez pas de difficultés techniques majeures.

Plusieurs exercices sont possibles pour ce genre de travail. Le plus évident, et probablement le plus pratiqué, consiste à enchaîner plusieurs fois (3 ou 4) la même voie sans repos entre chaque ascension. Vous répétez ensuite le même exercice pendant toute la séance, ce qui devrait vous amener entre 15 et 20 voies grimpées avant que vos bras ne décident d'arrêter de fonctionner. Plusieurs écoles existent : changer de voie à chaque ascension (en restant sur une même corde pour ne pas prendre de repos), changer de voie après chaque série de 3 ou 4, ou garder la même toute la séance. Pour ma part, je préfère la deuxième solution, moins rébarbative que la dernière (il faut quand même s'amuser un peu) mais, surtout, permettant de varier les mouvements tout en permettant la recherche de l'optimisation entre chaque ascension. Si vous décidez de changer de voie entre chaque série, vous pouvez aussi varier les niveaux. Pour ma part, je pourrais par exemple démarrer par une 6A, faire ensuite plusieurs séries de 6B et revenir sur une 6A, voire un joli mais endurant 5C en fin de séance. Toutes les combinaisons sont possibles, n'hésitez pas à les varier en fonction de vos séances.

Un autre exercice que j'ai appris récemment consiste à rester un temps donné (par exemple 10 minutes) sur la voie, sans jamais poser le pied à terre. Pour permettre cela, sans pour autant rester assis sur un volume tel un paresseux, il vous suffit d'escalader puis de désescalader la voie plusieurs fois, jusqu'à épuisement du compte à rebours (ou du bonhomme...). Cet exercice vous forcera à chercher et profiter des bons points de repos. De plus, la désescalade est un exercice peu évident qui a tendance à désorienter. Le faire correctement permet donc de mieux maîtriser les mouvements et les distances. En revanche, je doute fortement que vous puissiez réaliser cet exercice sur des voies proches de votre niveau max. Personnellement, je ne l'ai pratiqué qu'une seule fois, à l'échauffement, sur une voie cotée 5B et cela a déjà été difficile de terminer malgré 3 ascensions et 2 désescalades.

On m'a également parlé, mais je n'ai jamais pratiqué, de marquer une pose volontaire entre chaque prise : vous vous déplacez vers la prise suivante mais, juste avant de la saisir, vous patientez un certain temps (entre 7 et 10 secondes par exemple). J'image fort bien ce que cet exercice peut redonner comme importance au mot "tétanisation".

L'idéal est d'alterner les séances de conti avec des séances où vous travaillez votre niveau max. Arrangez-vous également pour grimper avec une personne réalisant le même genre d'exercice, de façon à ce que les repos soient suffisants et que vous ne vous grilliez pas dès le début. De plus, votre compagnon de cordée ne passera ainsi pas son temps à vous regarder grimper.

Je vous donne le programme de ma dernière séance de conti, pour un total de 2h30 :
  • 2x une 5B courte
  • 2x une 5B courte
  • 10 minutes dans une 5B longue
  • 3x une 6A longue
  • 3x une 6A moyenne
  • 4x une 6B moyenne
  • 3x une 6A moyenne
  • 3x une 6A moyenne (dont la première ascension à vue)
Avec le recul, j'aurais dû travailler dans des voies d'un niveau légèrement supérieur (6B, comme discuté plus haut) quitte à en faire un peu moins. Je connaissais en effet très bien les voies dont j'avais déjà plus ou moins optimisé les mouvements. Le gain aurait donc été encore plus bénéfique. Néanmoins, la séance a été plus longue que d'ordinaire et relativement intense, donc bonne.

Et vous, quels sont vos exercices de conti ?