mercredi 25 mai 2011

Les Calanques, un petit coin de paradis

Depuis le temps que l'on me conseillait d'aller grimper dans les Calanques (à prononcer avé l'assent du sud), je m'étais imaginé un endroit paradisiaque, où les couleurs sont vives, le Soleil vous dore la peau, la mer est toujours présente et où, bien évidemment, les voies d'escalade pullulent tellement qu'on ne saurait dire si un grimpeur devient fou à cause de la chaleur ou du choix de la voie... Et bien, tout est vrai !

Calanque de Sormiou, vue d'un relais

Nous avions 4 jours, avec Christophe, pour parcourir à loisir ce petit bout de paradis situé pas très loin du Vieux Port, caché derrière quelques rangées de bouteilles alcoolisées et anisées. 4 jours de pur beau temps où seuls quelques nuages d'altitude se sont montrés et une journée de Mistral est venue perturbée le programme.

Parlons-en du programme.

Escalade bien sûr ! Les Calanques regorgent de spots plus ou moins proches des points d'accès et/ou de la mer qui proposent tous les types de voies que vous souhaitez : couennes ou grandes voies, du 3a au ... A à peu près ce que vous voulez, en fait. Pour notre part, nous sommes montés jusque dans le 6a+. Un vrai plaisir pour moi, car je n'avais jamais dépassé le 5a (peut-être le 5b) en falaise. Par rapport à la salle, la difficulté y est globalement similaire, car les mouvements appris et répétés sur les SAE sont globalement les mêmes, mais elle est différente dans le sens où la recherche des prises (et donc la lecture de la voie) prend tout son sens et où l'escalade est  très différente de celle que l'on peut pratiquer en salle. Beaucoup de voies que nous avons faites privilégiaient ainsi la pose des pieds sur de petits grattons et ne proposaient que peu de prises pour les mains et bien souvent en opposition, ce qui ne facilitait pas l'équilibre. Par contre, les quelques prises de main tenaient très bien. Tellement bien qu'elles avaient tendance à limer la peau des doigts après un ou deux passages. Hé non, la falaise n'est pas "aseptisée" comme la salle... C'est là que je me rend compte que je manque de pratique en falaise (ce n'est pas l'envie qui fait défaut) et cela joue notamment sur mes performances dans les voies en tête : impossible d'aller au-dessus du 5a (Christophe s'est fait plaisir en-tête dans une 6a+). Sur une ou deux voies j'aurais pu aller chercher le 5b voire 5c, mais l'envie n'y était pas. Ma volonté "d'engager" n'est plus la même depuis quelques temps...

Les adeptes de la grande voie ne seront pas déçus puisque certains secteurs des Calanques proposent des voies en 6 ou 7 longueurs, pour un dénivelé de 150 mètres et une verticalité impressionnante (cf. le Crêt Saint-François dans la Calanque de Morgiou) :

Calanque de Morgiou, avec le Crêt Saint-François au fond à droite

Il ne faut pas vous y tromper : le cadre est sublime, la position géographique merveilleuse, l'altitude quasiment au niveau 0, mais certains secteurs font vraiment ambiance montagne. L'accès à pied, parfois long, en pente raide et dans les caillasses, voire sur des vires étroites, y contribue. Le vent aussi. Par temps de Mistral, jouez la sécurité : trouvez un secteur à l'abri ou faites des voies bien en-dessous de votre niveau. Nous avons fait une grande voie en 4 longueurs (4c / 4c / 3a / 3b) par rafales de 100/110 km/h et certains passages, pourtant évidents, sont devenus rapidement peu accueillants car parfaitement exposés au dieu Eole. Dans l'ensemble, l'équipement des voies est bon voire très bon (à vérifier sur le topo), mais les rappels de secours ne sont pas toujours possibles. Parfois, il n'y a pas d'autres choix que de monter. Choisissez donc bien vos voies et réfléchissez-y à deux fois avant de partir dans une voie qui commence par un (voire plusieurs) rappel...

Les différents secteurs appartiennent tous à une Calanque (Sormiou, Morgiou, Sugiton, ...) dont l'accès motorisé est strictement réservé aux habitants. Vous devrez donc laisser tout engin à moteur au parking à l'entrée du vallon choisi. Le choix du secteur est particulièrement important en fonction des conditions météo (matin/après-midi, Soleil, Mistral, ...) car ils proposent tous leurs avantages et inconvénients. Un bon topo vous indiquera ces différents éléments. Surtout, ne négligez pas l'eau. Le deuxième jour, en plein cagnard, nous avons dû arrêter de grimper en milieu d'après-midi faute de suffisamment d'eau (pourtant 2L chacun). Si vous savez que vous allez sur un secteur proche, emportez le plus d'eau possible, d'autant plus que les secteurs proches sont souvent des secteurs à couenne et que vous pourrez donc laisser le sac au pied des voies.

Les randonnées. Ceux qui détestent marcher devront s'abstenir d'aller visiter les Calanques. Bien que certains spots soient à moins de 10 minutes de marche du dernier parking, l'accès aux Calanques proprement dites (et donc à certains des plus jolis spots) ne se fait pas en moins de 45 minutes de marche... sous le Soleil, exactement. Autant le matin pas de souci, autant le soir après les efforts de la journée et les attaques de mère nature, cela devient un peu plus compliqué. Mais les paysages sont tellement beaux, la vue sur la Mer tellement idyllique et la population tellement... lointaine que les randonnées sont un vrai plaisir.

Le dimanche, le Mistral lançant de froides attaques à 100/110 km/h, nous avons relié l'après-midi les Calanques de Sormiou et Morgiou à pied et par la côte. Etant donné le paysage travaillé, la vue permanente sur la mer, l'affrontement avec le vent (souvent déséquilibrant, en particulier sur les crêtes) en valait réellement la chandelle, même si cette randonnée ne peut pas (et ne doit pas) être tentée par les plus jeunes ou les marcheurs les moins aguerris. Certains passages nécessitaient en effet quelques petits pas d'escalade (somme toute très faciles... mais quand même) tandis que d'autres vous envoyaient avec joie dans les buissons au moindre dérapage. J'en profite pour remercier et saluer toutes les équipes qui tracent les parcours de randonnées ! Sans eux, les appels au secours de gens perdus dans le massif seraient très nombreux. Leur fléchage est irréprochable ! Nous avons réussi à évoluer avec quelques bouts de cartes trouvés sur Internet mais l'orientation dans les Calanques n'est pas à prendre à la légère, et l'achat d'une carte au 1/15000 est conseillé. Endroits pomatoires assurés !

La baignade. Bon, ok, j'ai tenté. Bon, ok, j'ai mis les pieds 10 secondes et je suis rapidement revenu au chaud sur le sable. Je suis frileux, point. Mais la baignade était tellement tentante et doit être tellement agréable lorsque l'eau est délicieusement tiède... A revenir essayer l'été !

Avouez que ça donne envie d'y aller ?

Quelques conseils. Si vous souhaitez vous rendre à Marseille pour profiter des Calanques toutes proches, en particulier si vous y allez pour peu de temps, je vous conseille de vous y rendre en train et de trouver un logement du côté du Prado, le long de la ligne de métro (5 stations de la Gare sans changement) et au départ des lignes 21, 22 et 23 qui mènent directement aux entrées des Calanques (respectivement Sormiou, les Baumettes (pour Morgiou) et Morgiou). Nous avions un hôtel juste à côté de l'arrêt Périer, idéal ! 30 minutes en bus pour arriver à l'entrée des Calanques (contre plus d'une heure si vous êtes au Nord de Marseille). Il existe des "Pass Métro/Bus" valable 3 ou 7 jours. N'hésitez pas à prendre celui de 7, même si vous n'en restez que 4 puisqu'il coûte juste 12€50 contre 10€50 pour les 3 jours.


En bref, quand est-ce que l'on y retourne ?

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