vendredi 30 septembre 2011

Vidéo d'ascension du Mont-Blanc

Pour les amateurs de belles images, pour ceux qui rêvent de leur prochaine ascension, pour ceux qui ont simplement quelques minutes à passer, je vous invite à aller sur cette page de Belclimb.net, qui propose la vidéo de l'ascension du Mont-Blanc par deux Belges.

lundi 26 septembre 2011

Vertige et vestibule

Vertige et vestibule: Vertige et vestibule
Situé dans l'oreille interne, le vestibule contrôle l'équilibre du corps. À l'institut des neurosciences de Montpellier, une équipe de l'Inserm étudie ce fragile organe sensoriel afin d'en comprendre le fonctionnement et développer des médicaments pour soigner vertiges et troubles de l'équilibre.

Réalisation : François Demerliac
Production : Universcience, Inserm, Virtuel 2011

lundi 19 septembre 2011

Refuge Vallot : un peu d’histoire…

Un peu d’histoire…:
C’est en 1886 lors d’une ascension que Joseph VALLOT (1854-1925), à la fois météorologiste, glaciologue, physicien, photographe, cartographe, et alpiniste expérimenté, conçoit le projet de construire le plus haut observatoire du monde, sur la cime du Mont Blanc. C’est en effet l’époque où on s’aperçoit que seules des observations sur des longues durées peuvent faire progresser la météorologie ou la glaciologie, encore à leurs balbutiements.


Observatoire du Mont Blanc en 1890, d’après une photographie de M.J. Vallot

Pour convaincre le milieu montagnard qu’il est possible de séjourner plusieurs jours à haute altitude, Vallot passe 3 jours et 3 nuits au sommet du Mont Blanc, sous la tente, en compagnie de quelques guides et amis, afin d’y installer une petite station météo destinée à fonctionner durant tout l’été 87. Après le succès de cette entreprise, Vallot pense installer son observatoire-refuge sur « les rochers foudroyés », au pied de l’arête des Bosses (4350m). Pour ne pas faire de l’ombre à l’auberge des Grands Mulets, un compromis est trouvé avec le maire de Chamonix Paul Payot : la nuitée touristique sera payante et reversée à la commune. Face aux craintes des guides, Vallot explique que son refuge permettra une ascension du Mt Blanc plus sûre et moins fatigante, et donc plus fréquentée.


La cabane fut conçue par le frère de Joseph, Henri Vallot, ingénieur de l’école centrale. Fabriquée par les entrepreneurs de la vallée à partir de l’été 1890, elle ne dispose au début que de deux pièces : l’une servant de refuge et l’autre d’observatoire. L’année suivante, elle s’agrandit de 4 pièces, puis atteint 8 pièces lorsque face à la gêne que représente la présence des touristes, Vallot décida la construction d’un refuge indépendant dédié aux alpinistes. Tous ces travaux furent financés par la fortune personnelle du scientifique. Le chalet comptait alors une cuisine, un atelier, un laboratoire pour les enregistreurs, et le célèbre salon chinois, chambre du directeur, aujourd’hui reconstitué au Musée Alpin de Chamonix. Janssen y séjourna une semaine en 1890 et l’expédition de Eiffel en 1891 ; le docteur Jacottet meurt à l’observatoire Vallot d’une défaillance respiratoire aiguë en 1891.


En 1898, Vallot fut contraint de déplacer son observatoire de quelques dizaines de mètres, l’emplacement initial étant trop exposé aux congères. Meublé à l’orientale (un salon chinois meublé d’un canapé incrusté de nacre, de tapis brodés, de meubles laqués et de bibelots précieux), isolé et doté de quatre paratonnerres, il était capable d’accueillir jusqu’à 27 personnes. Dès lors, la cabane obtint son aspect définitif, et n’a subi que très peu de modification en cent ans.


Voici quel était le réglement de l‘Observatoire :

« Les savants de toute nationalité sont admis à séjourner et à travailler à l’Observatoire.

Ils doivent demander l`autorisation au directeur en indiquant sommairement l’objet de leur travaux

Ils devront emmener avec eux, à leurs frais, un des guides-conservateurs, qui se chargera de faire la cuisine et le service.

Ils feront porter à l’Observatoire les aliments nécessaires pour la nourriture de leur caravane, ainsi que leur provision de pétrole pour le chauffage, l’éclairage et la cuisine.

Ils sont priés de ne pas toucher aux instruments météorologiques en station, afin de ne pas en changer la marche.

Ils veilleront pendant leur séjour à ce qu’aucune dégradation ne soit commise par leurs hommes, qui devront rester dans les pièces qui leur sont spécialement affectées.

Ils ne devront introduire dans l‘observatoire aucun nouvel appareil de chauffage, le chauffage au bois, au charbon, au coke et à l’essence minérale étant interdits.

Ils ne laisseront sortir aucun meuble ni couverture.

Ils ne se serviront pas des outils de menuiserie, serrurerie, tour, etc.., l‘usage de ces outils étant réservé aux guides-conservateurs.

Ils veilleront, à leur départ, à la parfaite fermeture des fenêtres, volets et portes.

Ils devront remplacer les objets détériorés par eux ou par leurs hommes.

Le séjour a l’observatoire est gratuit.

Les observateurs ont aussi l‘usage gratuit des poêles, fourneaux, lits, couvertures, batterie de cuisine, vaisselle, costumes en peau de mouton, chaussons fourrés et sabots.

Leurs travaux pourront être insérés gratuitement dans les Annales de l’Observatoire


Joseph Vallot réalisa 34 fois l’ascension du mont Blanc, jusqu’à l’observatoire entre 1880 et 1920. En 1920, il passa encore dix jours dans l’observatoire et il écrit alors « La montée a été épuisante et la descente un calvaire. Toute a une fin en ce monde, le courage ne peut remplacer les forces perdues. (…) L’ère de mes ascensions scientifiques est close, définitivement. Je dis adieu au Mont-Blanc auquel j’ai consacré mon existence. L’observatoire est toujours là, et les expéditions continueront avec des plus jeunes, c’est ma consolation. »

Le récit des Observations de Joseph Vallot en météorologie et en physique sont consignées dans les Annales de l’observatoire météorologique du mont Blanc, en deux volumes, et conservées à la BNF.



A la mort de Vallot en 1925, l’Observatoire fut momentanément légué à un ingénieur hindou, Assan DINA. La famille VALLOT obtint l’annulation de l’acte de donation en 1931, date à laquelle l’observatoire fut confié à celui de Paris. En 1973, la gestion en fut transférée au laboratoire CNRS de glaciologie de Grenoble, situation toujours en vigueur aujourd’hui. En 1975, le CNRS confie l’observatoire Vallot au laboratoire de géophysique et de glaciologie de l’environnement. Depuis 1999, le LGGE réalise des expériences sur les gaz et les aérosols en particulier. L’observatoire fait partie du projet CARBOSOL chargé d’étudier la pollution particulaire en composés carbonés en Europe, mais sert aussi pour les campagnes de recherches de l’ARPE (Association pour la Recherche en physiologie de l’Environnement), et de lieu d’expériences médicales (études sur le « Mal Aigu des Montagnes » et la vie en hypoxie) ou d’observations astronomiques.


Situé quelques mètres plus haut, le refuge offert par Vallot aux alpinistes a résisté aux outrages du temps jusqu’en 1938 où il a été remplacé par une cabane en duraluminium, sous l’égide du Club Alpin Français. Le refuge a été entièrement rénové durant l’été 2006, pour un coût total de 400 000 euros.

Sources :


  • Conférence donnée au Majestic le 16 Août 1993 dans. le cadre des « Lundis scientifiques » du Festival des Sciences de la Terre et de ses Hommes de Chamonix par Jean-Marie MALHERBE

  • Wikipédia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Refuge_Vallot)


mercredi 14 septembre 2011

Enfin des photos de Vallot 2011 !

Depuis le temps que l'expérience Vallot 2011 a commencé (il s'agit d'une étude sur le Mal Aigu des Montagnes), des photos ont enfin été publiées sur leur blog. Etant donné la jolie vue qu'ils ont de là-haut, je me serais bien porté volontaire moi, même s'il faut dormir un peu difficilement.

Dès qu'ils auront publié des résultats sur l'étude, je tâcherai de vous le communiquer.

Lien vers leur blog :
L’équipe s’active !: Cliquer pour visualiser le diaporama.

lundi 12 septembre 2011

Calanques à l'arrache

Après ma propre découverte des Calanques en mai dernier, les Poffies en ont fait autant en août. Autant dire qu'ils ont également trouvé l'endroit agréable. Appréciez les photos, toujours aussi bien prises...

Calanques à l'arrache:

Travail oblige nous n'avions pas prévu de bouger cette été, mais après plusieurs semaines estivales sans avoir vu le soleil ou presque nous nous sommes décidés à passer quelques jours au soleil. Ne serait-ce que pour avoir notre dose de vitamine D et espérer tenir jusqu'à la fin de l'hiver.*



La moulinette à choisir la destination des vacances a compilé nos critères de choix "pas trop loin", "soleil garanti", "grimpe", "baignade" et proposé une seule solution compatible : les calanques !



Fin août nous voilà donc débarqués pour 4 jours en plein coeur de la 3e ville de France, mais aussi à quelques dizaines de minutes d'un véritable paradis pour tout grimpeur qui se respecte (même mention pour les randonneurs, plongeurs ou tout autre touriste même moins actif). Seulement voilà, ce paradis à ses règles ... et se mérite ! En raison des risques d'incendie les routes d'accès aux calanques (tout au moins celles dotées d'une route d'accès ;-) sont fermées l'été. Point barre. Mais pas un problème pour nous car nous n'avions pas de voiture sur place, nous étions donc préparés à marcher "un peu". Nous avons même pu profiter de la voiture d'une résidente de Sormiou (autorisée à circuler donc, c'est la seule exception) pour descendre le premier jour ... mention spéciale d'ailleurs à la sympathie de tous les marseillais que nous avons croisé !



Autre spécificité calanquienne, l'accès aux massifs est réglementé en fonction des conditions météorologiques, toujours pour limiter les risques d'incendie. Une page spéciale de la préfecture indique chaque jour à 18h au plus tard les conditions d'accès aux calanques pour le lendemain. Orange = aucun problème, Rouge = accès possible de 6h à 11h, Noir = accès interdit. La consultation quotidienne du service pendant une semaine avant notre départ nous avait bien rassuré, mais notre guigne habituelle est passée par là ... résultat 3 jours (sur 4 !) en période rouge. Ce qui signifie, pour ceux qui n'auraient pas suivi, réveil à 5h30 pour espérer grimper un minimum ... et récup sur la plage au Prado l'aprem !



On retourne quand au paradis ???



Secteurs visités

vendredi : Sormiou / colline de Lun, Parfumerie

samedi : tourisme à Cassis

dimanche : Rocher des goudes

lundi : Morgiou / Crêt Saint-Michel
















* : c'est très mal barré vu la météo nordiste !

vendredi 9 septembre 2011

La montagne : lieu d'études scientifiques

La montagne et l'alpinisme ont très tôt été liés aux sciences et aux études des différents chercheurs. La première ascension du Mont-Blanc a d'ailleurs été commanditée par Horace Bénédicte de Saussure, naturaliste et géologue de son état, dans le but d'étudier les conditions en haute altitude et vérifier certaines théories à l'aide d'instruments de son cru.

De part ses configurations remarquables, les montagnes ont toujours été le siège d'études pour lesquelles ont parfois été construits spécifiquement des refuges. Alors qu'une étude sur le Mal Aigu des Montagnes (MAM) est en cours au sein du refuge Vallot, d'autres l'étaient déjà il y a 50 ans au Pic du Midi dans les Pyrénées :

<h2> L'observatoire du Pic du Midi, 1950</h2> <p> <p> Il y a 60 ans, les savants s'apprêtent à affronter un nouvel hiver à 2850 mètres d'altitude pour étudier la couronne solaire... Un épisode de la série <em>Vieilles bobines</em>.</p> <p> <br />Production : Universcience 2010</p> </p>

lundi 5 septembre 2011

Inventer le 7ème degré

Au cours de mes lectures passées sur les origines de l'escalade, j'ai souvent croisé l'expression "inventer le 7ème degré", toujours accompagnée d'un sentiment de victoire et d'avancée extraordinaire. J'avais jusqu'alors trouvé qu'elle avait plus vocation à flatter l'ego de ceux qui en étaient à l'origine que réellement représenter le besoin de la communauté des grimpeurs. De mon point de vue, il suffisait en effet simplement d'ajouter une nouvelle cotation à l'échelle existante pour mieux représenter les progrès importants du niveau d'escalade, au cours des années 50/60. Rien de sorcier à cela, si ce n'est bousculer un peu les "anciens", accrochés à leur ancienne échelle... Pourtant, de nombreux ouvrages traitent de la difficulté qu'il y a eu à faire approuver ce 7ème degré dans le petit monde de la montagne et, par extension, à faire admettre la nécessité d'utiliser une échelle ouverte de cotations des difficultés en escalade (aujourd'hui encore, les limites sont sans cesse repoussées avec des cotations atteignant officiellement les 9b (!!) et rien ne dit qu'un 9c ne naîtra pas d'ici quelques années). Ce n'est que lors d'une lecture très récente, dont le sujet n'était a priori pas en rapport, que tout s'est éclairé...

Pourquoi une 7ème cotation ? Qu'y a-t-il eu à "inventer" ? Quels ont été les impacts sur le monde de la montagne et de l'escalade ?

Avant de répondre à ces quelques questions, il me semble bon de rappeler que l'alpinisme est une pratique particulièrement ancienne tandis que l'escalade, qui en découle, est encore toute jeune. Dès le XVIIIème siècle (avec un développement important au XIXème), les premiers alpinistes gravissaient officiellement les sommets avec des objectifs ni économique, ni scientifique mais purement sportifs, au sens large du terme. Il est alors devenu nécessaire de donner une échelle de cotations représentant les difficultés des différentes voies, ne serait-ce que pour informer les "clients" de ce qu'ils trouveront durant leur course. Ainsi est née la première échelle de cotation (en 1925 grâce à l'allemand Willo Welzenbach), composée de 6 niveaux différents et pas un de plus, chacun représenté par un chiffre romain (I, II, III, IV, V et VI) et représentant un engagement nécessaire croissant.

L'engagement est un mélange de difficultés physiques et techniques que l'on doit surmonter pour franchir la voie, de plus en plus verticale, avec de moins en moins de prises au fur et à mesure que l'on monte dans les cotations. Ne pas être capable de surmonter ces difficultés, c'est chuter. Et à cette époque, la chute est quasi-systématiquement synonyme de décès ou de séquelles graves : les cordes en chanvre ne supportaient pas les chocs importants, les pitons n'étaient pas exploités au maximum faute de connecteurs avec la corde (les futurs mousquetons et dégaines), les systèmes d'assurage étaient inexistants (tout se faisait "à l'épaule"). Ainsi, à travers cette échelle de cotations, c'était le risque de blessures que l'on pouvait lire. Or, le VIème niveau était la limite maximale que le corps humain était susceptible d'atteindre, tant physiquement que techniquement. Il était ainsi communément admis qu'il était incapable de s'adapter aux difficultés au-delà de cette limite, frontière après laquelle c'était la chute et donc la mort assurée. Il est facile de comprendre pourquoi la création d'un 7ème degré  a pu poser problème et être contestée dans le cercle des montagnards : personne n'était censé être capable de franchir des difficultés supérieures à ce niveau et donc d'en revenir vivant.

C'était sans compter l'évolution du matériel, de la nouvelle gestuelle et des techniques qui en découlent, des entraînements poussés que se sont confectionnés les nouveaux pratiquants. Car le XXème siècle a vu de très importantes évolutions sur tous les aspects des courses en montagne.

Le matériel d'abord. Jusqu'au début du siècle dernier, le matériel limitait considérablement les possibilités offertes aux grimpeurs : l'adhérence en "grosse" ou en espadrille n'était pas des plus efficaces, l'utilisation des "gratons" impossible sans une pointe de chaussure adaptée, "grimper en tête" signifiait uniquement passer en premier et non pas bénéficier de la protection des dégaines et des pitons, les "relais" se faisaient avec une corde en chanvre passée autour d'un piton rocheux - très loin de la sécurité d'un relais moderne sur deux points reliés par une sangle -. Naturellement, l'absence de protections efficaces empêchait toute prise de risques de la part des alpinistes. Avoir une main ferme qui ne lâche jamais prise n'était pas seulement une garantie de sortir de la voie, c'était une garantie de redescendre vivant. Comment dans ces conditions prendre des risques, comment oser passer un certain cap de difficulté malgré un psychologique à toute épreuve ? Bien sûr, certains "grands" de l'alpinisme se sont retrouvés dans des situations semblables (Bonatti et son grappin par exemple) mais c'est majoritairement l'évolution du matériel qui a permis l'invention de toutes les techniques modernes ayant conduit à la naissance de l'escalade sportive proprement dite, telle que nous la connaissons aujourd'hui.

Ainsi, les mousquetons sont créés au début du siècle dernier et se démocratisent dans les années 1930. Ils ne cesseront d'évoluer en forme et en poids jusqu'à aujourd'hui (et continuent de le faire). Pierre Allain inventent les premiers chaussons à gomme adhérente (les fameux "PA") en 1935. Les premières cordes en nylon commencent à remplacer les cordes en chanvre à partir des années 60. De ces importantes et vitales évolutions du matériel découlent nécessairement l'évolution des techniques d'escalade, de la gestuelle et donc de l'entraînement des grimpeurs.

Car tout était encore à inventer dans ces domaines et l'amélioration de la sécurité des grimpeurs leur a naturellement permis de prendre plus de risques, d'aller au-delà de leurs possibilités et d'ouvrir de nouvelles perspectives. On peut par exemple voir Patrick Edlinger voler volontairement dans cet extrait de Opéra Vertical (à 4'57''), chose inimaginable avant l'utilisation des cordes dynamiques. Ne plus avoir peur de tomber, accepter la chute comme partie intégrante du processus d'entraînement ont été autant d'éléments contribuant à l'amélioration de la technique et du physique des grimpeurs.

Autre innovation importante : les voies sportives toutes équipées. Les pitons et autres nouveaux spits ou plaquettes peuvent désormais être placés depuis le haut de la voie par un ouvreur, descendant en rappel. Les grimpeurs ont ainsi la possibilité de s'exercer autant de fois qu'ils le veulent, en tout sécurité et sans préparation particulière - pas ou peu de marche d'approche, pas de portage de matériel particulier - , sur des passages de plus en plus compliqués. Leur repérage préalable et répétition sont devenus possibles et permettent l'amélioration de la technique pure des grimpeurs. Et cela, sur des falaises, dites sportives, à deux pas de chez eux partout en France et non plus uniquement dans les grands massifs montagneux. Fontainebleau et ses blocs réputés, entre autres, deviennent ainsi un lieu d'entraînement, où de grands noms iront faire leurs premières armes avant de s'élever en altitude.

Le travail de la technique pure, sur des passages courts et intenses, a naturellement permis l'apparition de nouveaux mouvements, enrichissant la bibliothèque de gestes d'escalade, qui ont permis de franchir autant de difficultés qui étaient auparavant des barrières infranchissables.

Par la suite, la démocratisation de la pratique de l'alpinisme et de l'escalade a permis aux grimpeurs de tendre progressivement vers une activité à plein temps, qu'elles soient professionnelles ou non, de se confectionner des entraînements spécifiques et de ne plus considérer la montagne comme un passe-temps de week-end réservé à une élite ou aux plus mordus.

Tous ces éléments ont contribué à progressivement rendre l'ancienne échelle de cotations insuffisantes pour représenter les progrès effectués. L'échelle se complète ainsi d'abord d'une "sous-cotation" sous forme de lettre, permettant d'affiner et d'augmenter le niveau max. Les cotations 6a, 6b, 6c, 6d, 6e et 6f voient ainsi le jour (6g a-t-elle existé ?) les unes après les autres mais personne n'accepte encore la nécessité de la création d'un septième degré.

Ce n'est que dans les années 1970 que les progrès effectués deviennent indéniables et que de grands noms du milieux militent pour la création d'un nouveau degré, plus représentatif des difficultés. Ainsi, Reinhold Messner publie en 1975 un ouvrage, Le Septième Degré, dans lequel il milite pour l'abandon progressif de l'escalade artificielle et pour le passage des difficultés en "libre". Tout s'accélère en 1977 avec la création du septième degré par Jean-Claude Droyer, autre figure (française) de ce mouvement, et c'est finalement à la fin des années 1970, que l'UIAA l'officialise et l'ajoute aux systèmes de cotations.

Depuis lors, les grimpeurs n'auront de cesse de repousser les limites acceptables (premiers 8a en 1983 et 9a en 1991) et faire rentrer dans les esprits que l'échelle de cotation en escalade se doit d'être ouverte et prête à accueillir tous les exploits. Tout comme le septième degré en son temps, les nouvelles cotations se doivent d'être inventées par l'apparition de nouveaux entraînements, de nouveaux gestes et peut-être d'une abnégation sans faille...

vendredi 2 septembre 2011

Exposition sur le Tibet à Douai

Du 3 au 13 septembre 2011, la Foire Expo de Douai vous invite à tourner vos regards vers l'Asie et en particulier vers le Tibet, le Népal et leurs cultures respectives.

Plus d'informations :