dimanche 15 avril 2012

L'Enfant des Neiges

Ce matin en me levant, je comptais prendre le temps d'écrire un joli billet sur le livre de Nicolas Vanier que je viens de terminer, L'Enfant des Neiges (aux éditions J'ai Lu pour ma part), dans lequel il nous raconte son voyage de huit mois à travers le Grand Ouest canadien et les Montagnes Rocheuses en compagnie de sa femme Diane et de sa fille Montaine... âgée d'un an et demi au moment du départ.


Et puis j'ai relu le billet que j'avais écrit sur son récit Mémoires Glacées. Et là, je me pose la question de ce que je pourrais ajouter de plus, tant les valeurs qui m'avaient marquées dans ma première lecture se retrouvent tellement, peut-être sous un aspect différent, dans ce nouveau récit.

L'Amour des grands espaces. La Passion du traîneau et de ses chiens. Le Respect de la nature. La Conscience du vrai bonheur.

Tout y est de nouveau.

Avec peut-être un aspect supplémentaire : l'Amour de sa famille, la protection de sa petite fille et la volonté de lui faire découvrir sa vision de la Vie. Car, contrairement aux autres voyages qu'il a pu effectuer, il n'est pas seul avec ses chiens. Sa famille étant avec lui, les choix qui doivent être faits sont abordés sous un angle différent. Et c'est probablement là que ce livre se démarque : prouver au monde que l'on peut vivre sa Passion avec ceux que l'on aime sans leur faire prendre de risques. Prouver à tous que la nature n'est pas si hostile et, qu'au contraire, si elle a été notre berceau, elle devrait être notre lit. Montrer que nous nous en sommes tous tant éloignés que nous ne la comprenons plus ; et qu'ignorants, nous avons souvent tendance à vouloir maîtriser voire à détruire.

Il nous montre tout au long de sa progression que la vie au sein même de la Nature est ce qui le rend le plus heureux ; lui procure un vrai Bonheur. Et Nicolas Vanier l'écrit si bien qu'il le partage. Plus il progresse vers le Nord, plus on le sent progresser dans sa réflexion ; et plus j'ai avancé dans la mienne. Tant et si bien qu'il conclut presque son livre d'une façon qui exprime parfaitement l'idée que je m'étais forgée :

" Un jour, j'ai effectué un sondage dans un bar parisien. Il fallait mettre une croix dans l'une de ces trois cases : êtes-vous heureux, malheureux, ni l'un ni l'autre ? Le résultat était affligeant : 5% d'heureux, 70% de malheureux, 25% un peu des deux !
Chez mes amis éleveurs de rennes qui vivent dans les grands espaces vierges de Sibérie, nul besoin de sondage : ils respirent le bonheur.
Il y a une moralité dans cette histoire. Nous nous sommes trompés dans le progrès ; ce n'est pas sur la vitesse des voitures, la performance des machines, l'augmentation de la durée de vie que doit se pencher l'humanité mais sur quelque chose de bien plus simple, le bonheur, sinon l'homme n'a plus qu'à regretter de ne pas être un animal, car l'élan et le loup ne sont pas malheureux. "

Cela m'a immédiatement fait penser au Bhoutan, probablement seul pays au monde qui a mis en place un système de mesure du Bonheur National Brut. Peut-être, eux, ont-ils compris...

Ce livre est également une formidable preuve d'Amour ; d'une femme pour son mari et d'un enfant pour son père, qui ont accepté d'endurer des conditions éprouvantes pour vivre son rêve avec lui. Je comprends cette chance là car j'en bénéficie également...

C'est enfin l'Histoire d'une petite fille qui découvre la Vie auprès de ses parents, apprend le nom des oiseaux, joue avec son chien favori, trébuche pour mieux se relever, pleure pour mieux sourire. Celle d'une petite fille qui se forge son caractère et sa personnalité au coeur d'endroits merveilleux.

C'est l'histoire d'une vie, l'Histoire de la Vie. Tout simplement.

2 commentaires: