lundi 20 août 2012

L'alpinisme est risquée, et alors ?

Une discussion intéressante suite à l'avalanche qui a coûté la vie à 9 personnes sur l'une des courses les plus fréquentées pour atteindre le sommet du Mont-Blanc.

On peut y lire en filigrane ce qui fait l'attrait de l'alpinisme : la liberté, l'autonomie, la responsabilité de ses propres actions et de celles de sa cordée. Car l'alpinisme, comme doit probablement l'être la navigation au grand large ou le vol en parapente, c'est en partie se retrouver seul et affronter l'inconnu ou l'imprévisible sans que la Société ne vous tienne la main pour avancer. C'est s'assumer seul.

Et, dans ce monde qui s'aseptise de plus en plus, cela fait peur à beaucoup de personnes de prendre des décisions, de se retrouver face à des risques non maîtrisés et, pire, n'avoir personne contre qui se retourner ou auprès de qui aller chercher un jugement et peut-être un dédommagement financier.

Plus nous "avançons" (mais s'agit-il vraiment d'une avancée ?), plus nous oublions que la Nature est dangereuse pour toutes les espèces qui la peuplent, l'Homme y compris.

Non, le risque 0 n'existe pas et n'existera jamais. Tant que la science n'aura pas fait un bond géant que nous ne verrons probablement pas, l'Homme est et sera mortel. Je ne dis pas que faire de l'alpinisme, c'est aller chercher les ennuis. Je dis simplement que l'accident peut vous faucher n'importe quand : au détour d'une rue, sous un cocotier ou même dans votre lit. La Société, même la plus avancée, ne peut pas vous sauver de tout et ne le pourra jamais.

Pourquoi donc priver les gens de faire ce qu'ils aiment ? Il faudrait également empêcher les sauts en parachutes, les vols en parapente, les acrobaties aériennes, les descentes en kayak, le cyclisme, voire le travail tout simplement.

Je ne dis pas non plus de laisser tout le monde faire ce qu'il veut, comme il le veut. Les formations et la prévention, en particulier dans l'alpinisme, sont importantes. Éduquer nos enfants à prendre conscience des risques, à agir en connaissance de cause et leur donner les moyens de réagir à ce qu'ils rencontrent, cela fait partie du rôle de tout un chacun : les rendre adultes et maîtres de leur choix.

Il faut simplement prendre conscience que la Liberté, la vraie, s'accompagne d'avantages et d'inconvénients. Supprimer les inconvénients, c'est supprimer la liberté.

1 commentaire:

  1. "La liberté des uns s'arrête la ou celle des autres commence."

    À partir de là, la haute Montagne demeure, avec le monde maritime, un des derniers bastions de nature authentique qu'il nous reste, avec tout ce qu'elle peut apporter de rudesse, de sauvagerie, d'injustice, d'émerveillement et de satisfaction.

    L'humanité doit préserver cet écrin précaire qui rappelle à tous que la Nature n'a pas été conçue exclusivement pour elle et que nous devons respecter, partager et protéger ces reliquats majestueux.

    Vouloir humaniser, standardiser et sécuriser totalement ces zones est aussi illusoire et insensé que remplir une cuve percée.

    Cela ne doit pas empêcher de pratiquer des activités sportives et de loisir de manière respectueuse et responsable que ce soit pour soit ou pour les autres.

    C'est d'ailleurs un des charmes principaux de la montagne : la responsabilisation de chacun et la confiance accordée à autrui. C'est sûrement d'ailleurs parmi ces moments inconfortables que notre humanité s'exprime le mieux.

    La haute montage doit d'apprendre et s'apprivoiser et ne peut être un caprice ponctuel et éphémère.

    RépondreSupprimer