vendredi 15 février 2013

Communiquer au sein de la cordée (4) : par gestes

Voici le quatrième article d'une série présentant les différents moyens de communication au sein d'une cordée. Le précédent présentait la Cordée Silencieuse.

Communiquer par gestes

C'est d'une évidence vieille comme le monde, lorsque vous avez une ligne de vue dégagée entre vous-même et votre compagnon, la communication est plus que facilitée. En tant qu'assureur, vous êtes ainsi en mesure d'anticiper les chutes (pour les dynamiser ou au moins vous préparez au choc), de guider un débutant en difficulté, d'ajuster votre assurage au mieux entre confort et sécurité.

Quand vous vous voyez directement, il est alors plus facile d'accompagner votre discours (si possible) par des gestes voire de le faire uniquement à l'aide de signes. Cela devient bien sûr un peu plus compliqué pour expliquer des situations plus complexes, mais les situations normales sont normalement facilement compréhensibles. De plus, la façon dont vous gesticulez est également un langage en soi. Il est donc assez facile de comprendre que vous avez un problème.

Tous les moyens sont bons pour parler par gestes ; laissez exploser votre côté italien. Vous pouvez par exemple vous baser sur les signes faisant partie du vocabulaire de la plongée, différenciant notamment clairement le "OK !" du "Je monte !", que l'on pourrait avoir tendance à faire de la même façon.

Attention cependant à ne pas utiliser inutilement les gestes d'appel au secours, communs à tous les montagnards :



Une ligne de vue dégagée, ça ne s'invente pas ; ça se crée.

Vous devez adopter une configuration de relais qui est fonction de votre environnement et vous permet de voir ce qu'il se passe autour de vous, quitte à utiliser le cabestan sur votre brin de corde pour vous créer une longe suffisamment importante pour vous placer où vous le souhaitez sur votre relais. Dans le cas de voies dures, les relais seront généralement très petits, donc la question ne posera pas. Cependant, il arrive qu'ils soient de véritables plateformes empêchant toute communication directe. A vous de vous adapter :

Être au milieu de la plateforme (voire au bord) plutôt que collé à la paroi...

Cela demande parfois un peu d'acrobatie mais vous offre un avantage indéniable. Un relais dégagé est de plus un relais confortable qui vous permet, ainsi qu'à toute la cordée, de se reposer plus facilement entre deux longueurs et de profiter du paysage.

Dans le prochain article, nous parlerons de techniques un peu exceptionnelles...

mercredi 13 février 2013

Mountains of Mist

Mountains of Mist:
Voici « Mountains of Mist », le nom d’une excellente série de clichés du photographe polonais Jakub Polomski. Inspiré des paysages décrits par J.R.R. Tolkien pour sa trilogie de livres Le Seigneur des Anneaux, de magnifiques images sont à découvrir sur son portfolio et dans la suite de l’article.





































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samedi 9 février 2013

Communiquer au sein de la cordée (3) : Cordée Silencieuse

Voici le troisième article d'une série présentant les différents moyens de communication au sein d'une cordée. Le précédent traitait du talkie-walkie.

Cordée silencieuse

Le top du top est de travailler en cordée silencieuse. Pas une parole. Rien.


Comment faire ? Deux écoles :
  1. Les deux compagnons se connaissent suffisamment pour savoir que l'absence de tirage de corde veut dire que le relais se met en place. C'est risqué car si vous n'avez pas de ligne de visualisation sur votre grimpeur, vous pouvez libérez la corde alors qu'il est simplement en train de bloquer dans le crux... Personnellement, je ne pratique pas mais je sais que certains le font sans souci.
  2. De grands mouvements de tirage de corde permettent de transcrire une partie des ordres de base. Par exemple :
    1. Un grand coup : Relais ! Vaché !
    2. Deux grands coups en réponse : OK !
    3. Un grand coup : Départ !
    4. Deux grands coups en réponse : OK !
Cette seconde solution peut vous sortir de quelques situations délicates, notamment si la voix ne passe pas à cause du vent et que vous ne pouvez pas communiquer autrement. Il est important que les mouvements de tirage soient amples de façon à ce que qu'ils ne soient pas confondus avec l'avancée du grimpeur.

Elle présente cependant quelques inconvénients :
  • La corde peut se prendre dans une fissure. Là encore, cela m'est déjà arrivé, heureusement que nous avons pu communiquer directement, moyennant quelques gymnastiques,
  • La longueur de corde peut ne pas retranscrire le mouvement de part son élasticité. C'est déjà plus rare si vous faites vraiment de grands mouvements. En revanche, j'ai déjà vécu une situation que je n'aurais pas imaginé. Nous avions convenu avec mon compagnon de cordée de travailler volontairement la cordée silencieuse, par un jour de grand vent. Mais ce dernier était tellement fort que la corde volait littéralement et ne transmettait pas les consignes. J'ai vu, de mes yeux vu, mon premier de cordée tirer deux grands coups sans que je ne ressente absolument rien !
La cordée silencieuse est probablement symboliquement très fort, car elle nécessite une symbiose entre les grimpeurs qui ne s'acquiert pas du jour au lendemain. Elle permet de plus de ne pas se concentrer sur des éléments autres que la corde, évitant ainsi toute perturbation extérieure et conservant l'attention sur ce qui permet d'avancer vite. Les grimpeurs qui utilisent cette technique sont souvent très rapides dans leurs manipulations, non seulement du fait de la technique elle-même mais également de la synchronisation dont ils font preuve avec l'expérience.

Autre avantage, elle permet de conserver le silence dans des endroits superbes, de ne pas faire fuir la faune et surtout de laisser l'acoustique libre pour les échanges un peu plus "urgents" pour les autres cordées.

Dans le prochain article, nous parlerons de la communication par gestes.

samedi 2 février 2013

Communiquer au sein de la cordée (2) : Talkie-Walkie

Voici le deuxième article d'une série sur les moyens de communication au sein d'une cordée. Le premier traitait du vocabulaire utilisé dans un dialogue.

Le talkie-walkie (ou le talkie-climbie ?)

Lorsque les conditions extérieures ne se prêtent pas à communiquer oralement en direct (vent, ressaut rocheux, ...), l'utilisation d'un talkie-walkie peut se révéler très pratique.

J'y ai personnellement eu recours plus d'une fois et il convient globalement, en falaise, à toutes les situations. Vous pouvez utiliser le même vocabulaire qu'en communiquant directement (cf. l'article précédent).




Il convient cependant de relativiser son utilisation :
  • Le talkie-walkie, ça fonctionne avec des piles... C'est idiot mais ce point doit faire partie de votre check-list, pour ne pas se retrouver sans jus.
  • Le talkie-walkie, c'est lourd. Quelque chose comme 200 / 300 grammes à rajouter dans le sac, voire au baudrier si vous souhaitez pouvoir répondre facilement et rapidement (vous avez pensé aux piles de secours ?)
  • Le talkie-walkie, ça ne marche pas à tous les coups. Le relief peut également bloquer les ondes radio, tout comme le son. Parfois moins, parfois plus. Je me suis déjà retrouvé à hurler pour me faire comprendre car le talkie ne passait pas l'arête. C'est frustant, surtout quand vous avez le talkie à la main et qu'une autre cordée arrivant sur le relais vous regarde de travers...
  • Le talkie-walkie, tout le monde l'utilise. Et le nombre de fréquences n'est pas illimité. Avant de choisir une fréquence (que vous aurez bien sûr pris soin de communiquer et tester avec votre compagnon de cordée), vérifiez que personne d'autre n'est sur la même. Ce serait dommage d'arrêter d'assurer parce que la cordée de la paroi d'à-côté l'a demandé... Notez que vous pouvez en profiter pour nouer des liens (à défaut de cordes) avec d'autres grimpeurs. C'est aussi ça les réseaux sociaux :-)
  • Le talkie-walkie, ça vous demande une main pour être utilisé ! Il est donc compliqué de le sortir au moment du crux pour expliquer que vous vous êtes emmêlé les pinceaux dans la corde... De même pour le relais lorsque vous assurez votre second. Certains passent par des kits main libre (type laryngophone par exemple).
De manière générale, le talkie doit rester un élément de confort qui facilitera votre relais et vous devez toujours avoir un recours pour continuer à communiquer.

Le talkie demande un peu d'entraînement pour être utilisé avec efficacité. D'abord, vous devez vous coordonner avec votre compagnon pour ne pas parler en même temps, sinon cela devient vite incompréhensible.

Quelques petits trucs et astuces :

  • Mettez une petite cordelette (2mm de diamètre par exemple) sur votre talkie, afin de pouvoir l'accrocher facilement à l'aide d'un mousqueton. Au relais, il vous sera ainsi facile de le placer sur votre sac ou directement sur le relais afin de l'avoir à portée de main,
  • Choisissez un talkie qui permet de faire sonner son homologue à distance. C'est particulièrement efficace lorsque votre voix ne suffit pas ou que le talkie de votre collègue est au fond de son sac ; fonctionnalité qui devient cependant vite énervante s'il vous a planqué son talkie dans votre chambre et le fait sonner en pleine nuit,
  • Choisissez un talkie qui fasse également babyphone, cela permet de diminuer les dépenses,
  • Laissez un petit délai entre le moment où vous appuyez sur l'interrupteur et celui où vous commencez à parler. Les talkies ont généralement tendance à couper la première partie. Cela veut dire que votre "OK !" pourrait tout simplement ne pas être entendu.
En parlant de ne pas être entendu, je vous parlerais de la Cordée Silencieuse dans le prochain article.