samedi 2 février 2013

Communiquer au sein de la cordée (2) : Talkie-Walkie

Voici le deuxième article d'une série sur les moyens de communication au sein d'une cordée. Le premier traitait du vocabulaire utilisé dans un dialogue.

Le talkie-walkie (ou le talkie-climbie ?)

Lorsque les conditions extérieures ne se prêtent pas à communiquer oralement en direct (vent, ressaut rocheux, ...), l'utilisation d'un talkie-walkie peut se révéler très pratique.

J'y ai personnellement eu recours plus d'une fois et il convient globalement, en falaise, à toutes les situations. Vous pouvez utiliser le même vocabulaire qu'en communiquant directement (cf. l'article précédent).




Il convient cependant de relativiser son utilisation :
  • Le talkie-walkie, ça fonctionne avec des piles... C'est idiot mais ce point doit faire partie de votre check-list, pour ne pas se retrouver sans jus.
  • Le talkie-walkie, c'est lourd. Quelque chose comme 200 / 300 grammes à rajouter dans le sac, voire au baudrier si vous souhaitez pouvoir répondre facilement et rapidement (vous avez pensé aux piles de secours ?)
  • Le talkie-walkie, ça ne marche pas à tous les coups. Le relief peut également bloquer les ondes radio, tout comme le son. Parfois moins, parfois plus. Je me suis déjà retrouvé à hurler pour me faire comprendre car le talkie ne passait pas l'arête. C'est frustant, surtout quand vous avez le talkie à la main et qu'une autre cordée arrivant sur le relais vous regarde de travers...
  • Le talkie-walkie, tout le monde l'utilise. Et le nombre de fréquences n'est pas illimité. Avant de choisir une fréquence (que vous aurez bien sûr pris soin de communiquer et tester avec votre compagnon de cordée), vérifiez que personne d'autre n'est sur la même. Ce serait dommage d'arrêter d'assurer parce que la cordée de la paroi d'à-côté l'a demandé... Notez que vous pouvez en profiter pour nouer des liens (à défaut de cordes) avec d'autres grimpeurs. C'est aussi ça les réseaux sociaux :-)
  • Le talkie-walkie, ça vous demande une main pour être utilisé ! Il est donc compliqué de le sortir au moment du crux pour expliquer que vous vous êtes emmêlé les pinceaux dans la corde... De même pour le relais lorsque vous assurez votre second. Certains passent par des kits main libre (type laryngophone par exemple).
De manière générale, le talkie doit rester un élément de confort qui facilitera votre relais et vous devez toujours avoir un recours pour continuer à communiquer.

Le talkie demande un peu d'entraînement pour être utilisé avec efficacité. D'abord, vous devez vous coordonner avec votre compagnon pour ne pas parler en même temps, sinon cela devient vite incompréhensible.

Quelques petits trucs et astuces :

  • Mettez une petite cordelette (2mm de diamètre par exemple) sur votre talkie, afin de pouvoir l'accrocher facilement à l'aide d'un mousqueton. Au relais, il vous sera ainsi facile de le placer sur votre sac ou directement sur le relais afin de l'avoir à portée de main,
  • Choisissez un talkie qui permet de faire sonner son homologue à distance. C'est particulièrement efficace lorsque votre voix ne suffit pas ou que le talkie de votre collègue est au fond de son sac ; fonctionnalité qui devient cependant vite énervante s'il vous a planqué son talkie dans votre chambre et le fait sonner en pleine nuit,
  • Choisissez un talkie qui fasse également babyphone, cela permet de diminuer les dépenses,
  • Laissez un petit délai entre le moment où vous appuyez sur l'interrupteur et celui où vous commencez à parler. Les talkies ont généralement tendance à couper la première partie. Cela veut dire que votre "OK !" pourrait tout simplement ne pas être entendu.
En parlant de ne pas être entendu, je vous parlerais de la Cordée Silencieuse dans le prochain article.

1 commentaire:

  1. Merci pour cet article très complet. En effet les laryngophone sont d'une extreme importance car lorsque l'on est deja en difficulté il est utopique de penser prendre le temps d'appuyer sur le bouton du talkie

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